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  • : Choisissons notre consommation. Ne la subissons pas. Les associations de consommateurs ne font que défendre la société de consommation. « Consommer, consommer, toujours plus… » Au mépris de la qualité et de l’éducation qui mènent pourtant à la liberté de choisir et d’agir. Elles sont complices et nous envoie dans le mur. C’est un fait ! La société de consommation détruit le lien social, dévore l'environnement. Face au consumérisme, regroupons-nous !
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Ne la subissons pas

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 13:50

 

L’Observatoire Indépendant de la Publicité a publié ce jeudi 21 février 2013 un excellent article sur un produit malheureusement vendu en libre service : DESTOP TURBO.

 

Comme l’ensemble de ces produits, il se propose d’éradiquer toute obstruction dans les canalisations, rendant ainsi, d’après eux, un énorme service aux consommateurs. Ce qu’ils ne disent pourtant pas clairement (euphémisme !!) c’est que l’utilisation de ces produits a un coût énorme sur la qualité de l’eau, la biodiversité et la santé. Et bien entendu sur notre budget.

 

9 millions d'euros ont été dépensés en 2012 pour promouvoir ce produit.

9 millions d'euros pour laver les cerveaux. Et combien, à votre avis pour assainir les eaux après son utilisation ? Pour info, il contient de l'hypochlorite de sodium (il n'existe aucune norme sur les valeurs seuil  de l'hypochlorite de sodium). Ce produit contient environ 100g/l d'hypochlorite de sodium. Il faudra donc, pour en arriver à 0,5mg/l (comme pour le chlore), environ 100 m3 d'eau pour diluer une bouteille de 0,5 litre de ce produit. 100 m3, c’est l’équivalent de la consommation moyenne en eau d’une famille pendant 8 mois…

 

A titre de comparaison, ce produit coute environ 3,50€, soit, quasiment l’équivalent du prix moyen de l’eau du robinet (environ 3,40€ par m3 dont environ 1,35€ pour l’assainissement). Ajouter à ce merdier le coût des stations d’épuration, le nombre de bouteille vendues par an, la gestion des bouteilles vides (encore bien dangereuses),etc…

A la question « A-t-on besoin de ce produit ? » la réponse est très simple : NON

 

Imaginons que cette publicité soit totalement neutre économiquement pour le fabricant. Cela signifierait que celui-ci n’a pas gagné d’argent avec cette publicité et qu’il a donc réalisé un chiffre d’affaire de 9 millions d’euros sur les ventes de ce produit. Bien entendu, cette hypothèse est très en dehors de la réalité économique puisque cette publicité fait la promotion de ce produit mais également d’autre de la marque et, bien entendu, ce budget ne contient pas les coûts de réalisation, les frais d'entreprises (sociaux, logistique, équipement,...) ni même les bénéfices réels,…

Prenons donc cette hypothèse très très en deçà de la réalité.

Neutre, cela signifierait que le fabricant à gagné 9 millions d’euros en vendant son produit. Ces 9 millions d’euros comprennent la TVA donc, nous ne la rajoutons pas.

9 millions d’euros correspondent, en prenant un prix de 3,50€ la bouteille de 0,5l, à 2,57 millions de bouteilles vendues, soit, pour diluer ce produit, environ 2,57 * 100 = 257 millions de m3 d’eau. Ou encore 257 milliards de litres d’eau. C’est ce qu’on appelle l’empreinte eau grise.

Ca donne le tournis !!

Cela correspond à 85700 piscines olympiques (de 3000m3)…

Ou encore à 2,4m d’eau sur toute la ville de Paris (Paris fait 105,4km2).

Destop Turbo noie la ville de Paris sous l’eau nécessaire pour diluer ce produit…

 

Heureusement, le nettoyage de l’eau après l’usage de ce produit ne ce fait pas par dilution. Non ! Cela se fait au moyen de procédés technologiques complexes et couteux.

Destop ne noie donc pas Paris mais ponctionne terriblement le porte monnaie de chacun. Ce coût est payé par la collectivité (les fameux 1,35€ du prix du m3 pour l’assainissement) mais pas par le fabricant…

 

Finalement, ce produit nous coute terriblement en ressource en eau, en argent, en santé (je vous invite à ne jamais sentir les émanations de ce produit – d’ailleurs, la notice de sécurité l’indique parfaitement : ce produit contient du Metasilicate pentahydrate de sodium qui est classé R37, irritant pour les voies respiratoires) ou encore en biodiversité (ce produit contient plusieurs composés classés R50, très toxiques pour les organismes aquatiques).

 

Si vous l’utilisez, réfléchissez-y à deux fois et, pendant ce temps, reposer la bouteille et mettez-vous à d’autres méthodes :

  • - de temps en temps : 1 verre de bicarbonate de soude, (ou un demi verre de bicarbonate de soude et un demi verre de sel fin) avec du vinaigre blanc puis, au bout de 30mn, faire circuler de l’eau bouillante.
  • - une fois par semaine, faite circuler de l’eau très chaude dans les canalisations

 

L’usage des canalisations est une contrainte pour l’écrasante majorité d’entre nous. Leur entretien l’est également. Nous ne l’avons pas choisi. Certes pratique, nous ne l’avons pas choisi. Quelle garantie avons-nous sur la qualité de ces canalisations ? N’y aurait-il pas un peu d’obsolescence programmée afin de garantir de l’activité aux canalisateurs…

Quand certain demande la fin des abonnements des compteurs d’eau (par populisme, envie de faire adhérer à leur associations, déresponsabilisation ou méconnaissance total du sujet puisque si le coût de l’abonnement est supprimé, il sera reporté sur le coût du m3 d’eau et donc, ce sont les familles qui consomment le plus d’eau qui seront pénalisées, tels que les familles nombreuses par exemple…), il serait bien plus pertinent et intelligent d’exiger la transparence de la qualité et de l’entretien des réseaux et canalisations ainsi que leur prise en charge par les gestionnaires de réseaux, y compris à l’intérieur des domiciles. Il en va aussi de leur intérêt de disposer de réseaux d'assainissement de qualité.

 

Les associations de consommateurs classiques (archaïques !) ne vous proposent pas ces informations et ne souhaitent pas les faire émerger. Elles vivent de la consommation et ne pratiquent aucune éducation à la consommation. Pourquoi voudraient-elles faire évoluer ce système qui les fait vivre…

Nous souhaitons une consommation responsable dans laquelle chacun agit en connaissance de cause, en exerçant son libre arbitre. C’est pour cela que nous applaudissons l’article de l’Observatoire Indépendant de la Publicité et que nous formulons les propositions ci-avant.

 

Pour une consommation responsable, informée et au service des consommateurs.

 

N’hésitez pas à nous écrire à consommateurs.responsables@gmail.com

 

Lien vers l'article de l'Observatoire Indépendant de la Publicité

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 19:28

 

« Il faut relancer la croissance ». Qui n’a jamais entendu ça habite surement sur une autre planète ! Relancer la croissance est devenu aujourd’hui un leitmotiv permanent. Aussi urgent et indispensable que de mettre de l’essence dans la voiture pour avancer. Ne discutons pas de la destination (pour la voiture, on peut toujours trouver mais pour le reste, tout dépend de la société, de ses orientations politiques, des ses aspirations, de son organisation,…). Voyons plutôt, sous un angle qui n’est quasiment jamais abordé, ce qu’implique cette « croissance ».


 

Avant toute chose, commençons par rappeler que la croissance (sans entrer dans les détails) correspond à une période où l’économie crée de la richesse. Ou plutôt, à une période ou l’économie crée durablement de la valeur ajoutée. Cette croissance se mesure en fonction d’indicateurs assez simples tels que le (trop) fameux PIB (produit intérieur brut). Comment alors l’économie crée-t-elle de la richesse ? Il s’agit en réalité de l’accumulation de la création de richesses par les organisations qui, toutes ensembles, finissent, à l’échelle du pays par exemple, par avoir un solde positif. Dans un pays où la richesse est bien répartie et orientée à fins d’assurer la dignité de tous, on peut alors se réjouir de ce résultat (sans préjuger de la qualité du modèle générant cette richesse – ce n’est pas le propos ici puisque ce papier n’est qu’un article et pas une thèse d’économie ou de philosophie-économique).Dans un pays oligarchique, la richesse crée se retrouve concentrée dans les mains d’un petit nombre qui organise alors son quotidien en excluant le reste de la société.

 

En France, la création de richesse se mesure au travers du PIB et une grande partie de cette richesse créée alimente le trésor public très régulièrement. Grace à nous tous ! Indistinctement, que nous soyons riches ou pauvres… Comment ? Au travers de la TVA bien entendu ! Cette taxe sur la valeur ajoutée (invention française datant de 1954, rappelons-le) ponctionne tous les actes d’achat d’un taux dont, au final, seul s’acquitte le consommateur final…

En France, cette TVA représente, grosso-modo, 50% des recettes du pays. On comprend alors tout l’intérêt stratégique, du point de vue d’une économie telle que celle pratiquée en France, d’une consommation qui se porte bien.


Autant nous consommons, autant nous apportons au trésor public. La croissance dans tout ça est notamment utile pour produire des biens et des services, assurer une rétribution à chacun sous forme de salaires qui serviront à alimenter la consommation, permettant de générer de la demande et donc de la production de biens et service, puis de la consommation, etc…

Bien sur, ce schéma est très simplifié mais, en gros, la machine fonctionne sur ce principe avec en plus, pour alimenter le trésor, les impositions, taxes pétrolières et autres contribution du type CSG  par exemple.

 

Prenons un peu de recul sur tout ça. Un peu de hauteur. Finalement, nous, simple consommateurs, en sommes surtout réduits à alimenter le pot commun avec notre consommation et notre force de travail. Nous consumons nos ressources financières, physiques, intellectuelles au profit du bien commun. Consumons… Le mot est parfaitement choisi puisque, pour la petite histoire, rappelons que les verbes « consommer » et « consumer » ont une origine commune qu’une orthographe à peine différente ne suffit pas à masquer.

Nous avons également noté que pour contribuer, nous nous devons de procéder à un échange entre notre travail et notre salaire. Il existe pourtant deux catégories qui échappent à ce système. Les rentiers qui se contentent de profiter de leurs acquis en consommant sans produire quoique ce soit par eux-mêmes et les exclus qui ne consomment ni ne produisent (en théories). Intéressons-nous donc à eux en nous posant la simplissime question : « qui ne produient pas et donc ne contribuent pas ? ». La réponse est très simple !

Les seuls qui ne produisent ni ne contribuent sont ceux qui n’ont pas de salaire ! Il s’agit donc des chômeurs et des personnes incarcérées. Voilà qui est intéressant. Deux catégories qui finissent par se retrouver ensemble au travers de l’analyse du fonctionnement de la société au travers de son moteur de croissance et de consommation…

 

Chômeurs et taulards sont en réalité à la charge de la société. Les uns sont censées être accompagnés, soutenus, stimulés, aidés pour retrouver un emploi, les autres sont punis pour entrave aux codes de la société et subissent un bannissement temporaire. Ces deux catégories sont exclues de la société. Exclusion. Il leur est proposé un vocable très similaire au-delà de cette « exclusion ». On parle en effet de la réinsertion (dans le monde du travail ou dans la société) en mettant en place de réelles ou pseudos moyens permettant un retour dans la société par le travail (travail, salaire, consommation,…). Ces deux catégories sont appréhendées comme marginales puisqu’elles ne participent pas à la création de richesse. De fait, elles sont traitées de façon quasiment similaire (toute proportions gardées car, ne l’oublions pas, les uns ont la liberté de leur galère quand les autres subissent une privation de liberté bien plus importante). Ces deux catégories, chômeurs et taulards, dérangent le fonctionnement de la société : ils coutent plus qu’ils ne rapportent. Les uns en assurance chômage, les autres en frais d’incarcération. Ces deux catégories sont sur une pente glissante qui mène à la désocialisation et à l’isolement. Le chômeur, au fil du temps s’angoisse, angoisse son entourage, se coupe de ses relations, s’enferme, glisse vers la solitude,… Le taulard est de facto exclu et privé de la société.

On pourrait multiplier les similitudes mais, l’objet de cet article n’est pas là. Notons au passage que, les catégories sociales les plus démunies, donc les plus en besoin de soutien, sont systématiquement, celles qui sont reléguées, exclues, cachées et regroupées dans des cités,… Où est passé la mixité sociale ?


Tout ça nous pousse à observer que notre société, en quête de croissance, semble exiger de chacun une contribution mais oublier quelque peu le devoir collectif d’aide et le droit à l’erreur de chacun. Cette société semble avoir choisi de choyer les éléments qui produisent mais de stigmatiser les autres catégories, celles qui « n’y arrivent pas ».


Le soleil se lève pour tout le monde nous objectera-t-on… Pourtant, tout commence à l’école… L’école d’une cité est désertée quasiment systématiquement par les meilleurs enseignants (ne les blâmons pas, la situation n’est pas simple) quand les « beaux quartiers » attirent par leur confort ces même personnels. De même l’université, quand on est en Lozère, n’est pas aussi simple d’accès que pour un étudiant du 5ème arrondissement de Paris, ... Il en va de même pour tellement de services publics (santé, sécurité, éducation, transport,…), mais également pour la concentration des bassins d’emplois,…

 

Finalement, notre société, dans sa marche forcée en quête du graal-croissance, rejette ceux qui se prennent une fois les pieds dans le tapis. Cette société ne prend d’ailleurs pas garde à la qualité du tapis ! « Avance et contribue ». Tel semble être le mot d’ordre.

 

Il nous revient de construire, collectivement, une société où l’exclusion organisée n’est plus de mise. Une société ou chacun peut se tromper sans en pâtir ad vitam aeternam. Une société où il est plus important d’assurer et d’assumer le bien-être de chacun plutôt que de courir vers des chimères impalpables. Que la croissance soit assurée ? Pourquoi pas ! Mais surtout, comment et pourquoi faire ?!?


La consommation responsable réfute l’assimilation entre « consommer » et « consumer ». Nous estimons qu’une société durable se prend en charge et prend chacun en charge. Comment, par exemple, demander à chacun de protéger l’environnement quand l’environnement social ne nous protège pas collectivement ? Comment demander à chacun de se réjouir de la croissance quand celle-ci ne profite pas à la qualité de  l’éducation, des transports, des soins, de la sécurité,… Comment se réjouir de la croissance quand les murs des cités sont soutenus depuis des années par le désœuvrement ambiant ?

 

 

Nous, consommateurs responsables, demandons que l’année qui vient et qui mènera à l’élection du monarque républicain, soit celle du questionnement des objectifs que nous souhaitons atteindre collectivement. Nous estimons que le développement durable peut être un bel objectif mais nous pensons également que la question est mal posée. Nous estimons que l’économie ne doit pas être l’un des piliers du développement durable mais qu’elle doit être remise à sa place, au rang de moyen et non appréhendées comme une fin. Elle doit servir l’atteinte d’objectifs collectifs visant au bien être social, à la préservation de l’environnement et au développement de la culture. Nous serons vigilants, pendant toute cette année à ce que social-environnement-culture soit au centre des débats. Nous ne  pouvons plus supporter une société qui s’enfonce dans ses chimères et qui se force à atteindre des objectifs aveugles sans utopies. Si personne n'est à la barre du navire, soyons certain que celui-ci dérivera au grès des intérêts particuliers et non en direction de l'intérêt collectif. L'histoire ne cesse de nous l'enseigner.

 

Nous sommes également bien conscients que ce papier mériterait bien des éclaircissements, bien des développements et plus encore de mises en avant d’exemples, de contre exemples, de recherches de simulations,… Nous vous demandons de nous aider sur ce point. Si vous avez des propositions à nous faire pour alimenter ce débat, pour apporter une pierre à l’édifice de la construction d’une société responsable, écrivez-nous.

 

La société ne doit plus être autre chose que ce que nous en faisons. Emparons-nous de notre avenir.

