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  • : Choisissons notre consommation. Ne la subissons pas. Les associations de consommateurs ne font que défendre la société de consommation. « Consommer, consommer, toujours plus… » Au mépris de la qualité et de l’éducation qui mènent pourtant à la liberté de choisir et d’agir. Elles sont complices et nous envoie dans le mur. C’est un fait ! La société de consommation détruit le lien social, dévore l'environnement. Face au consumérisme, regroupons-nous !
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Ne la subissons pas

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L’alimentation marche sur la terre – folie, luxe, commerce et consumérisme

L’exemple du raisin de table

L’alimentation n’est pas qu’un secteur de l’économie organisé par le marché mondialisé de la fourniture de production agricole brute et élaborée. Loin de là ! Il s’agit plutôt d’un bien fondamental indispensable à chacun dont la qualité et la diversité, tout autant que la tradition géographique sont des marqueurs de l’évolution d’une société. Si la diversité dépend des facteurs climatiques et régionaux et est soumises également aux potentielle de commercialisation (donc de transport) des denrées, la qualité en revanche ne souffre que de la qualité environnemental et de la volonté de l’exploitant. Notons immédiatement que l’exploitant est ici la façade visible d’un système plus complexe englobant non seulement les techniciens de la terre que sont les agriculteurs, mais également, les techniques d’exploitations, la chimie, les politiques agricoles,…


De fait, l’alimentation ne peut qu’être appréhendée sous forme globale, au sein d’un système dont la culture de la terre, l’élevage ou même l’élaboration aval ne sont que des éléments. Dans ce cadre, il est bien évident que, dans une optique de fourniture d’une alimentation digne en quantité et qualité à chacun, ce dernier facteur dépend du bon vouloir politique mais également de l’implication personnels des exploitants. Attachons-nous ici à la qualité intrinsèque du produit et voyons donc, au travers notamment de l’exemple du raisin de table, ce qu’est un marché alimentaire soumis à des obligations planétaires et à des opportunité, y compris qualitative. Dans ce contexte, nous ferrons un focus sur le bio car, qu’il s’agisse de nourriture, de cosmétique ou d’habillement, il est bien souvent présenté comme la panacée du comportement à suivre. Respectueux de l’environnement, bon pour la santé, sympathique pour les générations futures, comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ! En outre, les produits bio sont souvent plus chers que les autres ce qui doit bien signifier qu’ils sont meilleurs ! Pourtant, derrière ce monde merveilleux du bio, plébiscité par une catégorie de la population qui a tout de même les moyens de payer (les produits alimentaires bio sont au moins 30% plus chers que les autres, comme le confirme toutes les études en la matière – j’en sais quelque choses, j’ai dirigée moi-même une étude sur le sujet !), il y a tout de même des oublis énormes et, finalement, une gigantesque mascarade en matière de société et de consommation.

Profitons-en pour faire un rappel sur les produits bio vendu en France

De janvier à décembre, les magasins proposes des fruits et légumes variés, allant de la pomme au kiwi en passant par la poire la fraise, la tomate ou la courgette. Pourtant, l’année compte 12 mois, avec certains plutôt froid et d’autres plutôt chaud. Quel scoop !

Pourtant, tout cela est parfaitement anachronique et si on pouvait proposer cette situation qui nous est quotidiennement banale à nos arrières grands-parents (ce n’est pas si vieux que cela), il trouverait cela formidable ! Des fraises à noël ! Ensuite, on leur expliquerait qu’elles viennent du bout du monde et qu’en outre, on n’a pas vraiment idée de leur mode de production (serre, engrais, pesticides,…) ni des conditions de progrès social relativement à la main d’œuvre agricole dévouée à leur production. Là, la fibre sociale provoquerait une grimace qu’on amplifierait avec une prise de conscience environnementale. On en profiterait alors pour faire gouter une belle tomate au mois de février et on écouterait la constatation évidente « ça n’a pas de goût ! ». Au final, nous serions bien contraints de constater ensemble que ce pari du toute-l-année a piteusement échoué en matière qualitative (qu’il s’agisse du produit ou de ses conditions environnemental et social de production). Un siècle pour en arriver là !

 

Laissons passez un moment de nostalgie et enfonçons alors le clou en expliquant que les produits bio ont été aujourd’hui introduit dans le circuit pour protéger l’environnement et protéger donc notre santé ! Mais là encore…

Présents toute l’année sur les étalages, les produits bio souffre du même mal que les autres et pour satisfaire l’appétit luxueux de la fraise hivernale, il faut bien importer ses produits et les faire venir des endroit où elle pousse, c’est à dire, du bout du monde !

