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  • : Choisissons notre consommation. Ne la subissons pas. Les associations de consommateurs ne font que défendre la société de consommation. « Consommer, consommer, toujours plus… » Au mépris de la qualité et de l’éducation qui mènent pourtant à la liberté de choisir et d’agir. Elles sont complices et nous envoie dans le mur. C’est un fait ! La société de consommation détruit le lien social, dévore l'environnement. Face au consumérisme, regroupons-nous !
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Choississons notre consommation

 

Ne la subissons pas

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 11:27

 

Résumé

Le nouvelle affichage environnemental des produits propose des signaux informatifs mais ne pénalise pas le prix des produits les plus impactant. Les critères sociaux sont oubliés. Tout comme ce fut fait pour l’étiquette énergie, les distributeurs vont augmenter les prix des produits proposant les meilleurs compromis environnementaux. Les consommateurs vont, encore une fois être les dindons de cette farce consumériste.

 

Le mercredi 8 mars, le ministère de l’écologie, par la voix de la ministre, a annoncé que la liste des 168 entreprises retenues afin de tester le nouvel affichage environnementale a été arrêtée. Celles-ci proposeront donc une nouvelle information, multicritère destinée, d’une part à informer les consommateurs de l’impact environnemental de leurs achats mais également, à inciter les industriels et les distributeurs à orienter leur production et leurs ventes vers des produits plus « vert ». 1000 produits vont être expérimentés à partir de juillet 2011.

 

Si l’attention semble a priori louable, l’expérience montre pourtant de manière flagrante qu’au final, les consommateurs seront les grands perdants. Nous reprenons avec dépit donc notre rôle de grognons afin de vous alerter sur ce qui vous attend. Pouvoir d’achat qu’il disait…

Le nouvel affichage : les objectifs en dehors de la réalité

A en croire le ministère de l’écologie, il s’agit ici de produire ''un affichage clair, fiable et transparent des conséquences écologiques qu'ont la fabrication et le conditionnement » des produits'.

Cette expérimentation qui débute est le résultat de travaux intégrant de nombreux partenaires publics et privé. Nous attirons votre attention ici puisque, si nous étions présents au lancement de ces travaux, nous avons pu constater l’absence totale des associations de consommateurs et la présence quasiment exclusive des industriels. Vous imaginez donc très clairement les orientations qui ont été prises… « Le moins possible » a été le maitre mot… Et le consumérisme a encore triomphé.

 

Premier coup de canif dans le contrat durable, les aspects sociaux sont passés par pertes et profit ! Ainsi, que le produit soit conçu dans le plus profond respect des droits humains ou qu’il soit élaboré avec de toutes petites mains, vous n’en saurez rien.

 

Autre grand biais qui promet un avenir très mitigé à ce grand barnum, il ne s’agit surement pas d’informer sur le coût réel induit par les impacts environnementaux. En effet, cette expérimentation vise à mettre « en place une démarche multicritère qui nous renseigne pleinement sur l'empreinte écologique de nos achats » selon les propres mots de la ministre. Multicritère signifie tout simplement que nous aurons maintenant, sur les produits expérimentés, outre le prix, une information sur les impacts sur les ressources (eau, air, énergie, biodiversité, matières premières). Nous allons donc avoir un gros paquet d’informations mais celles-ci ne nous permettront pas de savoir combien valent ces impacts dans le prix d’achat. Ni même, bien entendu, quels seront les coûts induits (nous y reviendrons un peu plus loin). Les consommateurs sont donc invités à choisir eux-mêmes les produits les meilleurs. Produits qui seront, bien entendu, globalement les plus chers, comme nous allons le voir maintenant.

La réalité ignorée

La ministre elle-même se targue du succès de l’étiquette énergie et du DPE (diagnostic de Performance énergétique) pour vanter le processus expérimental d’information mis en place et destiné à se généralisé très rapidement. Pourtant, comme nous avons eu l’occasion de vous le dire sur ce site, le succès dépend de la façon d’observer la situation. Et dans ce contexte, les consommateurs sont très largement les grands perdants…

La DPE est très largement dénoncé pour sons caractère passif. En effet, il ne tient pas compte de l’usage des bâtiments et peut, en fonction des diagnostiqueurs proposer des résultats très variables (saluons à ce sujet l’enquête réalisée par l’UFC Que choisir il y a quelques jours mais qui, bien vite a disparu de l’actualité…).

L’étiquette énergie quant à elle, si elle est reconnue par les consommateurs pour sa lisibilité et son caractère informatif, pose bien des problèmes. Nous vous avons en effet démontré (voir notre article à ce sujet) que son usage a été détourné à fin de profits économiques, notamment par les distributeurs. Nous avons expliqué comment les distributeurs profitent de l’attirance suscitée par l’étiquette énergie (et par le discours des vendeurs, bien entendu, mais peut-on les blâmer, eux qui ont un salaire médiocre qu’il améliore à grand coup d’intéressement). Ils accompagnent l’étiquette énergie d’un système de tarification parfaitement inique. Nous avons en effet démontré que les produits les plus proposés et vendus aux consommateurs sont en réalité ceux proposant le coût global d’utilisation le plus important.                Le mécanisme est très simple : une étiquette énergie flatteuse permet aux distributeurs de proposer un prix de vente élevé et, au final, en intégrant le coût d’usage (eau et électricité notamment), ces appareils s’avèrent plus couteux que ceux un peu moins performant ! Pire encore, les produits présentant la meilleure étiquette énergie sont proposés aux consommateurs, un peu comme une carotte pour les attirer et les culpabiliser de ne pas acheter un produit écologique… Les consommateurs se disent alors bien souvent « c’est bien mais quand même, c’est cher » et ils sont ensuite invités vers des produits avec une étiquette énergie juste inférieure ! Bingo pour les distributeurs puisque ces produits qu’ils présentent comme le meilleur compromis aux consommateurs, coûtent chers à l’achat et sont justement ceux qui coutent, au final le plus cher !