 

Contact : consommateurs.responsables@gmail.com

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 13:26

L’éléis de Guinée est une plante fabuleuse dans laquelle tout s’utilise. Pourtant, parmi tous ces sous-produits, il en est un qui se distingue et déclenche de très vives passions. La trop fameuse huile de palme. Présente dans nos placards, nos salles de bains, nos moteurs, nos magasins,… Partout. Elle a envahi notre vie sans que nous ne nous en émouvions outre mesure. Depuis plusieurs années pourtant, cette huile est au centre de bien des débats sur des questions de santé, d’environnement, de biodiversité, d’énergie, de carbone,… que de maux et que de mots pour une plante dont finalement, peu de monde connaît l’histoire. Histoire aussi fabuleuse qu’est indécent le destin que nous lui avons tracé.

 

Aussi loin qu’on puisse remonter, des traces de la présence de l’huile de palme ont été retrouvées dans une tombe d’Abydos en Égypte, sur des jarres vieilles de 5000 ans. On imagine facilement que si les Égyptiens l’utilisaient, il devait en être de même depuis bien longtemps dans sa région d’origine du Golfe de Guinée. Cette plante de la grande famille des palmiers poussait, et pousse encore, à l’état sauvage dans cette région. Elle a rapidement été adoptée par les habitants pour ses précieuses noix, ses amandes, ses coques, mais également pour ses feuilles, son stipe… Tout était utilisé. D’ailleurs, c’est toujours le cas dans certaines régions de Guinée, du Ghana, du Cameroun…

Cuisine, construction, cosmétique, pharmacologie… Tout s’utilise.

Le commerce de l’huile de palme pour sa part n’a été que très marginal pendant plusieurs siècles. Pourquoi en effet commercer un produit accessible quasiment à tous ? Un produit si naturel. Ce sera l’établissement de routes commerciales à destination de l’Europe qui mettra finalement l’huile de palme dans les rouages du commerce mondial par le biais des besoins de l’industrie du savon puis de la mécanisation. Les Britanniques, les Hollandais, mais aussi les Français et bien d’autres ont rapidement vu dans cette huile un intérêt fabuleux. L’histoire du port de Marseille, des savonneries et des huileries phocéennes, sont d’ailleurs intiment liés au commerce de cette huile de palme qui, depuis le XVIIème siècle n’a jamais cessé d’attisé les convoitises.

 Pourquoi elle ?

Cette huile, pour ne parler que d’elle, présente de nombreux avantages du fait de sa composition et avant ça de sa préparation, à partir de la pulpe de ses fruits. Avec un rendement sans comparaison, on peut produire environ 22kg d’huile à partir de 100kg de fruits. Le rendement de production de l’huile de palme est 8 fois supérieur à celui de l’huile de soja… Si on ajoute à cela une durée de vie des plantations de 25 à 30 ans et 2 récoltes par an, on comprend tout l’intérêt commercial de cette huile miraculeuse. Riche en beta-carotène, elle est aussi riche en acide gras saturés. Les problèmes commencent là. Présente tout autour de nous, nous la consommons sans le savoir en grande quantité (environ 2kg par an et par personne en France), ce que nous ne faisions pas il y a encore quelques années… Et ce gras que nous consommons, partout, tout le temps, nous ne l’éliminons pas intégralement. Nous en stockons une partie dans notre corps. Semi-solide à température ambiante, l’huile de palme est un candidat idéal pour bien des préparations culinaires nécessitant une matière grasse tout en restant présentable. Pâtisseries, plats préparés, pâtes à tartiner (au chocolat par exemple), chips, margarine, céréales… L’huile de palme est partout. Officiellement ou pas. Souvent elle se cache derrière la simple mention d’huile végétale.

La cosmétique est également une grande consommatrice d’huile de palme. Tout comme l’industrie automobile qui l’envisage avec avidité. Un agrocarburant à l’heure où les substituts au pétrole deviennent un besoin et plus uniquement une lubie. Cette huile a envahi notre vie. À notre insu.

 

Aujourd’hui, il importe de changer notre fusil d’épaule. Songeons que la production d’huile de palme a été multipliée par plus de 26 quand le blé croissait en production d’un facteur 2,7. Le blé nous a nourris. Pas certain que l’on puisse en dire autant de l’huile de palme. En terme de surfaces, en 50 ans, c’est l’équivalent d’une île comme Cuba qui a été défrichée et plantée d’Eléis de Guinée. En Indonésie, cette déforestation provoquerait 4% des émissions mondiales annuelles de gaz carbonique. La perte de biodiversité du fait de cette production effrénée est affolante. Orang-outangs, tigres de Sumatra, rhinocéros de Sumatra, siamangs, gibbons…. Tous sons menacés. Tout comme sont menacés également les populations expropriées et les cours d’eau dans lesquels sont rejetés, sans réelles précaution les effluents des usines de transformation. Loin des yeux.

 

 

Cette huile est extraordinaire. C’est bien ce qui la rend si dangereuse.

Elle aurait pourtant pu avoir un autre destin

Son histoire est aussi fabuleuse que son utilisation est démesurée. L’huile de palme a intégré les rouages de l’industrie de l’agro-alimentaire, de la cosmétique, des détergents, des agrocarburants… Et cela n’a été possible qu’avec une production sûre et maitrisée. Calculée et mise en place dans un schéma d’industrialisation implacable. Prédateur. L’histoire s’est conjuguée de manière démesurée, mettant à profit les expériences pour amplifier, toujours plus la soif de conquête et de production. La soif de toujours plus.

 

Dès la fin du XIXème siècle, l’huile de palme fut introduite en Malaisie. Simple plante ornementale. Un palmier. Quelques années plus tard, sa culture industrielle allait pourtant commencer. Les témoignages historiques attestent largement de la rapide évolution de ces plantations. Le souvenir et le modèle de la Compagnies de Indes Néerlandaise allait participer à la formidable aventure de cette exploitation en Indonésie et en Malaisie. 

Pendant ce temps, sur son territoire originel du golfe de Guinée, les européens se livraient des luttes commerciales à coup de prédation de territoires colonisés pour la gloire des métropoles.

                   

La compagnie des Indes Néerlandaises

La marine hollandaise du XVIème siècle a permis le développement d’une puissance maritime et commerciale de premier plan. La Compagnie des Indes Néerlandaises a parfaitement incarné cette puissance en devenant la première entreprise d’envergure mondiale. Elle a dominé le monde du commerce international et avait une puissance phénoménale, inaugurant sûrement le lobbying et les pressions de l'oligarchie financière. Amsterdam était alors la capitale du commerce mondiale. Admirée et enviée. Berceau de culture, promoteur d’une élévation inédite du niveau de vie de tous. Sources et ressources du financement de bien des projets économiques. Sa puissance déclinera ensuite, parallèlement à la perte d’influence des Pays-Bas puis, à la fin du XVIIIème siècle, les campagnes napoléoniennes viendront achever définitivement son emprise déjà largement déclinante. Le modèle était pourtant là. Bien des compagnies tireront profit de ce modèle, parfaitement inédit depuis plusieurs siècles.

 

Dans ce contexte, l’éléis de Guinée suscita un intérêt évident, quoique les colons ne s’en emparèrent pas tous en même temps. Au cœur d’intérêt politique, certains dirigeants européens conclurent des accords commerciaux ou encore des concessions d’exploitations. L’histoire de l’industriel anglais Lever profitera largement de ces opportunités commerciales au travers d’une convention avec le Congo belge, alors propriété personnelle du Roi de Belgique. Cet intérêt bouleversa les sociétés avec notamment le développement du commerce pour fournir aux travailleurs de l’huile de palme les biens dont ils auraient besoin, ou encore par le biais d’échanges accentués entre certaines régions pratiquant jusqu’alors peu d’échanges. L’huile de palme contribua même à la transition imposée à juste titre par l’abolition de l’esclavage en proposant un contexte économique exploitable, et donc générant des ressources.
Et puis arriva la Première Guerre mondiale et les projets, les infrastructures et les productions d’Afrique de l’Ouest périclitèrent très rapidement au profit d’un bien funeste dessein. Pendant ce temps toutefois, les levées de fond colossales et les investissements des Hollandais en Malaisie et en Indonésie avaient permis d’implanter une industrie pérenne de production d’huile de palme. En 1929, les Indes Néerlandaises produisaient déjà 14% de l’huile de palme. Les vastes territoires, les relations commerciales stables et l’appât du gain finiraient alors le travail.

Plus à l’ouest, la situation ne s’améliora pas. L’outil industriel fut quasiment délaissé ou, au mieux entretenu dans une torpeur absolument pas propice au développement. La Seconde Guerre mondiale acheva de briser les perspectives. Après guerre, le Nigéria fut bien, brièvement, le leader mondial incontesté de la production d’huile de palme. Mais, dans un contexte géopolitique et local en rupture, il fut dépassé et réduit, aujourd’hui relégué, comme l’ensemble des pays du Golf de Guinée, au rang de spectateur du triomphe de la Malaisie et Indonésie. Ces deux pays se partagent aujourd’hui 85% du marché mondial et continuent de développer leur production devant des opportunités extraordinaires (et notamment les agrocarburants). Ils ont multiplié leur production par 7 en 20 ans. Cette course effrénée, stimulée par une demande croissante, les mènent aujourd’hui à investir dans des terres hors de leur propres frontières. Des terres notamment situé dans le Golf de Guinée… La boucle est bouclée.

Quasiment un siècle s’est écoulé et la production revient dans son berceau originel. Un siècle qui aura vu le Golfe de Guinée rater une fabuleuse aventure. Trop de bâtons dans les roues. Trop d’incertitudes. Trop de conflits. L’huile de palme aurait pu connaitre un destin tout autre, bénéficiant aux populations et au développement ouest africain. Il n’en fut rien.

Et demain, que fera t’on de l’huile de palme ?

Devant l’évidence d’une demande croissance et d’une production galopante, ONG, industriels, producteurs, utilisateurs ont décidé de se réunir et de discuter ensemble dans le cadre de la RSPO. Table ronde internationale spécifiquement dédiée à la production d’huile de palme responsable, elle s’est emparée notamment de l’organisation des modes de production. Cette table ronde peut être saluée pour l’initiative de concertation qu’elle représente.

D’un autre côté, face au gigantisme de la production et des ressources financières générées, l’appât du gain a souvent raison des projets de sauvegarde de l’environnement, d’amélioration des conditions de travail et de préservation de la biodiversité. L’histoire nous l’a souvent enseigné. Les évolutions se font ainsi très lentement, à grands coups de compromis.

Cette huile est une véritable poule aux œufs d’or. Sa production et son commerce ont été parfaitement mis en place et sont extrêmement profitables aux trois acteurs majeurs que sont l’Indonésie, la Malaisie et les Pays-Bas. Les deux premiers sont les deux plus grands producteurs et, de fait, maitrise largement l’économie ainsi mise en place. Ils la maitrisent en collaboration étroite avec les Pays-Bas qui, bien que ne produisant pas la moindre goute sur son territoire, est un intermédiaire majeure du commerce à l’échelle mondiale. Sur le modèle du commerce international installé par la Compagnie des Indes Néerlandaises, les Pays-Bas ont trouvé une nouvelle poule aux œufs d’or.

 

D’autres en revanche sont complètement passés à côté de ce marché et subissent le marché, comme c’est le cas des pays du Golfe de Guinée (hormis la Côte d’Ivoire). Producteurs, intermédiaires, acheteurs. Le marché profite à très peu mais impactent tout le monde. La France est, par exemple un assez mauvais élève sur ce marché parmi le panel des pays européens. Gros importateur mais petit intermédiaire. Faut-il s’en réjouir ? Ce n’est pas certain. La France a progressivement orienté ses importations depuis ces anciennes colonies vers le trio de pays dominant le marché. Elle a ainsi laissé passé la possibilité d'une coopération durable environnementalement et socialement au profit de simple intérêt économique. Pauvre développement durable...

Il aurait été possible d’engager une véritable voie de coopération et de développement. Et de produire dans des conditions environnementales, sociales et économiques durables.

Demain, et même après demain, malgré tous les garde-fous mis en place, la demande est si forte qu’il y a très peu de chances pour que la tendance s’inverse. Et ce n’est pas le nouvel Eldorado de la substitution des produits pétroliers qui ferra changer les choses.

 

Il reste pourtant des évidences tels que, les trop importantes quantités d’huile de palme que nous consommons dans notre alimentation. Il y a un réel intérêt de santé publique à réduire son utilisation. Et à le faire savoir.

 

L’huile de palme est un très bon indicateur de la santé de notre époque. Elle révèle nos difficultés à envisager un problème alors que nous en connaissons les enjeux. Biodiversité, gaz à effet de serre, santé publique et même géopolitique. Son histoire colle à celle de notre époque. Pour combien de temps encore… Affaire à suivre. Une chose est certaine cependant, le poids de cette industrie pèse terriblement lourd face aux impératif du développement durable. Seule la communauté internationale, fermement engagée, pourra maitriser la dévastation sanitaire, environnementales et sociale en cours.

 

Nous, consommateurs responsables, invitons chacun à éviter d'achetter les produtis contenant cette huile ou ceux contenant de l'huile végétale (qui, bien souvent, est en réalité de l'huile de palme qui n'ose pas dire son nom). Cette démarche citoyenne sera un message fort adressé aux producteurs. Lisez les étiquettes !

 

Si vous avez des remarques, des exemples, des critiques à nous faire, n’hésitez pas ! Et, bien entendu, n’oubliez pas de rejoindre notre combat. Il importe que nous soyons nombreux, réunis et fédéré pour mener à bien notre combat pour une consommation responsable. Rejoignez-nous !


Contact : consommateurs.responsables@gmail.com

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 10:43
Résumé : La folie consumériste conduit au toujours plus de consommation et donc au toujours plus de production d'énergie. Le Japon, pays à forte sismicité en paie les conséquences folles. La complicité du mouvement consumériste à la prolifération nucléaire est un véritable scandale. Nous estimons que nous sommes dans l’obligation de rompre avec ce système en engageant la société vers la responsabilisation. Sortir du nucléaire, revoir les politiques relatives aux OGM, aux nanotechnologies, aux médicaments, aux ondes,… Autant de chantiers qui sont menés par des myriades d’associations, de collectifs, d’individus. Autant de revendication qu’il faut fédérer pour organiser un nouvel acteur, défenseur de la consommation responsable. Regroupons-nous.

 

Le nucléaire est rentré dans nos vies de manière brutale lorsqu’en 1945 les villes japonaises d’Hiroshima puis de Nagasaki ont été les premières cibles d’une nouvelle génération de bombes, pulvérisant tout lors de leur impact. Ce fut un massacre humain et environnemental et, si ces deux bombes ont eu pour conséquences la capitulation de l’armée japonaise, elles ont également inauguré une période noire de prolifération des armes nucléaires. Cette énergie fulgurante a également été mise au profit de l’énergie civile (sous couvert de secret défense, néanmoins) au travers de la pullulation des centrales nucléaires. Aujourd’hui, en France, ce sont 58 réacteurs qui produisent 78% de notre électricité. Nous sommes l’un des pays les plus nucléarisé du monde avec un parc vieillissant utilisant d’ailleurs, non pas une technologie française, comme cela nous est souvent présenté, mais bien une technologie américaine. Notre savoir faire réside surtout historiquement dans la gestion de ce parc de réacteurs. Aujourd’hui, nous sommes devenus également l’un des pays majeur en matière de commerce de la puissance nucléaire en proposant notre savoir faire à qui veux bien le payer (la Finlande regrette d’ailleurs surement l’achat de notre technologie EPR...). Tout cela, bien sur, sans que jamais, strictement jamais, les citoyens que nous sommes n’aient eu voie au chapitre. Le nucléaire est classé secret défense. La stratégie économique est, dans notre pays, placé au dessus de la démocratie. Comme dans d’autres pays, le dernier mot revient aux militaires…. Nous ne faisons pas mieux.

