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  • : Choisissons notre consommation. Ne la subissons pas. Les associations de consommateurs ne font que défendre la société de consommation. « Consommer, consommer, toujours plus… » Au mépris de la qualité et de l’éducation qui mènent pourtant à la liberté de choisir et d’agir. Elles sont complices et nous envoie dans le mur. C’est un fait ! La société de consommation détruit le lien social, dévore l'environnement. Face au consumérisme, regroupons-nous !
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Ne la subissons pas

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 10:33

Le 6 octobre 2010, lors d’un entretien filmé au quotidien Presse-Océan, Eric Cantona, ancien footballeur, promoteur reconnu du beach-soccer et, pas mauvais acteur a lancé un pavé dans la marre. Il a en effet lancé l’idée que si chacun retire son argent de la banque, le système bancaire et le système en général allait s’écrouler.

Pour les banques : « Le bonheur est dans le prêt »

En réalité, c’est un peu plus compliqué que ça n’y parait. L’idée que propose Canto repose sur un constat que nous ne réfutons pas. Il met en avant le rôle prépondérant des banques dans l’organisation du « système » puisque celle-ci sont parmi les plus gros préteurs du monde et, de ce fait, elle génère de la monnaie au travers de leur taux d’intérêt. Pour faire simple, lorsqu’une banque prête 100 à un taux d’intérêt de 5% pendant un an, elle aura, au bout d’un an récupéré 105 soit, au bilan, la création de 5. En d’autre terme, la création de monnaie dans les mains des banques leur donne le pouvoir de faire pression sur les états, comme sur les particuliers en jouant à la hausse ou à la baisse sur les taux d’intérêt. Nul besoin de rappeler la crise des subprimes qui provient notamment de millions de prêts à faible taux d’intérêt contracté auprès de public ne pouvant pas rembourser, etc…

 

Globalement, il existe deux types de banques. Les banques d’investissement sont des banques très actives sur les marchés financiers et dont le métier est principalement de créer de l’argent. Ce sont des spéculatrices. D’un autre côté, il y a des banques principalement orientée vers le placement. Ces dernières gèrent à très faible risque les bas de laine et ne font, apparemment pas peser sur le monde de risque majeur. Il existe aussi des banques un peu particulières qui sont les banques d’état mais celle-ci, dans le monde actuel, n’ont pas franchement la côte et sont généralement à ranger avec les banques d’investissement.

 

Le problème aujourd’hui c’est que les banques qui prennent des risques découpent ses risques en petit bout et les refilent à toutes les autres qui se les refilent et les refilent à tous les investisseurs, banques, états, entreprises, particuliers,… Du coup, chacun se retrouve, en fonction de son incohérence d’investissement pieds et poings liés dans un ensemble de complicité de la prise de risque. Pire encore, tous n’en sont pas conscient. Si l’investissement est une science, Rabelais pourrait rappeler que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

L’appel de Canto : mettre chacun devant ses responsabilité

Et pas que de l’âme. Revenons à Canto. Son but (sans jeu de mot !) est de mettre devant leur responsabilité, non seulement les banques et leur caractère prédateur, mais également les états qui cautionnent ce système à grand coup de FMI par exemple. Il souhaite également mettre devant leur responsabilité les petits investisseurs qui doivent se rendre compte que ce système de création de richesse par la spéculation n’est pas fait pour eux. C’est un métier. Et, qui plus est, un métier assez peu responsable. C’est un peu comme si une poule confiait ses poussins à un renard…

AppelCanto

Le mouvement de retrait de l’argent des banques proposait par Canto interroge et suscite les réactions. Chacun y va de son analyse. La réalité est pourtant assez simple. Les banques ont une puissance incroyable et constituent des lobbies énormes qui les autorisent à influencer jusqu’au plus haut niveau du pouvoir. Dans l’hypothèse ou tout le monde s’applique à retirer son argent des banques, nous aurions en réalité une réaction immédiate des états qui s’empresseraient de renflouer les banques à grand coup d’argent public. Le système recommencerait comme avant, mis à part la mise sur la paille de millions de particuliers au travers de la pression fiscale qui s’ensuivrait. Nous nous désolons de cette réaction prévisible car l’appel de Canto jouerait contre son objectif pour la simple et bonne raison que les tenants (et les profiteurs) de ce système tiennent non seulement le fonctionnement mais également l’organisation du système. En gros, états et banquiers sont juges et partis.


L’appel de Canto a en réalité un immense intérêt. Outre qu’il peut faire peur aux banques et aux états, il permet de pointer du doigt le cancer qui nous gangrène : la monétarisation virtuelle du monde et la prédation sans frontière des banques.