 

En d’autre terme, les produits bio ont la vertu de promouvoir une qualité intrinsèque mais font parfaitement fi de la qualité exogène le menant jusque dans nos cabas. Ainsi, les fruits et légumes, les produits d’épicerie sèche, les jus de fruits,… pour tous ces produits, le taux d’importation dépasse les 60% ! Globalement, les importations de produits bio se répartisse en 3 tiers :

  • - un tiers de produits exotiques que nous ne produisons naturellement pas en métropole
  • - un tiers de produits que nous ne produisons pas « aisément » (soja, aquaculture, produtis d’épicerie, fruits et légumes méditerranées,…)
  • - un tiers de produits que nous produisons naturellement mais en trop faible quantité (fruits, légumes, céréales, lais, viandes, …)

 

Pour terminer ce tour d’horizon de notre consommation bio nationale, n’oublions pas que tous ses produits importés ne le sont pas par l’addition d’un peu de pétrole et de magie ! Ils sont emballés et protégés dans de plus grands emballages, eux-mêmes garantis par, etc… Qui n’a jamais vue les barquettes de 2 pommes bio ou de 4 poires bio ?

 

Cette description s’arrête là mais, notre aïeul aurait surement dit ici quelque chose comme « de mon temps, on avait un cabas et on mettait les produits dedans ».

Quelle bonne idée !...

Le marché du raisin, grand architecte de nos territoires

La Fédération nationale des producteurs de raisin de table nous dresse un état des lieux très intéressant de la situation, depuis la production à la consommation du raisin de table en France :

  • - les français consomment 240.000 tonne de raisins de table chaque année
  • - la France a produit 48 690 tonnes de raisin de table en 2008, soit 20% de sa consommation (chiffre en tendance baissière) – notons ici que nous avons trouvé également le chiffre de 37% de la consommation nationale assurée par la production française
  • - la région Provence-Alpes-Côte-D’Azur, avec 65% du volume nationale, fournit la majeure partie des récoltes, notamment dans Vaucluse
  • - importation : l’Italie, premier producteur de l’Union européenne (1 368 kilotonnes en 2007) est le premier fournisseur de la France avec 76,3% des volumes importés annuel, loi devant l’Espagne (5%)
  • - en dehors de la saison de production (de novembre à juillet), le raisin de table consommé en France provient d’Afrique du Sud pour 5,8% et du Chili pour 5,5% des volumes
  • - les Français consomment plutôt du raisin blanc : en 2008, les variétés blanches (Italia en majorité, Chasselas,…) représentent près de 70% des achats des ménages contre 26% pour le raison noir Muscat
  • - à titre d’information, la filière du vin de table représente, en France, environ 6000 emplois (hors emplois saisonniers)

Autre chiffre très intéressant puisque nous savons maintenant que le Vaucluse est le premier producteur de raisins de table en France, il faut savoir qu’il produit 45%, devant le Tarn et Garonne, qui se situe à 29%. Ces deux départements leaders produisent 74% du raisin de table français.

Du Raisin toute l'année ?

L’Italie est le leader incontesté au sein de l’Union Européenne avec quasiment 70% de la production communautaire et tire profit d’une position dominante sur le marché mondial en assurant 30% des exportations mondiales (soit 60 du volume exportés par l’ensemble des partenaires européens producteurs de raisins de table).

Si ces chiffres honorent le dynamisme transalpin en matière de commerce du raisin de table, le principal problème que nous rencontrons repose ici sur les quantités de raisins de table que nous consommons alors que la saison du pull-over a déjà commencé ! Et ces volumes ne sont pas négligeables comme le montre le tableau ci-dessous explicitant les importations françaises de raisins de table.

 

  IMAGE A VENIR (PROBLEME DE TELECHARGEMENT)


10% de la consommation de raisin de table français provient donc de l’hémisphère sud et n’a d’autre intérêt que de répondre à un caprice dont on doit bien pouvoir se passer !

 

Quelques mois après le désastre de Copenhague, on peut se demander si l’importation de ce raisin à réellement ses raisons, et notamment le raisin bio. La production de raisin bio est en effet en progression au Chili, deuxième exportateur extra-communautaire en la matière.