La situation japonaise ce dimanche 13 mars 2011

Aujourd’hui, en ce début d’année 2011, alors que les promesses du printemps ne vont plus tarder, nous sommes les spectateurs lointains mais, oh combien compatissants, du cataclysme qui se produit au Japon. En effet, après avoir subit un énième séisme la côte nord-est de l’île de Honshû, à environ 250 km de Tokyo, ce qui est fréquent au pays du soleil levant, celui-ci réalise avec effroi que l’horreur nucléaire frappe une seconde fois. 66ans après. Si le séisme a été très impressionnant (8,9 sur l’échelle logarithmique de Richter), le pays est pourtant habitué et a pris biens des mesures de prévention et de précaution au niveau de l’éducation des populations ou des constructions parasismiques. Cependant, le risque zéro n’existant pas, le Japon doit constater que ces installations nucléaires ne sont pas étanches aux conséquences des séismes. Ainsi, si les informations nous arrivent très partiellement, elles sont malgré tout, non seulement déjà dramatiques mais également croissantes dans l’horreur. Et pourtant tout était prévisible. Au pays des séismes, comment imaginer que la catastrophe ne se produirait pas !

Aux morts des suites du séisme et du tsunami qui s’en est suivi, s’ajoutent aujourd’hui les morts actuels ou à venir du fait de la catastrophe nucléaires. Deux réacteurs de la centrales de Fukushima Daiichi ont déjà explosé, libérant de fait leur poison dans l’atmosphère, les sols, les poumons… Certes, des mesures d’évacuations ont été prises mais, il demeure que la contamination est bien là. Et, d’après les dernières informations dont nous disposons, d’autres réacteurs seraient en très mauvaises postures et prêt, eux aussi à voir leur cœur subir une fusion cataclysmique.

Face aux discours « rassurants » des autorités japonaises, parfaitement dépassées par les événements, une première série de mesures indépendantes de la radioactivité à été réalisées, comme le rapporte le réseau Sortir Du Nucléaire (SDN). Ce réseau nous révèle ainsi que six journalistes japonais de l’association indépendante JVJA (Japan Visual Journalist Association) se sont rendus, ce dimanche 13 mars 2001, à Futaba, soit à 2km de la centrale de Fukushima Daiichi. Au plus prêt de l’horreur. Ces valeureux (ou inconscients mais, oh combien admirables) journalistes ont utilisé des compteurs Geiger afin de mesurer la radioactivité. Les résultats sont effroyables puisque certains compteurs se sont avérés, par endroit, trop faibles pour mesurer les taux de radioactivité… En d’autres termes, il y avait tellement de radioactivité que les compteurs étaient saturés (le réseau SDN nous indique même le type de compteurs qui était des Beiger countr DZX2, Victoreen 209-SI, et MyRate PRD-10). Malgré tout, le compteur Victoreen 209 utilisé par le journaliste Ryuichi Hirokawa permet de mesurer un taux de radioactivité de 10 milli-Röntgen/h (soit 0,1 mSv/h). Pour comparaison, en France, la dose annuelle estimée tolérable est de 1mSv/an (nous n’avons pas eu le temps ici d’analyser la qualité de cette dose supposée tolérable et notamment le faisceau d’études contradictoires utilisé pour en arriver à cette valeur). Autrement dit, le taux mesuré par Ryuichi Hirokawa est quasiment 900 fois plus fort que la tolérance admise ici, en France, aux milieux de nos 58 réacteurs… D’autres informations confirment ces résultats alarmants avec, notamment, une dose 400 fois supérieure à la normale mesurée à Miyagi, soit, à 80km de la centrale de Fukushima Daiishi.

Les rayonnements radioactifs sont donc, c’est avéré, ignoblement trop élevés et présentent des risques certains et « durables » pour l’environnement et toutes vies présentes dans ces lieux. Et ce n’est pas tout puisque, comme nous l’avons déjà dit, d’autres réacteurs sont, eux-aussi, en état d’alerte et incitent à l’inquiétude (euphémisme, bien entendu).

Prenons un peu de recul

Quelques chiffrent font froid dans le dos. En 2011, il y a 442 réacteurs en fonctionnement dans le monde, répartis dans 31 pays. Ces réacteurs produisent de l’électricité à hauteur de 17% de la quantité totale produite dans le monde (tout ça pour ça…). Pire, de nombreux projets sont en cours d’études (rien que la Chine représenterai un marché économique évalué à 400 milliards de dollars…) alors que déjà 65 réacteurs sont en cours de construction. Enfin trois pays, dans l’ordre, les Etats-Unis, la France et la Japon, produisent, à eux seuls, 57% de l’électricité d’origine nucléaire du monde…

Ces quelques chiffres illustrent que 31 pays sont engagés dans un pari fou, basé sur une technologie a priori fantastique (scientifiquement, il est vrai que la science de l’atome est proprement fantastique. Intellectuellement fantastique). Ils existent également, de fait, un décalage économique majeur entre ces 31 pays et les autres qui fonctionnent au charbon, à l’hydraulique, au pétrole ou à la marche à pieds. Et la marche à pieds n’est pas utilisée uniquement dans des pays dépourvus de ressources. Le Niger, par exemple, procure à la France un bonne partie de son Uranium mais, bien entendu, n’a jamais vu l’once d’un projet de réacteurs nucléaire sur son territoire – et c’est tant mieux pour eux en termes de danger nucléaire.

Notre société de consommation (la voici enfin !) repose sur le principe bien connue de l’offre et de la demande. Nous ne rentons pas ici dans les relations schizophrènes d’auto stimulation réelle ou imposée qui unissent l’un et l’autre. Ce principe s’applique quand nous choisissons des tomates mais également, à d’autres strates, lorsqu’il s’agit de vendre des mines anti-personnelle ou des centrales nucléaires. Et c’est bien là (encore une fois) l’une des limites de notre type de sociétés car la concurrence qui s’instaure permet donc à chacun de disposer, en échange de millions de dollars d’une technologie folle qui vient, encore une fois, de prouver ses limites. Il ne s’agit pas ici de stigmatiser tels ou tels pays qui ne seraient pas dignes de recevoir cette technologie. Bien au contraire. Nous dénonçons plus volontiers la fait que la construction de centrales nucléaires soient entrée dans le champ du commerce. Rien de plus banal que le commerce. Mais rien de moins banal qu’un réacteur nucléaire. Cette technologie est pourtant mise sur le marché, non pour des raisons d’égalité d’accès à des quantités d’électricité permettant le bonheur de chacun (…) mais bien pour des raisons économiques. C’est que ça coute cher tout ça… Il s’agit donc de faire fructifier les investissements industriels (à grand coup de deniers publics, pour ce qui concerne la France) en vendant cette technologie à qui veut bien l’acheter. Et ainsi permettre un retour sur investissement juteux (mais en revanche pas forcement pour les comptes publics). A grand coup d’économie géopolitique, le risque nucléaire a été passé par pertes et profit. Pour permettre la croissance économique, des risques incommensurables sont pris et font peser sur les populations, sur des générations, des risques aux conséquences impossibles à quantifier. Et que dire des recherches qui engloutissent des milliards de dollars en vue de retraiter les déchets pour en tirer toujours plus d’énergie… Il est vrai que les stocks d’uranium, au rythme actuel ne permettent que quelques dizaine d’années de production. Sauf cataclysme…

 

Nous arrêtons ici de dresser ce petit tableau de la situation du nucléaire. Nous n’oublions cependant pas que nos océans sont parcourus par des sous-marins propulsés par l’atome ou portant des ogives nucléaires. Nous n’oublions pas que certains avions sont équipés d’armes nucléaires. Nous n’oublions pas que la Yougoslavie, déchirée par la guerre dans les années 90 a vu l’OTAN recourir, via les Etats-Unis, à des bombes à l’uranium appauvri comme l’atteste des découverte faite sur le terrain, une fois la paix revenue. Nous n’oublions pas non plus que la mer blanche sert de dépotoir de déchets nucléaires. Nous n’oublions pas non plus les trains chargés de déchets qui traversent la France et bien d’autres pays, au mépris des populations. Et bien d’autres encore…

La situation française

ci, en France, la machine à désinformer s’est déjà mise en marche. A grand coup d’éducation tchernobylesque. Rappelons nous qu’on nous avait rassuré à l’époque en nous affirmant que les nuages radioactifs en provenance d’Ukraine, ne pouvait pas franchir nos frontière. Surement déjà un problème de passeport ou d’immigration choisie… Nous avons ainsi entendu la propre ministre de l’écologie nous rassurer en nous disant que les vents allaient pousser les nuages, d’ailleurs sans danger, vers le large, dans l’océan Pacifique… Et de nous assurer, que cela serait donc sans conséquences sanitaires pour les populations et l’environnement japonais. Et donc, sans danger pour nous français. Comment imaginer que nous ne nous soucions que de notre propre petite santé (aussi fondamentale soit-elle) sans imaginer que, dans notre pays de 58 réacteurs, nous ne fassions pas un lien immédiat entre la situation japonaise et ce qui pourrait se passer chez nous… Bras

Rappelons que nous ne sommes pas au bord du Pacifique et que les réacteurs sont, en majorité situé dans l’intérieur du pays. Les seuls réacteurs au bord de la mer, en France sont les 6 de Gravelines, les 2 de Penly, les 4 de Paluel, les 2 de Flamanville et les 4 de Blayais. Les 40 autres sont situés sur les bords de la Loire ou de la Vienne, aux frontières de l’est ou encore dans le sillon rhodanien, bien connu des géologues… Nous avons même entendu des spécialistes reconnaitre que les mesures exposées ci-avant étaient alarmantes puis préciser qu’il fallait des mesures complémentaires, notamment au niveau des particules d’air. Les résultats mesurés sur site ne sont-ils pas suffisamment éloquents pour que la situation japonaise soit déjà totalement folle ?

On marche sur la tête ! Quand il s’agirait de reconnaitre, enfin le danger, nous sommes englués dans des messages mous, archaïques, ancrés dans des certitudes que même Tchernobyl n’a pas fait vaciller.

Dernier point dans cette communication organisée pour la défense d’un outil industriel dangereux mais qui peut tellement apporter de bénéfices économique, nous avons également entendu l’un des conseiller du roi affirmait que la situation japonaise allait bénéficier à AREVA ! Comment peut-on faire preuve d’autant de cupidité quand, en face, il y a des milliers de morts et un environnement ravagé ? Certains rappellent même l’effet pervers de la société de consommation puisque cette catastrophe japonaise impliquera une reconstruction qui sera génératrice d’emplois et donc de croissance (le PIB en profitera…). Quelle honte ! Quel scandale ! Que nous dénonçons inlassablement.

En mai 2010, François Roussely, ancien PDG d’EDF remettait un rapport de 150 pages sur l’«Avenir de la filière française du nucléaire civil». Ce rapport a été classé secret défense et seul un succédané de 23 pages a été rendu public. Sans rentrer dans les détails (les détails connus dans les 23 pages…), ce rapport a été réalisé a grand coup de lobbying et d’inimitié entres les uns et les autres et orienté suivant une seule et unique visée. Il s’agissait, comme cela a été formulé depuis de construire l’équipe de France du nucléaire afin de permettre au différente parti prenante, de profiter d’une stratégie nationale de conquête des marchés internationaux, le tout sous le leadership d’EDF. Conquête des marchés… tout est dit. Il s’agit uniquement de produire une force de vente cohérente et compétente afin de vendre de la technologie nucléaire à qui veut bien en acheter. Entres autres joyeuseté, il s’agit, par exemple, de faire des centrales low-cost, permettant de gagner des part de marché… Les réacteurs Atmea de 1100MW (contre 1600 pour l’EPR) développé par Areva sont ainsi au cœur des tractations entre partenaires.

Atmea ou pas Atmea… Qu’en pensent donc les populations japonaises ? Et les populations françaises ?

Enfin, n’oublions pas non plus la révélation faite par le réseau SDN le 11 février dernier relativement aux défaillances des systèmes de refroidissement de sécurité sur 34 réacteurs français. 34 sur 58…

Le nucléaire : une réponse ou une question ?

Le nucléaire est-il suffisamment mur pour avoir été sorti du domaine de la recherche ou est-il légitime que nous l’ayons déjà mis en routine afin de produire l’électricité, si précieuse à nos sociétés ? Nos sociétés de consommation… La question est bien celle-ci…

Depuis des dizaines d’années, des centaines d’ONG crient haut et fort leur dégout profond du nucléaire et des dangers qu’il représente. Si une ONG ne représente qu’elle-même et ses adhérents, des centaines d’ONG représentent tout de même pas mal de monde. Face à ces cris dispersés mais permanents, un silence assourdissant de condescendance et de secret défense perdure. En France, il n’est pas question de soumettre la stratégie nucléaire à la démocratie. On ne transige pas avec l’’indépendance énergétique… Ni avec les déchets qui sont produits et enfouis. Ni avec les catastrophes potentielles. Rassurons-nous pourtant puisque, selon les messages officiels, la France dispose des équipements nucléaires les plus sûrs du monde…

Les milliards investis dans la production de nucléaire civil ont, en réalité, largement servi les desseins militaires puisque les budgets de la recherche publique ont largement alimenté les connaissances militaires et l’armement. Sans cela, pourquoi le secret défense ?

 

Nous sommes ancrés dans une course folle qui ne fonctionne qu’à grand coup d’énergie. Produire de l’électricité nucléaire est donc un enjeu stratégique des plus importants. Pourtant, les risques sont réels et irréfutables. D’Hiroshima à Fukushima en passant par la mer blanche, le Niger ou Tchernobyl, les preuves sont là. Cette course folle est inscrite dans un modèle de société tourné vers la production d’énergie, permettant d’alimenter une industrie de la production de biens et de services, eux-mêmes destinés à être consommés.

 

La bombe qui risque de nos exploser à la figure est donc bien celle qui est alimenté par la recherche de la croissance permanente de la consommation. A raison de 50% du montant des recettes du budget général de la France, la TVA est le symbole de la fragilité de notre pays qui a mis la moitié de ses œufs dans le même panier. Et si celui-ci pète, c’est tout le pays qui explose. On comprend alors tout l’intérêt stratégique, et le recours au secret défense, de la course folle à toujours plus d’énergie produite. Cette posture en opposition totale avec les principes de la démocratie ne peut que conduire à la ruine de celle-ci. piège


On ne fait pas vivre une démocratie sans assumer ses principes, tout comme on ne peut guérir un corps humain sans en connaitre la biologie.

La consommation responsable s’impose

Nous, consommateurs responsables, sommes parfaitement outrés par le silence assourdissant et complice des associations de consommateurs agréées qui n’ont jamais dénoncé le danger du nucléaire.

C’est surement par peur de la perte de leur précieux agrément qu’elles se sont rendus complices complaisantes de cette fuite en avant à haut risque vers un nucléaire tout puissant. Pas d’agrément, pas de subventions publiques. Nous qui sommes favorables à une refonte totale de l’agrémentation « défense des consommateurs », nous osons affirmer ici notre totale indépendance et dénoncer la nucléarisation à outrance. Nous osons dénoncer la complicité du consumérisme, défendu et soutenu par les associations de consommateurs agréées actuelles, avec la mise en danger des populations et des générations à venir. Il est intolérable de défendre une consommation à outrance sous prétexte que chacun doit pouvoir disposer d’une télé, d’un lecteur de DVD ou d’un four ou d’un chauffage électrique tout en passant sous silence les conditions d’usage de ces appareils, de la production d’électricité à sa consommation. Il est intolérable que ces associations, apeurées par leur décalage grandissant avec la société et leur perte de ressources publiques, n’ose pas affirmer haut et fort qu’il est urgent de convertir notre production et notre consommation d’énergie vers la sobriété et l’énergie la plus propre possible. Nous ne leur reconnaissons aucune circonstance atténuante au travers de tels ou tels papiers défendant des appareils consommant moins d’énergie. En effet, jamais ce discours n’est accompagné d’une remise en question de la production d’électricité et notamment du nucléaire. Leur discours n’est centré que sur le prix et les tarifs de l’électricité. Jamais elles ne prennent part aux réflexions relatives à la production d’énergie sous prétexte surement de la peur de se fâcher avec leurs adhérents auxquelles elles n’apportent aucunes informations sur la réalité du nucléaire.