 

Notre avis : un appel à une nécessaire prise de conscience

Pour notre part, nous voyons dans cet appel, un cri fondamental appelant à réorganiser notre système mondialisé et à le rendre responsable. Il s’agit pour chacun de s’apercevoir que l’économie et la finance ne sont pas des valeurs. Ce ne sont que des outils. Et ces outils doivent être mis au service du progrès de nos sociétés. La privatisation des objectifs (et des intérêts) du système économiques et financiers au profit des organisateurs de ce systèmes que sont les banques et les états libéraux (soit, la plupart des états du monde) ne peut pas continuer. D’ailleurs, les crises grecque, irlandaise, argentine il y a quelques années et, bientôt, espagnole, portugaise, italienne, française, allemande (pour ne parler que de l’Europe) sont bien la preuve que vivre dans un système alimenté avec une richesse virtuelle (du crédit à rembourser mais irremboursable) n’est tout simplement pas possible.

Le consumérisme affirme son amour de la banque

Pour finir, nous souhaitons pousser, nous aussi un autre cri. Nous nous élevons en effet contre le dédain affiché à l’encontre de l’appel de Canto. Les ministres de l’économie, du budget, les économistes, les banquiers,… chacun y va de sa dénonciation d’un appel suicidaire. Nous aurons lu ici ou là Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas déclarer «totalement insécuritaire et contraire à ce qui peut assurer le fonctionnement de l’économie», Le ministre français du budget jugé « tragique » cet appel ou encore la ministre de l’économie (ou plus certainement de la finance et de la spéculation) stigmatiser « un immense footballeur » en dénonçant du haut de toute sa prétention et de ses certitudes, les compétences de canto en économie au travers de son appel. Seuls les spécialistes ont le droit de s’exprimer ? On voit le résultat aujourd’hui…

 

Pire encore, nous avons pu lire de la part de la CLCV une déclaration de la présidente souhaitant que Canto dise qu’il n’a fait qu’une boutade. Outre que nous aimerions connaitre l’avis des adhérents de cette association consumériste, cela traduit en réalité un conservatisme effréné et une collusion majeure entre cette association et le système bancaire qui, pourtant exerce une pression toujours plus forte auprès des consommateurs que cette association est censé défendre.

Nous demandons

  • - que la CLCV expose ses propos clairement et nous prouve qu’il s’agit là d’une position réellement partagé par ses adhérent et n on pas d’une prise de position individuel de sa présidence. Il semble en effet assez douteux que cette position soit unanimement partagé dans une association pourtant connu pour son enquête sur les banques mais qui, ici, semble se ranger au côté d’un système qui exerce une pression croissante sur les consommateurs (multiplication des facturations et des frais par exemple)
  • - que la CLCV expose clairement son engagement auprès des consommateurs puisque sa position en faveur de la sauvegarde des banques ne s’accompagne d’aucune proposition en faveur d’un système de gouvernance économique et financière responsable (il est toujours facile de crier et de dénoncer mais il est intéressant et opportun dans tel cas de faire des propositions, de les étayer et de faire montre d’innovation, au service des consommateurs 
  • - à chaque adhérent de la CLCV d’interroger le siège de l’association quand à ses motivations réelles : quelle défense des consommateurs ? le pouvoir d’achat est-il le seul argument ? quid de la qualité des produits et des positions et actions en cours ? qui de la sécurité sanitaire et des positions et actions en cours ?...
  •  - à chaque français de retirer leur argent des banques le 7 décembre, quitte à le remettre le 8. Ce signal sera une alerte à l’endroit des banquiers et du système économique et financier en général, depuis l’état et les institutions jusqu’aux banquiers et spéculateurs
  • - une fois n’est pas coutume, nous reprenons à notre compte l’appel à un Grenelle de la fiscalité en demandant son élargissement à une réflexion globale sur l’économie et la finance

     

    Nous souhaitons vivement que chacun se pose la question de l’orientation du monde et des tensions en cours, du fait notamment de la finance internationale. Comment imaginez qu’au travers de son acceptation de l’organisation du système bancaire, une association de consommateurs en arrive, finalement, à approuver que les citoyens grecques se retrouvent à rembourser l’incurie général de leur état et de leur système économique et financier, au détriment de leur fameux pouvoir d’achat ? Est-ce à dire que le consumérisme est strictement protectionniste ? Nous le croyons, ce qui, d'ailleurs explique un peu plus encore pourquoi les associations de consommateurs n'ont jamais fait de proposition relative à la problématique de la coopération internationale et de la solidarité Nord-Sud par exemple. Il nous dirons que cela ne touche pas les consommateurs ! Qu'ils aillent en parler aux enfants qui fabriquent les balons et les vétements de leurs enfants.

     

    Pour finir, nous citons un extrait d’un article paru sur le progrès qui se conclu ainsi

    « Tout effet de contagion peut être désastreux, car les fonds effectivement disponibles dans les agences n’ont pas de commune mesure avec les avoirs des clients. Le Fonds de garantie des dépôts assure les dépôts des épargnants jusqu’à 100.000 euros par déposant et par établissement en cas de défaillance d’une banque. Mais il ne disposait que de 1,6 milliard d’euros début 2010 alors que 270 milliards sont déposés sur les seuls comptes courants. »

     

    Tout est dit ici !

     

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Published by conso-responsable - dans Actualités et Réactions
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