« Dans la farine, consommateur, tu seras roulés ! »

 

Nous pouvons d’ailleurs supputer que le ministère est parfaitement informé de cette situation puisque la ministre elle-même précise qu’« il n’y aura pas de greenwashing »… Comment peut-elle déjà en parler si elle ne s’y attend pas… Le ministre de préciser également que la démarche est volontaire ! Nous voulons bien le croire ! Si 230 entreprises se sont portées volontaires (160 ont été retenues), ce n’est surement pas uniquement pour le plaisir d’introduire une nouvelle procédure dans leur chaine de production !

Conclusions

Nous allons voir aujourd’hui fleurir un panel d’informations qui n’aura absolument aucun intérêt par le simple fait qu’avec un SMIG, on choisit par défaut les produits les moins chers. Tout simpliste qu’est cette explication, il demeure que c’est la réalité quotidienne de millions de français.

Et que dire également de la multiplication des informations : nouvel affichage, labels, auto satisfecit, emballage flatteur… Où sont réellement la cohérence et le respect des consommateurs…

 

Pire, la fracture sociale va s’aggraver avec ce type d’affichage. En effet, tout comme pour l’étiquette énergie, les distributeurs vont pratiquer des augmentations sur les prix des produits présentant les meilleurs compromis relativement à ce nouvel affichage. Nous aurons donc, des produits chers et quasiment réservés à ceux qui peuvent se les payer et d’autres produits, « ennemis de l’environnement », achetés par les moins aisés.

 

De fait, nous glissons vers une société ou la pauvreté se verra de plus en plus associée, si ce n’est stigmatisé, à la destruction de l’environnement. A cela, rien d’étonnant puisque ce courant de pensée est très largement majoritaire, non seulement en France, mais dans le monde. En effet, il demeure une croyance absurde qui prône que la protection des ressources s’améliore irrémédiablement avec la croissance économique et technologique. Cette croyance s’appuie sur des études purement économiques, notamment celle de Kuznets (1955) qui sous-tend le maximum de non interventionnisme. De fait, nous en arrivons à des pseudo-mesurettes du type de cet affichage environnemental qui n’apporte aucune lisibilité sur les impacts. Pire, cet affichage va amplifier la culpabilisation et, au final induira de la résignation ce qui sera contre-productif dans le combat que nous portons en faveur de la qualité pour tous

 

Les consommateurs choisissent leurs produits majoritairement en fonction des prix et d’habitude de consommation. Comment imaginer un instant que demain, la consommation sera orientée en fonction de tel ou tel impact vers des produits qui de plus auront été augmentés sur une base purement marketing !

 

Face à cette situation, nous demandons à ce que chacun prenne ses responsabilités :

  • - nous demandons la mise en place immédiate d’un inventaire des prix des produits expérimentés par ce nouvel affichage, un suivi de leur évolution, et la mise à disposition des consommateurs, en permanence, de ce suivi. Nous demandons pour ce faire que la DGCCRF dispose des moyens hod-hoc pour mener à bien cette mission dans le cadre d'une commission de suivi associant des partenaires associatif, environnementalistes et représentants des industriels et de la distributions.  
  • - nous nous interrogeons sur la non-prise en compte des impacts sociaux dans ce nouvel affichage. Pourquoi, encore une fois, faire les choses à moitié ? Il existe pourtant une panoplie d’indicateurs disponibles et très informatifs
  • - nous demandons l’intégration dans la constitution des prix des produits, d’une pondération en fonction des impacts sociaux et environnementaux. Pourquoi s’arrêter au milieu du guet et se noyer dans une information inaboutie et sans intérêt ? Allons plus loin et profitons de cette information pour orienter les prix en fonction de leurs impacts

 

Enfin, nous demandons aux consommateurs de ne pas être dupes et d’être extrêmement attentifs face à ce coup issu d’un compromis marketing. N’oublions pas que les travaux menant à cet affichage ont été, très largement orienté et amendé par les industriels.

 

Enfin, nous déplorons (mais est-ce vraiment une nouveauté !!) que les associations de consommateurs agréées ne dénoncent pas ce nouveau coup porter au pouvoir d’achat ! Elles sont pourtant reconnues par les pouvoirs publics pour nous défendre… C'est à croire que notre défense se fait en fonction de leurs intérêt particulier. Elles qui en ont fait leur cheval de bataille ont pourtant ici l’occasion d’associer leur combat historique avec une défense de la prise en compte des impacts environnementaux.

 

Si, comme nous, vous pensez que ce nouvel affichage ne va pas assez loin, qu’il faut un véritable marqueur des impacts, simple, avec une pondération des prix. Si vous pensez également, comme l’expérience de l’étiquette énergie l’a montré, que les distributeurs vont sauter sur l’occasion pour augmenter les prix des produits présentant relativement le moins d’impact. Si vous aussi, vous pensez que chacun doit être en mesure de disposer de produits de qualité. Alors, nous avons besoin de votre soutien. Rejoignez-nous, relayez cette information, parlez-en.

 

Regroupons-nous pour porter notre vision d’un monde où la consommation redevient un moyen et non plus une fin.

 

Nous vous attendons ! Ecrivez-nous à consommateurs.responsables@gmail.com

 

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Published by conso-responsable - dans Consommation
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