A force de fermer les yeux, les associations consuméristes sont devenues aveugles.

Réquisitoire contre le consumérisme

Nous, consommateurs responsables, nous invitons chacun à rompre avec ses associations qui accompagnent la société dans le mur. Nucléaire, OGM, banques, santé, nanoparticules,… autant de sujets sur lesquels les associations de consommateurs agréées sont en panne d’avenir. A force de ne faire que de dénoncer mollement ou de réagir à l’actualité, sans organiser d’actions de fond, militantes, elles se sont rendus vides de sens et uniquement obsédées par leur médiatisation et leurs ressources financières. Que n’ont-elles fait de propositions engagées et argumentées et mis la pression sur les pouvoirs publics contre les OGM en plein champ ? Pourquoi ne dénoncent-elles jamais les risques du nucléaire ? Pourquoi dénoncer uniquement le coup des voyages en avion quand les destinations sont des dictatures ? Pourquoi défendre uniquement le pouvoir d’achat au travers de la baisse des prix quand il s’agit de s’intéresser à la qualité et à l’usage ? Pourquoi dénoncer le prix de l’eau, du cartable à la rentrée de classes ou des machines à laver quand il s’agirait de passer du coup médiatique à la levée de boucliers populaires pour une consommation qualitative ? Pourquoi demander la prescription de médicaments génériques sans dénoncer les nombreux scandales liés à ce marché ? Comment peuvent-elles se taire devant la levée de boucliers citoyens contre les forages destructeurs destinés à produire des huiles et gaz de schiste ? Comment sont-elles devenues des râleuses médiatiques ? Comment peuvent-elles se contenter de faire semblant ? Sont-elles aveugles ? Autaines ? Simplement dépassées ? Un peu tout ça ? Nous le pensons. Nous en sommes convaincus. Il suffit de les écouter !

Il est largement temps de nous regrouper, de fédérer nos forces et de peser sur les orientations sociales, économiques et environnementales

Pour ce qui nous concerne, nous estimons qu’il est largement temps de passer à un autre système. Nous souhaitons, comme beaucoup, que l’action ne se contente pas d’être médiatique mais qu’elle crée l’événement de manière pérenne. Nous estimons ainsi qu’il est de notre devoir de disposer d’un droit de véto quant aux travaux menés par les organismes de recherches, les entreprises publiques et les Agences institutionnelles telles que l’AFFSA, L’AFFSET par exemple. Sommes-nous trop ignorants pour donner un avis ? Cela permettrait d’éviter des scandales tels que celui de la mise sur le marché de médicaments dangereux ou de la culture d’OGM en plein champ. Cela permettrait également d’engager des travaux irréfutables quant aux ondes électromagnétiques ou aux politiques de soutien aux énergies renouvelables (rappelons qu’actuellement, un très gros lobby lutte contre le développement du photovoltaïque…). Nous pensons que la lutte archaïque pour le pouvoir d’achat doit être dépassée au profit du combat pour la qualité. Nous pensons également que l’économie doit être remise à sa place et redevenir un moyen et cesser d’être un objectif. Nous estimons enfin que face à l’immense catastrophe que vit la Japon, nous devons dans les plus brefs délais revoir de fond en comble notre production d’énergie.

 

Si l’énergie est bien le moteur de nos sociétés (comme elle est le moteur de notre biologie), elle doit cependant ne pas en devenir le cancer 


Nous souhaitons donc une conversion totale et profonde vers une production à base exclusivement de ressources renouvelables et sans déchets. Cela doit s’accompagner d’une véritable politique de consommation remettant notamment la consommation non matérielle au centre des intérêts de chacun. Et nous réfutons intégralement les arguments visant à démontrer l’impossibilité de cette conversion. Il a été mainte fois démontré que cela est tout à fait possible. Et même créateur d’emplois !


Si, comme nous, vous êtes outrés par le silence des consuméristes sur la faillite de notre système. Si vous pensez, comme nous que la seule croissance que nous connaitrons dans les prochaines années sera celle des inégalités et des catastrophes environnementales et sociales. Si vous pensez que la qualité importe tellement plus que la quantité et qu’il est possible, souhaitable et surtout indispensable que la société s’oriente vers le partage, l’éducation et la responsabilisation, alors, rejoignez-nous. Faites parlez de nous. Pour vous. Participez en nous écrivant, en prenant part au projet, en vous engageant. Osons, tous ensemble crier notre opposition. Fédérons-nous pour peser. Devenons des consommateurs en révolte et construisons notre avenir. Ensemble, nous pouvons faire changer les choses. Ensemble, nous serons plus forts. Ensemble, mais tous différents, nous serons la force de nos convictions.

 

Rejoignez-nous et écrivez-vous à consommateurs.responsables@gmail.com

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Published by conso-responsable - dans Consommation
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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 11:27

 

Résumé

Le nouvelle affichage environnemental des produits propose des signaux informatifs mais ne pénalise pas le prix des produits les plus impactant. Les critères sociaux sont oubliés. Tout comme ce fut fait pour l’étiquette énergie, les distributeurs vont augmenter les prix des produits proposant les meilleurs compromis environnementaux. Les consommateurs vont, encore une fois être les dindons de cette farce consumériste.

 

Le mercredi 8 mars, le ministère de l’écologie, par la voix de la ministre, a annoncé que la liste des 168 entreprises retenues afin de tester le nouvel affichage environnementale a été arrêtée. Celles-ci proposeront donc une nouvelle information, multicritère destinée, d’une part à informer les consommateurs de l’impact environnemental de leurs achats mais également, à inciter les industriels et les distributeurs à orienter leur production et leurs ventes vers des produits plus « vert ». 1000 produits vont être expérimentés à partir de juillet 2011.

 

Si l’attention semble a priori louable, l’expérience montre pourtant de manière flagrante qu’au final, les consommateurs seront les grands perdants. Nous reprenons avec dépit donc notre rôle de grognons afin de vous alerter sur ce qui vous attend. Pouvoir d’achat qu’il disait…

Le nouvel affichage : les objectifs en dehors de la réalité

A en croire le ministère de l’écologie, il s’agit ici de produire ''un affichage clair, fiable et transparent des conséquences écologiques qu'ont la fabrication et le conditionnement » des produits'.

Cette expérimentation qui débute est le résultat de travaux intégrant de nombreux partenaires publics et privé. Nous attirons votre attention ici puisque, si nous étions présents au lancement de ces travaux, nous avons pu constater l’absence totale des associations de consommateurs et la présence quasiment exclusive des industriels. Vous imaginez donc très clairement les orientations qui ont été prises… « Le moins possible » a été le maitre mot… Et le consumérisme a encore triomphé.

 

Premier coup de canif dans le contrat durable, les aspects sociaux sont passés par pertes et profit ! Ainsi, que le produit soit conçu dans le plus profond respect des droits humains ou qu’il soit élaboré avec de toutes petites mains, vous n’en saurez rien.

 

Autre grand biais qui promet un avenir très mitigé à ce grand barnum, il ne s’agit surement pas d’informer sur le coût réel induit par les impacts environnementaux. En effet, cette expérimentation vise à mettre « en place une démarche multicritère qui nous renseigne pleinement sur l'empreinte écologique de nos achats » selon les propres mots de la ministre. Multicritère signifie tout simplement que nous aurons maintenant, sur les produits expérimentés, outre le prix, une information sur les impacts sur les ressources (eau, air, énergie, biodiversité, matières premières). Nous allons donc avoir un gros paquet d’informations mais celles-ci ne nous permettront pas de savoir combien valent ces impacts dans le prix d’achat. Ni même, bien entendu, quels seront les coûts induits (nous y reviendrons un peu plus loin). Les consommateurs sont donc invités à choisir eux-mêmes les produits les meilleurs. Produits qui seront, bien entendu, globalement les plus chers, comme nous allons le voir maintenant.

La réalité ignorée

La ministre elle-même se targue du succès de l’étiquette énergie et du DPE (diagnostic de Performance énergétique) pour vanter le processus expérimental d’information mis en place et destiné à se généralisé très rapidement. Pourtant, comme nous avons eu l’occasion de vous le dire sur ce site, le succès dépend de la façon d’observer la situation. Et dans ce contexte, les consommateurs sont très largement les grands perdants…

La DPE est très largement dénoncé pour sons caractère passif. En effet, il ne tient pas compte de l’usage des bâtiments et peut, en fonction des diagnostiqueurs proposer des résultats très variables (saluons à ce sujet l’enquête réalisée par l’UFC Que choisir il y a quelques jours mais qui, bien vite a disparu de l’actualité…).

L’étiquette énergie quant à elle, si elle est reconnue par les consommateurs pour sa lisibilité et son caractère informatif, pose bien des problèmes. Nous vous avons en effet démontré (voir notre article à ce sujet) que son usage a été détourné à fin de profits économiques, notamment par les distributeurs. Nous avons expliqué comment les distributeurs profitent de l’attirance suscitée par l’étiquette énergie (et par le discours des vendeurs, bien entendu, mais peut-on les blâmer, eux qui ont un salaire médiocre qu’il améliore à grand coup d’intéressement). Ils accompagnent l’étiquette énergie d’un système de tarification parfaitement inique. Nous avons en effet démontré que les produits les plus proposés et vendus aux consommateurs sont en réalité ceux proposant le coût global d’utilisation le plus important.                Le mécanisme est très simple : une étiquette énergie flatteuse permet aux distributeurs de proposer un prix de vente élevé et, au final, en intégrant le coût d’usage (eau et électricité notamment), ces appareils s’avèrent plus couteux que ceux un peu moins performant ! Pire encore, les produits présentant la meilleure étiquette énergie sont proposés aux consommateurs, un peu comme une carotte pour les attirer et les culpabiliser de ne pas acheter un produit écologique… Les consommateurs se disent alors bien souvent « c’est bien mais quand même, c’est cher » et ils sont ensuite invités vers des produits avec une étiquette énergie juste inférieure ! Bingo pour les distributeurs puisque ces produits qu’ils présentent comme le meilleur compromis aux consommateurs, coûtent chers à l’achat et sont justement ceux qui coutent, au final le plus cher !


« Dans la farine, consommateur, tu seras roulés ! »

 

Nous pouvons d’ailleurs supputer que le ministère est parfaitement informé de cette situation puisque la ministre elle-même précise qu’« il n’y aura pas de greenwashing »… Comment peut-elle déjà en parler si elle ne s’y attend pas… Le ministre de préciser également que la démarche est volontaire ! Nous voulons bien le croire ! Si 230 entreprises se sont portées volontaires (160 ont été retenues), ce n’est surement pas uniquement pour le plaisir d’introduire une nouvelle procédure dans leur chaine de production !

Conclusions

Nous allons voir aujourd’hui fleurir un panel d’informations qui n’aura absolument aucun intérêt par le simple fait qu’avec un SMIG, on choisit par défaut les produits les moins chers. Tout simpliste qu’est cette explication, il demeure que c’est la réalité quotidienne de millions de français.

Et que dire également de la multiplication des informations : nouvel affichage, labels, auto satisfecit, emballage flatteur… Où sont réellement la cohérence et le respect des consommateurs…

 

Pire, la fracture sociale va s’aggraver avec ce type d’affichage. En effet, tout comme pour l’étiquette énergie, les distributeurs vont pratiquer des augmentations sur les prix des produits présentant les meilleurs compromis relativement à ce nouvel affichage. Nous aurons donc, des produits chers et quasiment réservés à ceux qui peuvent se les payer et d’autres produits, « ennemis de l’environnement », achetés par les moins aisés.

 

De fait, nous glissons vers une société ou la pauvreté se verra de plus en plus associée, si ce n’est stigmatisé, à la destruction de l’environnement. A cela, rien d’étonnant puisque ce courant de pensée est très largement majoritaire, non seulement en France, mais dans le monde. En effet, il demeure une croyance absurde qui prône que la protection des ressources s’améliore irrémédiablement avec la croissance économique et technologique. Cette croyance s’appuie sur des études purement économiques, notamment celle de Kuznets (1955) qui sous-tend le maximum de non interventionnisme. De fait, nous en arrivons à des pseudo-mesurettes du type de cet affichage environnemental qui n’apporte aucune lisibilité sur les impacts. Pire, cet affichage va amplifier la culpabilisation et, au final induira de la résignation ce qui sera contre-productif dans le combat que nous portons en faveur de la qualité pour tous

 

Les consommateurs choisissent leurs produits majoritairement en fonction des prix et d’habitude de consommation. Comment imaginer un instant que demain, la consommation sera orientée en fonction de tel ou tel impact vers des produits qui de plus auront été augmentés sur une base purement marketing !

 

Face à cette situation, nous demandons à ce que chacun prenne ses responsabilités :

  • - nous demandons la mise en place immédiate d’un inventaire des prix des produits expérimentés par ce nouvel affichage, un suivi de leur évolution, et la mise à disposition des consommateurs, en permanence, de ce suivi. Nous demandons pour ce faire que la DGCCRF dispose des moyens hod-hoc pour mener à bien cette mission dans le cadre d'une commission de suivi associant des partenaires associatif, environnementalistes et représentants des industriels et de la distributions.  
  • - nous nous interrogeons sur la non-prise en compte des impacts sociaux dans ce nouvel affichage. Pourquoi, encore une fois, faire les choses à moitié ? Il existe pourtant une panoplie d’indicateurs disponibles et très informatifs
  • - nous demandons l’intégration dans la constitution des prix des produits, d’une pondération en fonction des impacts sociaux et environnementaux. Pourquoi s’arrêter au milieu du guet et se noyer dans une information inaboutie et sans intérêt ? Allons plus loin et profitons de cette information pour orienter les prix en fonction de leurs impacts

 

Enfin, nous demandons aux consommateurs de ne pas être dupes et d’être extrêmement attentifs face à ce coup issu d’un compromis marketing. N’oublions pas que les travaux menant à cet affichage ont été, très largement orienté et amendé par les industriels.

 

Enfin, nous déplorons (mais est-ce vraiment une nouveauté !!) que les associations de consommateurs agréées ne dénoncent pas ce nouveau coup porter au pouvoir d’achat ! Elles sont pourtant reconnues par les pouvoirs publics pour nous défendre… C'est à croire que notre défense se fait en fonction de leurs intérêt particulier. Elles qui en ont fait leur cheval de bataille ont pourtant ici l’occasion d’associer leur combat historique avec une défense de la prise en compte des impacts environnementaux.

 

Si, comme nous, vous pensez que ce nouvel affichage ne va pas assez loin, qu’il faut un véritable marqueur des impacts, simple, avec une pondération des prix. Si vous pensez également, comme l’expérience de l’étiquette énergie l’a montré, que les distributeurs vont sauter sur l’occasion pour augmenter les prix des produits présentant relativement le moins d’impact. Si vous aussi, vous pensez que chacun doit être en mesure de disposer de produits de qualité. Alors, nous avons besoin de votre soutien. Rejoignez-nous, relayez cette information, parlez-en.

 

Regroupons-nous pour porter notre vision d’un monde où la consommation redevient un moyen et non plus une fin.

 

Nous vous attendons ! Ecrivez-nous à consommateurs.responsables@gmail.com

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 09:48

Pour faire suite à la demande de plusieurs lecteurs, nous vous proposons ici de comparer la qualité de deux comparateurs.