Si le raisin nous parvient principalement par fret maritime (dont les émissions de carbone sont bien plus faibles que celles issues de la consommation aérienne), il convient tout de même d’ajouter au bilan carbone du raisin chilien le transport par camion (des deux côtés de l’atlantique), ainsi que les émissions relatives à l’exploitation par exemple. Sans parler de la fraicheur des produits puisque la traversée dure plusieurs jours, la produit est fragile et doit se conserver, on imagine donc les trésors de réfrigération déployés pour les conserver…, nous sommes en droit de poser une question relativement à ces importations de raisins de table.

 

En outre, la saisonnalité n’est aucunement respectée, elle qui a subit, au XXème siècle moult coup sau point qu’aujourd’hui, les plus jeunes d’entres nous ignorent complètement ce critères, pourtant essentiel à une consommation raisonnable du fait d’un choix a priori de priorité (a-t-on réellement besoin de raisin en hiver ? n’y a-t-il vraiment aucun moyen de survivre à sons absence de nos plateaux de fruits ?).

Consommation : souhait, déclaration, possibilité... la foire à tout continue !

Contrairement à une idée reçue, les consommateurs sont en demande de produits locaux, y compris en ce qui concerne les produit biologique. L’étude résumée ci-après (étude réalisée auprès de 700 consommateurs) le prouve largement.

 

saisonnalite

Sirieix et al., L’enjeux de la provenance régionale pour l’agriculture biologique, 2009, Colloque Dinabio, Montpellier 2009

 

31% des consommateurs mette au pilori la crédibilité d’un produit bio venu du bout du monde, ce qui laisse donc un marché de 69% de consommateurs relativement satisfait. De même, 47% des consommateurs (moyenne tous types de magasins confondus) souhaitent s’inscrire dans une démarche bio et de proximité, soit 53% des consommateurs à l’inverse, ce qui est confirmé par la dernière question de cette étude ou un peu plus de 50% des consommateurs déclarent préférer un produit conventionnel local qu’un bio du bout du monde.

 

Globalement, 1 consommateur sur deux déclare préférer les productions locales.

 

Ce type d’étude pose le problème de l’aspect déclaratif car, devant le fait accompli, combien de consommateurs préfère réellement se passer d’un produit plutôt que de participer au marché du bio carboné et hors-saison !

 

En réalité, les consommateurs n’ont bien souvent pas réellement le choix et à cela, nous pouvons avancer plusieurs raison :

  • - les grandes surfaces ont un pouvoir de négociation énorme et peuvent donc ainsi intéresser les producteurs bios locaux en assurant l’écoulement d’une grande partie de la production en contrepartie d’un prix d’achat négocié au forceps et pas toujours avalé avec plaisir par les producteurs
  • - les petites surfaces, soumises à des frais autrement différents (ne serait-ce que par les coûts de gestion des stocks) ont plus difficilement accès aux productions locales (ce que confirme l’étude Sirieix et al), et, paradoxalement, ne joue pas le rôle de proximité et de relais que l’on pourrait attendre d’eux ! (seul 46% des magasins de moins de 50m² recourt aux productions locales contre 78% des grandes surfaces)
  • - la particularité agricole française (forte production intérieure issu de l’objectif d’indépendance alimentaire) et les impératifs de la PAC imposent à la France d’avoir une position difficilement tenable entre le libre-échangisme et la protection de la production nationale
  • - les timides mesures et décrets visant à informer le consommateur sont principalement l’aveux de l’impuissance des pouvoir public à engager une politique forte et dynamique visant à fournir à chacun une alimentation de qualité, respectant la saisonnalité et assurant le maintient d’une agriculture de proximité, garante d’un aménagement du territoire mutualisé

Dans la spirale infernale de la législation, des décrets, de la normalisation, des contrôles et de la judiciarisassion galopante de la société (bientôt, chacun craindra un procès pour avoir vendue une pomme trop mure ou une grappe de raisins ou manque une baie !), le bio, à la suite des mouvements d’émancipation de années 1970 s’est installé comme la référence de l’alimentation de qualité ! Aujourd’hui, bien des bobos s’en emparent et se singularisent ainsi. Le marketing ne s’y trompe pas avec, depuis quelques années, l’émergence du scandaleux greenwashing qui nous fait croire qu’une voiture qui émets 100g de CO2 par km est bonne pour l’environnement !

 

Pourtant, à y regarder de plus prêt, ce n’est certainement pas de bio dont nous avons besoin ! Les consommateurs sont bien plus pragmatiques que cela. Le maître mot n’est autre que qualité. Qui préfère manger une semelle à une bonne côte de bœuf ? Qui préfère une tomate insipide bourrée d’eau à une juteuse orgie de saveur ? Qui préfère le liquide blanc insipide et sur-traitée à un bon verre de lait entier ?