 

Pour faire suite à l'article concernant le comparateur TOPTEN de la CLCV et du WWF, nous vous proposons de comparer par vous même la qualité du travail et son intérêt en allant, vous-même vous faire un avis. Notons ici que nous ne proposons pas de comparaison avec les travaux de l'UFC car ceux-ci ne sont pas en accès libre et gratuit ! De même pour les autres comparateurs (nous y reviendrons dans quelques lignes) car ceux-ci ne proposent pas du tout le même service avec un accès direct aux critères des appareils. Ils proposent une étape préalable de choix d'appareils (choix très restreint) à comparer qui n'est pas basé sur les critères mais uniquement sur le prix ou les marques, ce qui ne nous semble pas du tout pertinent et même, inscrit dans une logique consummériste marketing que nous compattons.

 

Vous trouverrez ainsi :

  • - notre comparatif de machine à laver à chargement frontal (hublot) en cliquant ici
  • - le comparatif de machine à laver de TOPTEN (tout compris...) en cliquant ici

Bien entendu, nous avons utilisé les mêmes paramètres que TOPTEN pour effectuer les calculs, à savoir :

  • - coût du kWh : 0,16€
  • - coût du m3 d'eau : 3,01€
  • - le coût d'usage correspond à 1000kg de linge lavé par an (équivalent à une famille de 4 personnes) et tient compte du volume du tambour afin d'optimiser l'utilisation
  • - le coput global sur 10 ans correspond à la somme du coût d'utilisation et du coût d'usage

 

De plus, nous avons délibéremment, dans notre sélection éjecté a-priori toutes les machines ne présentant pas d'étiquette énergie A au minimum, que ce soit pour le lavage ou l'essorage.

Enfin, en terme d'usage, vous constaterez la simplicité et le choix somme toute plus important que dans TOPTEN puisque nous estimons qu'il importe aux utilisateurs de choisir et non pas aux concepteurs  du comparateur de faire un filtre a priori. Le choix et la critique sont fondamentaux pour nous, consommateurs responsables de nos comportements.

 

Vous constaterez également que notre comparateur propose en quelques lignes une présentation et un conseil pour optimiser l'utilisation du comparateur (en terme notamment de priorisation des critères de choix).

L'intérêt de notre comparateur

Contrairement au nombreux comparateurs déjà disponibles sur internet, nous offrons la possibilité de comparer de nombreux produits alors que les autres (qui sont des sites marchands) proposent de choisir uniquement 2 à 5 machines à comparer. Cette intérêt est fondamental puisqu'il permet aux consommateurs de se forger un avis étayée et informé vis à vis de l'offre.

Par ailleurs, nous ne sommes pas soumis à la pression des fabricants comme la plus part des autres sites (TOPTEN semble également dégagé de cette pression). En effet, nous ne sommes pas un site intermédiaire de la vente car notre service et uniquement informatif. Nous ne sommes pas rémunérés par les fabricants (la plupart des autres sites touchent une commission si vous passez par leur sélection et donc, nous pouvons légitimement suspecter à l'amont un financement pour être présent dans les sélection).

Enfin, énorme différence, notre comparatif est directement accessible via les critères à comparer et ne se fait pas, comme sur les autres comparateur (hors-mis TOPTEN) sur un choix a priori de modèle qui ne laisse pas apparaitre les critères des appareils. Nous pensons en effet que le choix doit se faire sur les aspects techniques avant tout et non pas sur les marques, le look ou encore un quelconque avis d'internautes qui peut très largement être biaisé (avis de fabricants, notation farfelue,...).

 

 


Dernière remarque. Nous critiquons le site TOPTEN car si l'idée est intéressante de présenter, comme nous le faisons, les produits en affichant directement les critères, nous déplorons la qualité de ce site, les erreurs manifestes et le peu d'intérêt qu'il présente au final. Par contre, nous félicitons ces concepteurs de produire un outil entièrement gratuit (grace au soutien de l'argent public), ce qui rend plus légitime encore notre critique sur la qualité de l'outil. Nous notons à ce niveau que les comparateur de l'UFC ne sont pas gratuit, ce qui constitue une autre différence fondamental entre les services proposés. Pour notre part, nous préferrons la gratuité totale et, pour y parvenir, nous comptons sur votre soutien pour produire toujours plus d'information parfaitement gratuite et accessible à chacun.  

Si nous sommes nombreux à verser quelques euros en commun, nous pourrons produire des informations pertinentes. N'oublions pas que 25€ versés pour produire de l'information n'est sans commune mesure avec les économies de temps et d'argent que nous vous permettrons de faire ! Nous comptons sur votre soutien.


N'hésitez surtout pas à nous indiquer vos remarques, conseils, critiques et même, vos félicitations pour ce travail ! Ecrivez-nous à consommateurs.responsables@gmail.com.

Si cela vous plait, nous tacherons de développer la ressource mais sachez tout de même que cela prend un minimum de temps donc (excusez-nous d'insister !), nous vous invitons à nous soutenir et à contribuer à la diffusion de la comparaison critique. Ecrivez-nous et adhérez !

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 13:02

Dans nos sociétés, nous avons un principe immuable qui est que lorsque quelque chose est cassé, nous nous employons à le reconstruire. En tirant ou pas les leçons du passé. Cela vaut pour un enfant qui a cassé sa construction mais également pour une société qui a cassé tout ou parti de ses moyens d’existence, de production, d’échange,…

 

Sur ce modèle, au sortir de la seconde guerre mondiale, l’Europe a eu besoin de se reconstruire, tant du point de vue de son organisation politique que matérielle. A grand coup de plan Marshall, nous avons donc allégrement, en Europe de l’Ouest, copié le modèle des USA et reconstruit nos sociétés en nous efforçant notamment de produire et de distribuer des biens de consommations permettant à chacun d’accéder à des conditions de vie jugées dignes par la société. Réfrigérateurs, voitures, téléviseurs, machines à laver, lave-vaisselles, téléphones, ordinateurs, console de jeu,… Nous avons assisté à l’évolution de la production depuis la satisfaction d’une demande sociétale jusqu’à un renversement du rapport entre l’offre et la demande. Nous avons même signé des deux mains notre accord pour ce renversement ! Essayons donc ici d’y voir plus clair dans ce qui témoigne tout simplement d’une société qui a oublié de se construire, si ce n’est des utopies, tout au moins un projet collectif perpétuellement réinventé.


« Un cycliste qui ne pédale pas fini toujours par tomber » (P.Dalier)

Consommation orienté vers la satisfaction d’une demande

Dans un premier temps, il s’est agit de produire des biens de consommation permettant à chacun de pouvoir prétendre à une vie « raisonnablement digne ». Ainsi, progressivement, les taux d’équipement des ménages se sont mis à progresser pour arriver aujourd’hui à des niveaux inédit : en France, plus de 97% des ménages disposent d’un téléviseur couleur, plus de 97% ont une machine à laver, plus de 83% ont un magnétoscope ou un DVD, plus de 87% ont un téléphone fixe, l’ordinateur a pénétré plus de 60% des foyers,… Il en va de la même progression pour internet ou les téléphones portables. Notons aussi que moins de 6% des ménages sont abonnée à une bibliothèque ou à une médiathèque alors que plus de 20% sont abonné à la chaîne cryptée…

 

Tout cela ne s’est pas fait par magie ! Dans un premier temps, l’objectif collectif était de produire pour permettre à chacun de disposer de ces équipements. Ainsi, devant un marché de plusieurs millions de clients à satisfaire, les industriels ont produit des équipements sans se soucier de la saturation du marché. Petit à petit, le marché s’est diversifié en proposant une variante à l’équipement standard avec l’apparition des options. Si on connait bien cela sur les voitures, il en va de même pour les machines à laver avec les retardateurs, les programmateurs, les différents cycles,… Le même processus existe pour les cafetières, téléviseurs (du noir et blanc à la couleur, télécommande, taille, écran plat,…), les téléphones (fixes, portables, accès internet, appareil photo,…). L’objectif était alors pour les industriels de se singulariser et d’attirer l’attention sur eux pour augmenter leur part de marché. Quoi de plus normal de leur point de vue ! Dans le même temps, il s’est avéré assez peu judicieux de produire des biens d’une durée de vie extrême. En effet, si devant un marché dont on ne voit pas la fin, le souci porte surtout sur la production de biens pour combler un vide, en revanche, à mesure que celui-ci se comble, il s’agit d’assurer l’avenir en intégrant alors une nouvelle notion : le taux de renouvellement. Pour faire une analogie, on évite que la baignoire déborde en prévoyant un trop-plein ! La marché de cela consommation de bien fonctionne de la même marnière avec au passage une autre analogie puisque tout comme l’eau qui déborde par le trop plein, les déchets produits sont bien le dernier des soucis des producteurs !

Peu à peu, la production s’est alors détournée de la satisfaction d’un besoin (d’une demande plus ou moins orienté à coup de publicité ou de démonstration convaincante…) vers l’entretien d’un marché.


 

Il aurait été possible de parier sur l’évolution technologique, l’innovation, la R&D. Force est de constater que si, en effet, des investissements ont porté sur ces créneaux (investissement en général porteur d’activités pour les industriels), de beaucoup plus gros investissements ont été faits sur les aspects périphériques aux produits : publicité, marketing, création d’options, réduction de la durée de vie des produits, fidélisation,…

Défense des consommateurs : pouvoir d’achat et puis c'est tout !

Dans ce magma de la consommation et de la rencontre d’une offre avec une demande (encore une fois, nous parlons ici d’une offre stimulée par la reconstruction d’une société traumatisée et construite suivant le modèle de son « banquier » américain), les consommateurs se sont organisés pour défendre leur point de vue. Défendre l’accessibilité aux biens et services revenait alors, dans le contexte de progression des taux d’équipement, à défendre une politique de prix bas. La défense du pouvoir d’achat est devenue alors le cheval de bataille des associations de consommateurs, ce qui était alors tout à fait légitime et bienvenu. Dans le même temps, nous pouvons  observer du côté des distributeurs un mouvement « similaire » avec l’apparition des grandes surfaces (1930 aux USA, 1948 en Angleterre, 1951 en Suisse, 1957 en Belgique, 1958 en France,…) et des centrales d’achat permettant à chacun de trouver sur un même lieu l’ensemble (ou presque) des biens de consommations à prix négociés au plus bas avec les fournisseurs. Nous pouvons entendre aujourd’hui régulièrement les cris d’agonie de certains producteurs, complètement étouffés par ce modèle qui tire les « prix d’achat à la ferme » au plus bas. Ils sont, eux aussi prix au piège de la consommation de masse basée sur la concurrence sur les prix.

Ce mouvement se poursuit d’ailleurs allègrement aujourd’hui avec la multiplication des offres de discount et de hard discount qui, pour la plupart d’ailleurs, sont économiquement liées aux grands groupes de la distribution bien connus qui ont poussé un peu partout à la périphérie de nos villes (en pourrissant au passage les accès des villes). Notons également, sans nous y attarder ici, que ce mouvement a également vu exploser les offres de crédit permettant de satisfaire toujours plus ce besoin de consommer.

 


La consommation d’après guerre a donc été organisée afin de satisfaire une demande inscrite dans un modèle de société copiée sur celui à l’œuvre aux USA et basée sur la consommation. Ce mouvement a été accompagné par le déploiement de l’offre de distribution qui peu à peu à pris une place prépondérante et est devenu un acteur majeur sur la composition des prix, l’organisation du marché, de la production, de l’aménagement du territoire,… Cette transformation de la société a enfin été accompagnée par les associations de consommateurs dont le rôle était de défendre l’accessibilité pour le plus grand nombre au travers d’un combat orienté vers la défense du pouvoir d’achat.


Changement de décors

Nous l’avons déjà noté, les taux d’équipement n’ont cessé de progresser. Ce faisant, les industriels ont détourné leur production de la simple satisfaction d’une demande au profit (le mot est judicieux) de l’entretien de la demande. Mieux, ils ont réussit un tour de force magistrale en devenant acteur de la demande tout en restant fournisseurs de l’offre ! Les industriels en effet, à grand coup de budget marketing, scrutent nos comportements, font émerger des besoins et réussissent, par la publicité, à nous faire admettre que nous avons un besoin que nous ignorions jusque là ! Que nous sommes stupides ! Nous ne savions même pas que nous avions besoin d’un rasoir jetable, d’une commande électronique pour les vitres des voitures, d’une télévision à écran plat, d’une machine à laver bleue ou d’une paëlla toute prête !

Pour parler un peu de technique, le marketing a changé son objet. Si auparavant, cette activité s’intéressait prioritairement aux biens (en vue de satisfaire les clients), aujourd’hui, elle s’intéresse principalement aux clients (pour satisfaire leurs besoins réels ou susciter par de nouveaux biens à consommer).


Ce changement de paradigme du marketing impose toutefois bien des conséquences au point de vue des ressources naturelles qui s’épuisent, de l’inertie des filières de recyclage, de la production d’énergie, de la destruction d’emplois et des délocalisations,… Et pourtant, nous devons reconnaitre que notre société, basée sur la consommation, se satisfait pour le moment très largement de cette situation. L’impôt sur la consommation, la TVA, représente encore la bagatelle de 50% des recettes générales de l’état en France… Une paille !

Tous victimes mais tous complices ?

Bien sur que non ! Comment pourrait-on incriminer en bloc l’ensemble des consommateurs quand les règles du jeu sont biaisées ? Qui connait parfaitement l’ensemble des additifs alimentaires ? Qui connait la durée de vie programmée de son téléphone portable ou de sa machine à laver ? Qui peut refuser d’acheter tel ou tel produit courant parce qu’il est conçu en dépit du bon sens mais sans alternative ? Non, nous sommes bel et bien pris au piège d’un système, notamment par le manque criant d’information données aux consommateurs, et de bonne volonté d’un grande partie des industriels de la production et de la distribution. Ce système pourrait pourtant évoluer en changeant ses objectifs au profit de la qualité, du service et de la responsabilité. Et chacun continuerait à en bénéficier. Ne restera-ce qu’un rêve ?

Une représentation des consommateurs ancrée dans un passé révolu

Ce slogan « Tous victimes mais tous complices » est un message un peu provocateur qui signifie plutôt que personne, en capacité de pouvoir (état, industriels, institutions,…), n’ose réellement s’attaquer à cet état de fait. Qui oserait en effet dénoncer l’organisation du système de production de biens et de service et sa propension à détruire le lien social, l’environnement, la pérennité économique,… ?

Dans ce système, finalement assez pervers, les associations de consommateurs ont également leur part de responsabilité car, depuis leur émergence dans les années 1950, il faut bien reconnaitre que leur combat guidéepar la défense du pouvoir d’achat n’a guère changé ! De fait, elles continuent de défendre le développement de l’accès aux biens et services dans un esprit « démocratique » qui les honorent. Elles pratiquent très justement la dénonciation d’état de fait insupportable (comme récemment les fameux compteurs électriques Linky qui sont en phase de nous être imposé). Cependant, elles oublient complètement un pan du problème puisque la production a des conséquences amont sur les méthodes et moyens de production et aval sur la gestion des déchets, la stimulation des comportements d’achat, le creusement des inégalités, etc…


Œuvrer pour que chacun puisse accéder à la consommation de biens et de produits est un fait.

Intégrer le contexte de production et de distribution en est un autre qui impacte fortement sur les prix et les conditions mêmes de production.

L’oublier ou le négliger est une faute.

Le pouvoir d’achat : combat fondamental mais absolument insuffisant…

Cette défense archaïque du consumérisme, ancrée dans un modèle de croissance daté, comporte au moins deux biais qui rendent parfaitement caduque leur combat :

- le pouvoir d’achat : nous avons plus d’argent aujourd’hui qu’hier et pourtant…

* il largement impacté par tout un tas de biens et de services qui n’était pas consommé auparavant et dont la nécessité est tout à fait discutable (le panier a grandi mais ce qu’on met dedans est beaucoup plus important qu’auparavant, donc le panier est plus lourd)

* il est soumis à des évolutions irréversibles à court terme (telle que l’explosion de la facture numérique : téléphone, portable, internet,…)

* il est impacté par la non-indexation des salaires sur l’inflation

* la modification de la structure des ménages (augmentation des foyers monoparentaux, du célibat) rend fragile le pouvoir d’achat des ménages

* le marché de l’emploi impose des mouvements de population de plus en plus importants, ce qui induit des frais de déménagement et donc diminue le budget des ménages. Il impose aussi des frais de garde d’enfants, de cantines, de centres de loisir,… qui, eux aussi diminuent la capacité de consommation des ménages

* …

- le paradigme marketing s’est déporté des produits aux clients

* les biens et services se spécialisent et sont donc mécaniquement produits en moindre quantité, ce qui augmente leur coût et donc leur prix

* moins de produits identiques entraine la croissance de l’individualisation de chaque produit et donc l’instauration de la notion de privilège, ce qui à un prix

* le crédit est un outil de la fidélisation alors qu’il est présenté comme un moyen d’accès pour les consommateurs à des biens et services. N’oublions pas que le crédit est construit à partir d’études marketing-client (le but est de faire croitre le nombre de clients et leur durée de fidélisation plutôt que de faire croitre le nombre de produits vendus)

* …

 

Le monde n’est plus guidé par la défense de l’accès aux biens et services pour chacun. Il est aujourd’hui guidé par la satisfaction d’une demande plus ou moins stimulée et individualisée. En poussant ce système à son extrême, cela signifierait que chaque consommateur pourrait se voir proposer les biens et services dont il aurait défini lui-même le cahier des charges. Dans ce monde, la satisfaction de cette multitude de demandes uniques imposerait l’explosion des coûts et donc des prix. Ce modèle, on le comprend par cette démonstration n’est pas tenable. Pourtant, à l’image de l’industrie automobile ou chacun peut choisir ses options, nous sommes très largement engagés dans cette direction. Et la publicité nous affirme son intérêt à grand coup de campagne et de slogans. Ce n’est pas un mauvais rêve. C’est bien la réalité.

…qui revient à défendre la consommation plutôt que les consommateurs !

Dans ce contexte, orienter un combat au travers du prisme du pouvoir d’achat n’est qu’une illusion en complet décalage avec la réalité sociétale. Quand la société est guidée par la satisfaction de besoins individuels, défendre « des prix bas » a autant de sens que de revendiquer une voiture pour chaque adulte et dans le même temps un prix de l’essence très bas. Il y a quelque chose qui cloche ! C’est même extrêmement paradoxal. Chacun sait, par exemple que 10 appartements de 25m² coutent plus cher au m² qu’un appartement de 250m². Revendiquer alors que l’on puisse découper un appartement de 250m² en 10 appartements de 25m² avec un plus un prix au m² inférieur, ce n’est pas franchement inscrit dans les gènes du marché ! Et pourtant, c’est bien ce que défende les associations de consommateurs. Il suffit de relire leur revendication à l’occasion, par exemple, de la crise pétrolière de 2008 où elles n’avaient de cesse de réclamer des prix bas sans évoquer le problème structurelle de l’organisation des déplacements ! Face à une ressource que l’on épuise, il faut changer de politique de déplacement. Cette évidence d’un changement absolument nécessaire impose de repenser l’argumentation de la défense des consommateurs.

Nous sommes, pour le moment, bien peu nombreux engager dans cette voie. Nous comptons d’ailleurs sur votre soutien pour revendiquer haut et fort la nécessité d’un changement qui passe, en premier lieu, par la définition collective du bien commun, des services mutualisés et de la contribution de chacun. Comme tout projet, su nous ne connaissons pas honnêtement les moyens disponibles, comment pourrons-nous légitimement définir les objectifs ! Le système marche sur la tête. Soutenir mordicus sa pérennité est une faute lourde de conséquences. Nous en voyons actuellement les conséquences avec une société de consommation en crise croissante.

En réalité, ce positionnement ancré dans un monde de croissance consumériste révolu a finalement modifié l’objet même des associations de consommateurs. Celles-ci, au travers de cette défense du pouvoir d’achat, ont transformé leur combat pour un accès des consommateurs aux produits en un combat pour un accès des produits aux consommateurs.

 

Force est de constater que les associations de consommateurs sont, elles-aussi, passées de la défense des consommateurs à la défense de la consommation !

CQFD : Consommation de Qualité : Fondement du Développement

Définitivement, le combat pour le pouvoir d’achat est un combat d’arrière garde parce qu’inscrit dans un modèle de société qui a fait long feu. Certes, il demeure indispensable et fondamental de lutter pour que chacun puisse accéder à des conditions de vie dignes. Mais il est devenu insupportable aujourd’hui de ne pas lier ce combat à une réflexion sur la qualité de cette consommation. Il s’agit donc aujourd’hui d’organiser les efforts en faveur du pouvoir d’acheter. Pouvoir de consommer des produits et des biens de qualité, répondant à nos besoins et non pas répondant à des stimulations de cela même qui proposeront les solutions !

 

Non seulement aujourd’hui la consommation est guidée par « Dites moi qui vous êtes, je vous dirais ce dont vous avez besoin » mais elle est en outre aux mains de ceux qui défendent « Dites moi ce dont vous avez besoin, je vous le fournirai ». Pire, ce consumérisme est défendu, comme depuis 60 ans, par les associations de consommateurs qui pensent encore qu’il s’agit uniquement de satisfaire des besoins destinés à atteindre la dignité de tous dans un monde qui s’organisera bien pour cela ! Ex nihilo ? Certes, nous n’y sommes pas encore parvenus collectivement mais les données ont changées (raréfaction des ressources, délocalisation, déséquilibres sociaux, inégalité culturelles,…). L’une des causes réside surtout dans la surconsommation et la défense de cette surconsommation. Alors qu’il s’agirait plutôt de défendre les consommateurs…

 

L’obscurantisme qui règne aujourd’hui sur le monde de la consommation est insupportable. Le consumérisme prédateur se satisfait de l’ignorance et de l’absence d’esprit critique pour asséner à coup de marketing et de publicité la croyance dans un besoin irrépressible, voire vitale en de nouveaux besoins. Pourtant, choisir est un droit dont nous devons tous pouvoir disposer et que seuls l’éducation, la comparaison et la critique peuvent autoriser. Quand on voit le peu de crédit qui est porté à la défense de la qualité par les associations de consommateurs, on est en droit de demander à chacun de réfléchir dans le soutien qu’il peut apporter à celle-ci ! Nous nous permettons à cette occasion de vous renvoyer à notre article sur le comparateur de produits TOPTEN soutenu notamment par la CLCV et qui fourmille d’erreurs, de présentations incompréhensibles, d’un manque d’interface consommateur criant,... Nous pourrions tout autant stigmatiser les autres associations qui, pour certaines brillent par leur silence ou par leur totale absence de prise en compte des réalités sociales, environnementale ou culturelle. Il est si simple de proposer un comparatif d’écrans de télévision ou de voitures en oubliant de préciser leur impact sur nos conditions de vie. Les vêtements de mauvaise qualité par exemple, eux qui ont remplis nos rayons, sont-il réellement une avancée majeure pour notre société ? A part nous satisfaire quelques mois avant d’être jeter, ils n’ont strictement aucun impact positif sur nos sociétés et la dignité de chacun (produit loin d’ici, dans des conditions parfois douteuses, sans stimulation sur l’innovation, sur l’emploi,…). Pire encore, pour ce qui concerne les vêtements, le marketing nous a inculqué la ringardisation de celui qui n’est pas à la mode. Ringardisation de celui qui ne consomme pas donc… Nous y reviendrons très bientôt dans un article consacré à la mode.

 

 


Nous demandons aujourd’hui aux associations de consommateurs en place d’affirmer leur positionnement par rapport à leurs objectifs en répondant notamment aux 3 questions suivantes :

 

  • - Pourquoi le pouvoir d'achat est-il toujours, depuis des dizaines d'années, sans évolution, le critère d'évaluation unique et tellement indépassable de leur action ?
  • - Comment concilient-elles la crise des ressources (raréfaction, spéculation,…) avec leur soutien mordicus du consumérisme ? (pétrole, métaux, eaux, déchets,...)
  • - La fuite en avant consumériste, portée par la défense permanente de prix bas, produit une baisse de qualité, une recherche de moindre coût de production, des délocalisations préjudiciables à l’emploi et donc à ce fameux pouvoir d’achat. Comment justifient-elles la cohérence de leurs actions devant ce paradoxe ? S’agit-il d’une foi messianique dans les bienfaits du consumérisme et d’un certain progrès qui viendra à coup sur ?

 



Nous allons poser ces trois questions aux principales associations de consommateurs et nous publierons en fonction des circonstances (réception des réponses notamment !) leurs réponses.

 

Si vous avez comme nous, comme un goût un peu nauséeux quand vous constatez le décalage entre le consumérisme et la réalité des ressources, de l’emploi et du marketing triomphant, alors, vous aussi, vous pouvez rejoindre le mouvement en faveur d’une consommation responsable. N’hésitez pas non plus à nous faire part de vos commentaires, critiques, remarques et autres congratulations en écrivant à consommateurs.responsables@gmail.com.

 

 

P.S. : Nous n’avons pas exposé la problématique de l’agriculture et son corolaire de recours aux pesticides et engrais mais, bien entendu, le même schéma de développement s’applique avec les conséquences sanitaires sur notre santé et notre environnement que nous connaissons tous pour peu que nous ayons un minimum de lucidité. Nous y reviendrons sous peu au travers d’un article dédié spécifiquement aux pesticides et à l’agriculture

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 16:06

Avant toute chose et pour parer à toute critique à venir, nous tenons à préciser que les analyses proposée ici ont été réalisée le 15 février 2011 et que nous vérifierons si l'ensemble des remarques que nous proposons seront mises à profit. Pour le moment, nous en doutons fortement.

 

Il existe dans la jungle de la consommation et de l’information aux consommateurs un créneau très intéressant qui consiste à présenter des comparatifs entre produits. Très pratiques, ces sites internet sont censés présenter les avantages et les inconvénients des produits et guider ainsi les consommateurs. Ca, c’est la théorie…

 

En réalité, comme toute jungle, celle-ci est remplie d’étrangetés… Certains sites proposent des classements de produits en fonction des notes des internautes. On sait pourtant que la fréquentation des sites internet n’est aucunement représentative de la société des consommateurs (le moindre sondage par internet produit des informations très différentes que tout autre. C’est un fait). On imagine en outre tout à fait probable l’intrusion des industriels qui peuvent, eux-aussi, voter et faire grimper leur propre produit. Notre avis sur ces sites est sans appel : à éviter absolument !

D’autres sites présentent des produits suivant une sélection « financière » a priori. Ainsi, ils proposent uniquement les produits dont les producteurs ont payé un droit d’entrée sans autre critère d’accès aux consommateurs. N’importe quel produit sera donc disponible, « bon » ou « mauvais », sans la moindre information ou aide à la décision pour les consommateurs. Là encore, jugement sans appel : niet

D’autres sites encore proposent des produits suite à une demande de la part des producteurs de ces produits. Les gestionnaires des sites analysent ces produits en fonction de critères plus ou moins variables. Dans ce cas, nous soutenons la démarche où les critères sont exposés en toute transparence et inscrits dans une démarche responsable. Le seul site réellement recommandable qui, plus encore est inscrit dans une démarche de consommation responsable est le site des Ecosapiens qui, en outre, propose des informations et de l’actualité (voir http://www.eco-sapiens.com).

 

Il existe enfin une autre catégorie de site qui pourrait être tellement intéressant s’il n’était mort dans l’œuf ! Soutenu par la puissance publique, une ONG environnementale et une association de consommateur, le site TOPTEN (http://www.guidetopten.fr) propose des sélections de produits consommant le moins d’énergie. A priori, ça a l’air tout simplement génial ! Pourtant, dès qu’on se penche sur le sujet avec une gomme, un crayon et une petite calculatrice, on découvre une énorme pagaille, remplie de fausseté et d’erreurs. Pire encore, la formule choisie par les auteurs est absolument repoussante. Si nous convenons qu’il n’est pas simple de produire un site d’information de ce type, en revanche, les tableaux produits perdent tout le monde. Mieux encore, les classements sont présentés a priori en fonction du coût d’usage décroissant, sans tenir compte (a priori toujours) du coût d’achat ! C’est bien joli d’avoir une machine à laver qui consomme peu mais si celle-ci coûte beaucoup plus chère qu’une plus modeste, ça ne nous avance pas franchement. Si on ajoute à cela l’obsolescence programmées des appareils, on se demande vraiment si les auteurs de ce site vivent vraiment dans le même monde que nous. Pourtant, redisons-le, nous applaudissons des deux mains l’idée de sélection de produits de faible consommation d’énergie, même si nous pensons qu’il faut élargir d’urgence à l’ensemble des coûts environnementaux et sociaux.

 

Voyons ici, dans le détail, l’analyse d’un exemple : les machines à laver. Nous verrons par la suite nos propositions en la matière.

Le classement des machines à laver de TOPTEN

Le site TOPTEN ne propose, pour les machines à laver qu’une seule sélection de produits. Il mélange ainsi allégrement les lave-linge de 5,5kg, 6kg, 7kg et 8kg. Première surprise donc puisque, un enfant pourrait largement imaginer qu’une machine plus grosse consomme plus qu’une machine plus petite. Pas chez TOPTEN…

Ensuite, le classement est proposé en fonction du coût d’usage. Le site étant transparent, nous regardons donc à quoi cela correspond et nous découvrons qu’il s’agit en réalité d’un calcul 1000kg de linge lavé par an pendant 10 ans. Il précise d’ailleurs, pour info que cela correspond à environ 4 cycle par semaines (donc 4X52 = 208 lessive par an) pour une machine de 5kg.

Mais, en refaisant l’ensemble des calculs, surprise… Nous ne trouvons pas du tout les mêmes résultats… Interloqués, nous cherchons et… nous trouvons ! Les auteurs de TOPTEN, qui décidemment ne vivent pas sur la même planète que nous, font leur calcul en prenant l’hypothèse de 208 lessives par ans. Quelque soit le volume de la machine… Autrement dit, leur tableau est, non seulement affreux d’un point de vu esthétique mais, en plus, affreusement faux d’un point de vue économique. Ils ont en effet simplement évalué le coût de 208 lessives par an pendant 10 ans, que la machine fasse 5,5kg ou 8kg… Pourtant, pour laver 1000kg, comme ils l’annoncent il ne faut pas autant de lessive avec une petite machine ou avec une grosse. C’est pourtant assez simple à imaginer !!! Pour TOPTEN en revanche, il semble que 208x5,5 = 1144kg soit tout à fait la même chose que 208X8 = 1664kg. Une paille ! On comprend alors la qualité des résultats… Rien à en tirer !

 

Parce que nous sommes gentils, nous avons refait l’ensemble des calculs gratuitement (en utilisant les coûts d’énergie et d’eau proposée par TOPTEN pour pouvoir comparer nos résultats). Pour information, nous nous sommes renseignés et nous avons appris le coût de la réalisation d’un classement TOPTEN... C'est sans commune mesure avec la qualité du travail founi ! Nous n'en dirons pas plus mais, sachez que nous allons donc proposer de réaliser nous-mêmes ces travaux, de la conception à la mise à jour (puisque nous avons aussi constaté une très faible fréquence de mise à jour. Très faible voire aléatoire...). Nous sommes d'autant plus inquiets par le faible niveau de qualité de ce site qu'il est largement produit et promu par des fonds publics...