Un peu démago tout ça ? Bien sur ! Mais nous sommes les prisonniers d’une situation qui nous pousse à cette conclusion!

 

Le consumérisme et ses défenseurs institutionnels, associatifs et industriels ont détruit en moins de 50 ans la connaissance de la saisonnalité des produits et la culture du goût ! Vous n’y croyez pas ? Pourtant, quelles associations de consommateurs réclament aujourd’hui l’éducation au goût, à la cuisine et à la nutrition ? Aucune bien-sûr ! Quelle grande ou moyenne surface propose des partenariats de développement qualitatif avec les agriculteurs de proximité ? Aucune bien-sûr ! Quelle information est disponible pour les consommateurs relativement à la proximité et à la saisonnalité des produits ? Aucune bien-sûr ! Nous pourrions continuer longtemps cette nécrologie. Malheureusement…

 

Le productivisme agricole a dépassé les espoirs les plus fous placés en lui à l’époque de la mécanisation galopante, de la croissance des industries chimiques de l’engrais et des pesticides et bientôt, des OGM et de la génétique. Ils sont devenus fous !

Pour épongé les surplus (le lait est d’ailleurs un très bon exemple où, dans les années 1950, chaque enfant devait boire son lait le matin, à grand coup de campagne institutionnelle dédiée à l’écoulement des stocks et à la création d’un marché qui, plus tard, tirera celui des célérales, bourrées de sucre), les consommateurs ont vu grossir l’offre de consommation et avec elle l’émergence des grandes surface, prédatrice de lien social, de diversité et de qualité. Aujourd’hui, les épiciers de proximité ne peuvent plus tenir la concurrence et sont réduits au rôle de bêtes de foire alors que le royaume de la bagnole et de la grande surface a dressé de nouveau temple, un nouvel opium du peuple. Passons également sur l’explosion de la communication publicitaire et de la télévision, alliés indéfectible du consumérisme qui les nourrit.

 

Pourtant, produire de la qualité et pouvoir vivre de sa production doit être le let-motif de tout producteur agricole ! Qui peut en douter ? Le bio en cela n’est qu’une pale tentative de retour à la valeur ancestrales de l’agriculture qui n’est autre que de nourrir les humains. Soyons sérieux, un employé de bureau sédentaire brûle environ 2900kcal par jour quand un agriculteur en est à 4150 kcal par jour et une femme au foyer à 3260 kcal par jour (calcul fait avec la méthode préconisée par l’OMS). Face à cela, rappelons qu’un steak accompagné de pates apporte environ 750kcal…


L’alimentation doit redevenir ce qu’elle aurait toujours du être : une source de plaisir et de santé. Rien de plus. Et pour cela, revoyons notre consommation personnelle en consommant de meilleur produit et en quantité raisonnable, c'est-à-dire, adaptée à nos besoin.


C’est dans ce sens que la consommation responsable demande :

- la mise en place de filières courtes à des tarifs concurrentiels permettant de redynamiser les villes au travers d’un réseau de distribution de proximité et fournissant à tous une alimentation de qualité

- l’éducation au goût et à la cuisine tout au long du parcours scolaire avec une réelle valorisation en termes d’évaluation permettant de légitimer cette activité dans le cursus

- interdire les messages publicitaires pour tous les produits alimentaires afin de ne pas noyer les consommateurs dans des messages falascieux et porteur de décadence alimentaire

- taxer fortement les ventes de produits hors saisons et affecter le produit récolté à la valorisation des productions locales

 

Nous demandons également la mise en place d’une étude nationale de grande ampleur permettant de connaitre, enfin, le coût sociétal des politiques agricoles et alimentaires suivis depuis 50 ans : impact sanitaires, environnements, social, économique.

 

Parce que l’alimentation peut être un plaisir partagé, nous devons collectivement investir et ré-investir ce pan de notre culture, ce qui passe par une politique générale permettant à chacun, par exemple de pouvoir consacrer au moins 30mn pour la confection de ses repas. Cela passe par une politique des déplacements dynamiques, une politique de l’emploi et du temps de travail adaptées, une éducation à la citoyenneté et à la culture de haut niveau et une démocratisation de l’accès à l’alimentation de qualité.

 

Parce qu’on ne peut pas transiger avec une alimentation de qualité, cassons du sucre sur le dos de ceux qui font leur beurre au détriment de la qualité alimentaire.

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