 

Produits (présenté comme le fait le site TOPTEN)

Notre méthode : 1000kg par an pendant 10 ans (nous adaptons le nombre de cycle annuel au volume de linge à laver)

Méthode TOPTEN : 4 cycles par semaines, pendant 10 ans (peu importe le volume de la machine…)

Marque

Référence

Coût d'utilisation

Coût de revient sur 10 ans

Coût d'utilisation

Coût de revient sur 10 ans

Miele

W 647

517 €

2 196 €

591 €

2 270 €

Miele

W 2859 i WPM CHD/CDG Inox

517 €

2 916 €

591 €

2 990 €

Essentiel B

ELF 614D3

498 €

893 €

621 €

1 016 €

Candy

GOF 146

498 €

873 €

621 €

996 €

Electrolux

EWF167580W

446 €

961 €

650 €

1 165 €

LG

F 14733 WH / F 14732 WH

451 €

1 026 €

656 €

1 231 €

Panasonic

NA-168VG2W

394 €

979 €

656 €

1 241 €

AEG-Electrolux

L76750

451 €

950 €

656 €

1 155 €

LG

F 14721 WH

483 €

938 €

703 €

1 158 €

Gorenje

WA 72145 BK / WA 72145

483 €

868 €

703 €

1 088 €

Brandt

MAXI 1489 F

487 €

1 042 €

709 €

1 264 €

Modèle énergivore non conseillé

 

536 €

1 045 €

781 €

1 290 €

 

Nous constatons tout de suite que les produits présentés comme les meilleurs à priori sont… … les plus chers ! Mieux encore, ce sont en fait les produits ayant la plus petite capacité (5,5kg de chargement). Nous pouvions nous attendre, dans une sélection de produit de ce type à ce que les appareils au plus faible chargement soient sensiblement moins onéreux à l’utilisation que les produits au volume plus important ! D’autant plus que les calculs présentés par TOPTEN sont entièrement faux puisqu’ils reposent sur la prise en compte parfaitement erronée d'une hypothèse de calcul pourtant simple ! Quel superbe conseil pour les consommateurs…

TOPTEN : des conclusions en totale opposition avec les bases de la consommation !

Nous constatons également que le classement proposé par TOPTEN est passé à côté de l’information fondamentale qu’il aurait du formuler s’il avait imaginé un instant la communication des fabricants, l’évolution des sociétés, l’emprise du marketing. En effet, il parait assez évident qu’un fabricant préférera vendre une machine qui lui rapporte plus ! Pour cela, il va proposer des machines avec une excellente notation environnementale (c'est-à-dire une très bonne étiquette énergie) mais il se rattrapera sur les prix. TOPTEN n’a rien vu de cela. C’est assez inquiétant. Leur erreur fondamentale, non seulement produit une information entièrement fausse mais masque également toute analyse de tendance par exemple ! Nous nous élevons donc contre cette grossière erreur que nous avons tendance à qualifier de faute, qui dénote une parfaite méconnaissance mathématiques, statistiques et même sociologique.

Pourtant, cela est très clair sur nos résultats ! Puisque nous obtenons, en nous basant réellement sur 1000kg de linge lavé chaque année, pendant 10 ans un coût d’utilisation totalement en opposition avec celui de TOPTEN ! Jugez plutôt sur la courbe 1.

 

Nous avons représenté ici en fonction du volume des machines à laver, le coût d’usage pour laver 1000kg de linge par an. Bien entendu, pour les produits sélectionnés par TOPTEN, qui sont a priori de qualité, plus le volume est petit, plus il faut utiliser la machine et donc, plus le coût d’usage sera important. C’est une évidence pour tout le monde sauf pour TOPTEN. Les deux lignes représentent la tendance. No comment ! Nous montrons bien que, plus la machine à un volume important, plus le coût d’usage tend à diminuer pour un volume de linge constant. Logique ! TOPTEN démontre l’exact contraire…

TOPTEN

Conso Responsables analyses 80 machines à laver

Parce que nous sommes gentils et convaincus, nous avons poussé l’étude pour vérifier nos dires en analysant 80 machines à laver de volumes différents (entre 6 kg et 9 kg) et en utilisant les mêmes informations que celle proposées par TOPTEN (ce que nous avons, bien entendu, vérifié afin de produire une véritable étude comparative). Le résultat est sans appel ! Nous le présentons sur la courbe 2 sous forme de moyenne pour ne pas rendre les résultats illisibles (80 machines analysées).

 

L’évidence saute aux yeux ! Plus la machine dispose d’un volume de chargement, moins il faudra l’utiliser pour laver 1000kg de linge par an ! Une évidence ! Nous l’avons démontré.

Enfonçons encore un peu le clou. Le site TOPTEN propose des recommandations d’usages parmi lesquels il est conseillé de remplir la machine conformément à son volume, soit, ni moins, ni plus. Dans ce cas, notre calcul est encore plus dramatique puisqu’il correspond parfaitement à l’usage que préconise TOPTEN. Non, franchement, nous sommes en droit de demander des comptes et une explication quant à la qualité de ce travail.

Un mine d’erreur, et une présentation qui noie les consommateurs

Réfrigérateurs : comparaison de modèle avec ou sans congélateur...

Nous devons également préciser que nous avons également analysé d’autres sélections de produit sur ce site et que, bien entendu, le flou le plus total règne en maître partout. Les réfrigérateurs par exemple mélangent allègrement les réfrigérateurs et les réfrigérateurs/congélateurs. Les comparaisons n’ont donc aucun sens puisque la consommation dépend du volume dédié à la réfrigération et du volume dédié à la congélation (l’énergie nécessaire pour congeler est plus importante que celle nécessaire à la production de froid). Si le classement est présenté en fonction de l’indice d’efficacité (calculé suivant la directive européenne 2003/66/EC du 3 juillet 2003), aucune information n’est apportée sur son calcul, ce qui eut été un minimum ! Quoiqu’il en soit, les classements proposés ne fournissent finalement aucune information et on est en droit de se poser des questions sur leur intérêt.

Téléviseur : les petits coûtent moins cher que les grands… …et un classement a priori sans tenir compte du coût d’achat

Il en va de même pour les téléviseurs par exemple qui eux, ne sont pas classés en fonction de l’indice d’efficacité ! Pourquoi l’utiliser pour les réfrigérateurs mais pas pour les téléviseurs ! Mystère ! Notons également, que les téléviseurs proposent un meilleur classement pour les plus petits modèles que pour les plus grands… Un petit écran consomme donc moins qu’un plus grand. L’intérêt de ce classement, encore une fois, semble très limité. Nous aurions préféré, tout simplement, une présentation en fonction du coût global (coût d’usage + coût d’achat) ce qui correspond exactement à ce que vivent les consommateurs.

Ampoules : la foire à tout !

Autre sujet, les ampoules. Encore une catastrophes puisque, si le site ne donne aucune information quant à l’éco-participation (ce fait est d’ailleurs une constante pour tous leurs produits), on constate aussi que les catégories sont toute mélangées : puissance, forme, durée de vie, nombre d’allumage… Comment n’ont-ils pas réalisé qu’il n’est pas possible de produire une sélection de produits quant les caractéristiques sont toutes si différentes. Il eut été préférable de produire une sélection par questionnaire (quelltype d’ampoule et de puissance par exemple) puis de proposer les résultats depuis les plus proche de la question posée par l’internaute jusqu’à la plus éloignés, tout en effectuant une sélection qualitative de proche en proche. Au lieu de ça, chacun aura le choix de consulter des classements absolument abscons.

Lave-vaisselle : comparaison sans aucun rapport avec les demandes des consommateurs

Une dernière pour la route. Les lave-vaisselles. TOPTEN propose 3 catégories de produits qui sont, systématiquement critiquable. Les lave-vaisselle sont catégorisables en fonction notamment du nombre de couverts, ce qui est la première demande des consommateurs. En effet, lorsque des consommateurs décident d’acheter un lave-vaisselle, ils constatent immédiatement qu’il y a des petits et des gros modèles, c'est-à-dire des modèles à 6, 8, 10, 12 couverts ou plus encore qui sont comparés entre eux, dans une même catégorie. Pourtant, ils ne s'adressent pas au même public ! TOPTEN ne s’en soucie pas ! Seuls la taille et le fait qu’il soit encastrable ou pas les intéressent ! Encore une fois, nous critiquons ce parti-pris parfaitement inadéquat avec la réflexion des consommateurs. De ce fait, il ne faut pas s’attendre à une information utile sur ce site au sujet des lave-vaisselles. En effet, il ne gène absolument pas TOPTEN de comparer 220 utilisations annuelles d’un lave-vaisselle de 8 couverts avec d’autres lave-vaisselles de 11 ou même 14 couverts (voir leur catégorie des intégrables). Ils ne sont alors pas dérangés de présenter cette catégorie avec un classement a priori en fonction du coût d’usage qui met en avant, bien entendu les machines à 8 couverts devant celle à 13 ou 14 couverts ! Quelle information… …inutile ! Notons aussi que dans cette catégorie des « intégrables », le modèle déconseillé est … « en pose libre » ! Parfaitement incohérent. Il aurait été plus intéressant de présenter le classement a priori en fonction du coût global ainsi qu'en fonction du nombre de couverts. Cela aurait évité toute confusion mais ce n'est pas envisageable car TOPTEN ne permet pas de faire des choix en fonction de plusieurs critères... Dans la même veine et toujours dans cette catégorie, leur classement présente, par exemple en 4ème position un appareil au coût d’usage de 358€, juste devant un autre à 369€. Pourtant, le premier coute, à l’achat, 1789€ quand le second coute 469€… On croit rêver !

On nous objectera que ce ne sont pas des classements mais plutôt des sélections mais, nous sommes en droit de nous poser la question de l’intérêt de celle-ci ! Les consommateurs ne sont pas des imbéciles. Ils veulent simplement des produits au bon rapport qualité/prix !  Ils ne veulent en rien un appareil qui coute la peau des f… à l’achat même si, à l’usage il coute à peine un peu moins qu’un autre ! Soyons sérieux.

La catégorie des « pose libre » est du même tonneau puisque, suivant leur classement a priori, les consommateurs sont guidés vers un appareil ne coutant, sur 10 ans « que » 358€ mais qui coute à l’achat 1319€. Encore une fois, les concepteurs de TOPTEN vivent-ils bien sur notre planète ? Pourquoi ne pas présenter les produits en fonction de leur coût global ! Encore un défaut qui nuit gravement à la qualité de cet outil qui pourtant pourrait représenter bien des avantages pour les consommateurs s’il intégrait dans sa réflexion et sa conception les demandes des consommateurs !

Une belle idée mais une réalisation pleine d’erreurs et en dépit du bon sens

Visiblement, les « informations » produites sur ce site n’ont été soumises à aucune validation experte.

Nous arrêtons là la critique puisque, vous l’aurez compris, en fouillant un peu ce site, nous allons de déception en déception et nous vous invitons à prendre les informations de ce site avec d’énormes pincettes, voire, à ne pas les prendre du tout (ce qui semble a priori plus raisonnable).

Cela nous permet d’ailleurs de rebondir sur l’esprit critique nécessaire à une consommation responsable. En effet, ce site, largement porté à bout de bras par la puissance publique, n’offre en réalité aucune information pertinente pour les consommateurs. Pourtant, il se présente comme « la » référence. Nous le déplorons et nous pouvons imaginer qu’il est produit dans un objectif « marketing » plus que dans un réel objectif informatif. D’ailleurs, nous sommes tout à fait prêts à penser que les consommateurs n’ont jamais été associés à une quelconque réflexion sur ce site. Le saurons-nous un jour ? Ce n’est pas certain. Quoiqu’il en soit, aucune information sur le site ne parle du rôle des consommateurs ni de leurs attentes. Nous avons plutôt un site qui impose quand il s’agirait de produire un site qui informe. Quel dommage pour une idée si bonne a priori.

TOPTEN : tout est à refaire ! Faisons-le !

Le projet TOPTEN nous semble très intéressant et dédié à offrir des informations judicieuses aux consommateurs. Nous déplorons par contre l’énorme défaut de qualité de ce site, pourtant recommandé par le ministère de l’écologie au travers du partenariat portant sur la classification des écoproduits. Nous dénonçons ici les erreurs manifestes préjudiciables aux consommateurs. Plus dramatique encore est que ces informations sont largement financées par l’argent public. Comment les consommateurs pourraient-il procéder à une analyse économique avec de telles informations dénuées de tout bon sens, de compétences mathématiques et statistiques et dépourvue manifestement d’analyse a postériori ? Car en effet, l’intérêt pour les consommateurs est bien de connaitre le coût global de ses produits. Ce coût global correspondant d’une part au coût d’achat et, d’autre part, au coût d’usage, il est inconcevable de produire une information fausse qui ne respecte pas les consommateurs.

 

Nous allons donc proposer aux initiateurs de ce projet de réaliser pour eux des analyses de qualité. Pour eux et surtout pour les consommateurs qui doivent pouvoir choisir en toute connaissance de cause les produits. D’après ce que nous connaissons de ce projet que nous suivons depuis plusieurs années, il n’est tout simplement pas possible qu’il reste dans cet état de délabrement qualitatif. Peu de produits proposés, des erreurs manifestes d’interprétations, un manque d’analyse des résultats et, apparemment, une faible connaissance des principes de la consommation.

 

Nous demandons au gestionnaire et concepteur de ce site de nous contacter car, bien entendu, nous leur offrons un droit de réponse. Nous sommes responsables !

 

Dans notre projet d’investir ce site, nous souhaitons avoir votre avis. N’hésitez pas à nous donner vos propositions de produits, de comparatif, ou vos idées.

Ecrivez-nous à consommateurs.responsables@gmail.com.

Nous nous ferons un plaisir de vous répondre et d’agir en conséquence au service d’une consommation responsable, pour tous et en toute connaissance d’une information réellement fiable et pratique.

 

P.S.: merci à BR pour son relecture précieuse

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 16:51

 

Sous ce terme d’obsolescence, on désigne le fait que tout produit finit pas devenir périmé, hors d’usage, obsolète. Rien de nouveau sous le soleil puisque c’est une évidence que de dire que tout finit par s’user, s’abimer ou se casser ! Par contre, c’est un autre sujet que de s’intéresser à l’organisation de cette obsolescence…

Qui n’a jamais entendu ses parents, amis ou grands-parents dénoncé ce fichu réfrigérateur qui n’a tenu que 6 ans quand le précédent avait rendu service plus de 20 ans… Il en va de même pour les téléviseurs, machine à laver, voiture,… Tout aujourd’hui est moins fiable que par le passé !

On nous oppose régulièrement, du haut d’analyses techniques et scientifiques que cela provient du fait que les appareils sont remplis de haute technologie qui sont sensibles. Mieux, on nous dit que ces appareils sont bien meilleurs qu’auparavant et que cela a un prix qui n’est autre que l’obsolescence. Mais… … ce ne serait pas un peu nous prendre pour des gogos ?

Cela signifierait que les produits fabriqués aujourd’hui sont finalement moins bons qu’auparavant ? Cela signifie t-il que nos scientifiques, ingénieurs, chercheurs ne savent pas concevoir des produits capables de résister, fiables et durables ? Nos scientifiques sont-ils devenus mauvais ?

Bien sur que non ! Il n’aura en revanche échappé à personne que nous ne sommes pas dans une société ou la science et les technologies dominent absolument. Bien au contraire, elles sont reléguées au rang de simples services de l’ingénierie commerciale. Et c’est bien là qu’est l’os !

Le commerce : ennemi juré de la durabilité

Le commerce prospère sur le très simple objectif qui n’est autre que de faire croitre les rentrées financières (l'éthique consiste alors à savoir ce que l'on fait de ces bénéfices mais, là n'est pas le sujet du jour.) Pour cela, en ce qui concerne les produits de grande consommation, il importe d’être positionné sur un marché concurrentiel. Chacun aura peut-être entendu parler de l’histoire de cette boisson gazeuse, ultra présente un peu partout sur terre, qui a connu son véritable envol commercial dès qu’un concurrent est venu se positionner sur ce même marché. Coca-cola ne remerciera jamais assez Pepsi d’exister ! Il est indispensable d’avoir un point de comparaison pour démontrer qu’on est utile et meilleur. Et si on est meilleur, c’est qu’on est bon, donc qu’il faut nous consommer. Le marché est donc lancé.

Pour assurer la pérennité commerciale, il existe deux voies très simples : vendre à plus de monde ou vendre plus souvent (on pourrait ajouter vendre plus cher mais, cela induit vendre à moins de monde, sauf à être dans une position dominante, voire monopolistique, ce qui exclu l’analyse relative aux produits de consommation quotidienne). Pour vendre à plus de monde, il faut se faire connaitre (marketing et publicité, multiplication des points de distribution,…) ou multiplier les produits (recherche et développement, création d’option). Pour vendre plus souvent, il n’y a qu’une seule et unique solution : produire des produits à remplacer.

 

Le commerce de produits n’est donc pas très compliqué ! Pour faire une analogie au poil, on pourrait faire un parallèle avec l’épilation qui impose un retour sur l’ouvrage plus ou moins régulier mais certain Il en va de même pour les machines à laver qui sont au poil quand il faut les changer régulièrement !

Produits de qualité : marché aux gogos !

Afin de nous faire oublier cela, les fabricants proposent des produits présentés comme innovant, fournissant un service encore et toujours meilleur et même, nous faisant réaliser des économies !  On croit rêver… Et pourtant, que nenni ! Ce sont bien là les ressorts de la publicité et du marketing.

Ainsi, on nous vend des voitures qui sont formidables parce qu’elles ont des vitres électriques, des sièges massant ou un lecteur CD intégré au siège… Des machines à laver à programmation électronique… Des plaques chauffages à commande digitales ou encore des téléphones portables tellement légers que franchement, ne pas l’acheter serait ringard.

On nous vend aussi des ampoules révolutionnaires parce qu’elles durent longtemps, et consomme moins que les vieilles incandescences de 1000H au maximum. Quelle bande d’archaïques nous sommes de ne pas vivre high-tech ! Heureusement que les industriels sont là pour nous permettre de vivre mieux…  …et de consommer toujours plus.

 

Pourtant, a-t-on vraiment besoin que nos téléphones portables soient tellement légers ou souhaitons-nous plutôt qu’ils soient solides et puissent fonctionner longtemps ? Voulons-nous vraiment une machine à laver qui siffle la marseillaise ou préférons-nous une machine à laver qui lave correctement notre linge ? Une voiture avec vitre électrique irréparable en dehors d’un garage est-elle si utile qu’elle nous permettra de rouler en sécurité pour nous et notre environnement. Nous protégera t’elle mieux en cas de chocs ? Permet-elle également aux salariés de vivre dignement de leur travail ?

Un exemple scandaleux : les ampoules.

Nous avons tous vu disparaitre les ampoules à incandescence au profit (le mot est bien choisi) des ampoules LBC et même des ampoules LED qui commence à arriver très largement. Cette disparition des ampoules à incandescence est justifiée par le fait que celles-ci consomment beaucoup trop d’énergie par rapport à la lumière produite et parce qu’elles ne durent, en moyenne que 1000H.

Sur le premier point, c’est un fait, les ampoules à incandescence utilisent beaucoup de leur énergie pour produire de la chaleur. En effet, lorsque l’on touche une ampoule à incandescence en fonctionnement, on peut évidemment constater qu’elles sont chaudes. Environ 5% de l’énergie utilisée dans une ampoule à incandescence sert à l’éclairage et 95% est perdu en chaleur. Le rendement n’est donc pas terrible du tout ! Quand on sait que, à l’époque des ampoules à incandescence, en France, l'éclairage dans le secteur résidentiel représente 9% de la facture d'électricité, on comprend l’intérêt de changer la donne.

1000H de durée de vie… Ce n’est pas terrible puisque, pour 4H par jours, cela correspond à 250jours. Posons donc une durée de vie de 1 an environ. Convenons que, là encore, ce n’est pas terrible.

 


Maintenant, inversons le problème. Comment en effet pouvons-nous imaginer que la recherche et l’innovation mondial n’ont jamais pu concevoir des ampoules à incandescence capable de durée plus de 1000H ni même capable de produire un rendement meilleur que ce tout petit 5%... A l’heure où des hommes ont marché sur la Lune, où on envoie des satellites aux confins du système solaire, où on prétend maitriser l’énergie de l’atome, on ne serait pas capable de produire un câble métallique aux propriétés de résistance et de rendement thermoélectrique satisfaisant… Cela ne nous paraît pas crédible. Nous avons donc cherché un peu et, oh miracle, nous avons trouvé un document particulièrement troublant.


Le Cartel de Phoebus : partage et gestion du marché

L’ampoule à incandescence a été inventée par Swan en 1879 avant qu’Edison s’empare du sujet et en fasse un businesse. Cette ampoule est composée d’un filament de carbone, puis de tungstène enfermée dans une cloche de verre rempli d’un gaz inerte. Le filament est traversé par un courant électrique qui porte le filament à très haute température, ce qui produit la lumière. Ce filament se détériore lentement dans le temps ce qui provoque, d’une part l’opacification de la lampe et, à terme, sa rupture. La lampe est alors bonne à jetée.

 

Très rapidement, au tournant du XXème siècle, les travaux ont consisté à produire des lampes pouvant durer longtemps et produisant une lumière convenable et des brevets virent le jour, notamment ceux relatif aux lampes à longue durée de vie (à faible obsolescence). Très rapidement également, le business a pris le dessus au nom du simple fait commercial : un produit qui dure est une tragédie pour le business.

 

Ainsi, le cartel de phoebus a-t-il vu le jour le 23 décembre 1924 afin de stimuler le marché. Il a été convenu entre ses membres (philips osram, tungsram, général electric notamment) qu’il fallait limiter la durée de vie des ampoules pour favoriser leur remplacement et donc stimuler les ventes, les bénéfices et les actionnaires. Perversité d’entre les perversités, ce cartel prévoyait des sanctions contre les fabricants produisant des ampoules d’une durée de vie supérieure à 1500H…  Bien entendu, parmi les termes de cet accord figuraient également le partage du monde sous la forme d’une espèce de Yalta de l’ampoule à incandescence.

Ainsi, par ce groupement d’intérêt, de droit Suisse, les fabricants ont-ils volontairement limité le développement des lampes au profit du développement du marché. Au final, ils auront contribué à produire des quantités astronomiques de déchets (lampes usagers) et à consommer une énergie folle sans pour autant consacrer comme il se doit les fonds indispensables à l’amélioration du système. Ils en seront donc éternellement nos débiteurs.

LBC et LED : dignes héritières de cette perversité consumériste

La perversité de la gestion de l’obsolescence ne s’arrête pas là puisque ce sont ces même fabricants, leaders sans partage dur le marché mondial, qui aujourd’hui, à grand coup de lobby ont favorisé l’extinction des lampes à incandescence (en cours et achevée en 2015 avec les ampoules de 25w). Ils ont réussit à imposé leur disparition du marché au profit des ampoules fluo-compact (ou encore LBC pour Lampe à Basse Consommation). Ces LBC ont d’ailleurs profité d’une taxe anti-dumping de 66,1% sur les fabrications chinoises, vietnamiennes, philippines et pakistanaises qui a gonflé leur prix. Ainsi, sous couverts de protectionnismes, les fabricants du cartel de phoebus sont encore les grands gagnants et, au lieu de coopérer avec ces pays en vue de produire des lampes de bonnes qualités, dans des conditions sociales et environnementales responsables, le législateur aura préféré surtaxé. Traduisons : le législateur gonfle les prix, affaibli le pouvoir d’achat et enrichi les producteurs…

Les LED vont suivre le même chemin puisque, sous couvert d’économie d’énergie, le marché va être inondé de ces ampoules remplies de chimie et d’électronique qui, très concentré, sont très délicat (et très couteux) à recycler. Encore une fois, on va donc mettre la charrue avant les bœufs (ne parlons pas ici des consommateurs qui ne sont que des moutons aux yeux des producteurs, bien vissés dans leur fauteuils en cuir). Des millions de lampes, beaucoup plus cher que nos vieilles incandescence vont être produite et provoqueront une gestion de déchets très couteuse.

 


Nous n’avons pas les chiffres du coût sous forme d’analyse de cycle de vie (et personne ne les a, bien entendu) mais, si les nouvelles lampes consomment moins d’énergie pour produire de la lumière, il y a fort à parier que leur impact global (depuis la production au recyclage) sera plus couteux que celui des incandescences qui sont technologiquement assez simple à recycler.


Au final, le XXème siècle aura vu se développer une technologie formidable avant que les financiers ne s’emparent à leur profit pour enfin déboucher sur de nouvelles sources d’éclairage très lucratives mais sociétalement très couteuses. Un siècle pour rien… Pourtant, il eut été possible d’éclairer le monde d’une autre manière. Pour l’anecdote, il existe, dans une caserne de pompier, aux USA, une lampe qui brule depuis 110 ans… Une lampe à incandescence… Les 1000H sont allègrement dépassés.

Et s’il n’y avait que ça…

Bien entendu, nous n’avons parlé ici que des ampoules mais il en va de même pour notre quotidien dans son ensemble ! Nos anciens écrivaient avec des stylos à plume rechargeable quand nous utilisons des stylos à bille (très belle invention d’un point de vue technologique), produit à base de dérivés du pétrole et parfaitement… jetables. Nous l’avons déjà dis, les machines à laver, réfrigérateurs, congélateurs, voiture, voitures, téléphones, téléviseurs, lecteurs en tout genre,… tous sont aujourd’hui conçu selon des cahiers des charges intégrant l’obsolescence.

 

Face à cela, que peut faire un consommateur responsable… en réalité, peu et beaucoup. Peu car nous ne sommes pas en mesure d’imposer au producteur de ne pas nous prendre pour des truffe. En revanche, nous pouvons essayer de limiter les dégâts sur nos porte-monnaie en utilisant les produits le plus respectueusement possibles. Ne pas les pousser dans leurs limites et assurer leur entretien régulier sont les meilleurs guides possibles.

 

Cependant, nous tenons tout de même à pousser un cri, tout en espérant qu’il bénéficiera d’un écho. Nous demandons ainsi au pouvoir public, et aux instances internationales de se constituer force de proposition et d’imposer des cahiers des charges strictes aux fabricants sous peine de taxation :

  • - production localisée
  • - respect environnemental et social de la production
  • - investissements en recherche et développement proportionnel aux dividendes dans un rapport décent et valider par un comité indépendant, pluri-partenaires et équilibré dans sa composition
  • - obligation pour les industriels d’inscrire leur production dans une démarche d’amélioration continue de la production suivant les axes du développement durable : économie – environnement – social

 

Nous sommes clairement pris au piège du bon vouloir des industriels qui organisent l’obsolescence. Cependant, nous nous devons de leur rappeler que produire de la qualité produit de la confiance et nous les invitons à réviser leur jugement. Nous, consommateurs, ne sommes pas leurs ennemis mais leurs alliés objectifs puisqu’un service de qualité sera récompensé par des parts de marché en croissance (hum !!!! osez penser autrement qe du simple point de vue financier et court-termiste). Nous invitons dons les industriels à changer de cible dans leur viseur et à orienter leur production sur la qualité et la satisfaction des clients en produisant des produits meilleurs que leur concurrents. Ils n’auront que la surprise de réussir, d’innover et de susciter l’intérêt.

 

Nous invitons également les industriels qui se seraient perdu sur ce site à nous faire par de leur avis et de leur réflexion. Nous leur demandons également de nous démontrer que nous avons tord. Nous faisons d’ailleurs la promesse que, le cas échéant, après confrontation critique, nous publierons un bilan synthétique et honnête de cette confrontation et nous le diffuserons très largement. Alors, fabricants d’ampoules, de voiture, de casse-noix, de voitures, de machines à laver, nous sommes à votre écoute ! Et que dire de la mode (nous produirons un article à ce sujet très bientôt).

 

Nous vous invitons également à regarder cet excellent reportage :

 

Contactez-nous en écrivant à consommateurs.responsables@gmail.com et, rejoignez le mouvement pour une société foncièrement opposée au consumérisme triomphant, une société où le plaisir de consommer a un sens, une société où consommer n’est pas un but. Une société responsable.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 15:23

Tout le monde connait le bouclier fiscal, objet financier ouvertement destiné à permettre au plus riche de ne pas payer plus de 40% d’impôt. Sous le prétexte qu’il est nécessaire de ne pas trop ponctionner les très riches et de leur permettre d’investir, le gouvernement a décidé en 2007 de leur faire ce superbe cadeau. On se fiche clairement de nous puisque chacun sait que cette mesure n’a pas enrayé l’évasion fiscale ni n’a relancé l’investissement. Ce n’est qu’une lubie, un chiffon rouge agité depuis des années, sans réalité puisque l’investissement ne suit pas, contrairement à la spéculation aveugle au détriment des salaires et du développement d’une société qui se projette dans l’avenir. Le bouclier fiscal est une arnaque qui coute très cher à notre avenir.

 

Aujourd’hui, plusieurs députés proposent de mettre en place le bouclier rural. Destiné à pallier la faillite des politiques d’aménagement du territoire, il propose un projet législatif d’une dizaine de point destiné à redonner du sens à la solidarité territoriale via l’égalité d’accès aux services publics de santé (médecine générale à 20 minutes maximum de trajet automobile, maternité à 45 minutes, bureau de poste à moins de 20 minutes...), la remise en dynamique des partenariats entre collectivités, l’orientation des activités bancaires en faveur des PME et TPE, le développement de la couverture  numérique,… (pour plus d’informations, voir le site dédié). Portée par l’opposition parlementaire, cette proposition sera sans avenir dans la législature actuelle, retoquée par pure stratégie politique sous couvert d’arguments plus ou moins étayés. Son avenir sera surement labouré à grand coup de politique libérale.

Plus loin, plus beau, plus fort

Nous proposons d’aller plus loin que cette politique en faveur des territoires ruraux. Si nous partageons le constat de la paupérisation de ces territoires, nous ne pensons pas qu’il soit suffisant de proposer un plan dédié à leur sauvegarde a priori. Nous pensons au contraire que le regain rural passe par une véritable politique d’aménagement du territoire mettant en dynamique les territoires ruraux, semi-ruraux, périurbains, urbains,… Ne créons pas de déséquilibre des politiques mais organisons plutôt la solidarité par l’inextricable relation indissociable (et même « indissociale » - néologisme !) entre les territoires.

 

Nous proposons donc la mise en place d’un bouclier durable. Nous disposons de technologies formidables, de connaissances jamais égalées, d’expériences des politiques. Mettons cela en synergie pour définir une véritable politique d’aménagement des territoires et un politique profitable à chacun à chaque échelle.

Par l’absurde par exemple, nous pouvons tout à fait comprendre que la ville de Paris ne produira jamais de blé ou que les pécheurs de Boulogne sur mer ne développeront pas le maillage numérique du territoire. Autrement dit, nos territoires ont des spécificités et des atouts qu’il s’agit de favoriser, avec l’attention indispensable aux mutations permanentes de la société et de ses besoins.

Trois propositions

Incitation à la consommation responsable

Si nous partageons les propositions du bouclier rural, nous proposons d’y adjoindre une véritable politique de circuit-court par exemple mettant en relation étroite de collaboration active les territoires paysans avec les besoins citadins. Au travers de réseaux de distribution de proximité (voir ici l’intérêt de la démarche) alimenté par les producteurs locaux, il devient possible et rentable de maintenir et de diversifier l’activité paysanne, ce qui crée de l’emploi, de la diversité biologique, de la protection des territoires et de la biodiversité et du lien social et économique.

 

Nous proposons également une politique fiscale favorable à ces circuit-courts. En effet, vous savez que nous somme partisans de la suppression de la TVA (voir ici l’article exposant l’intérêt d’en finir avec cet impôt sur la consommation qui est injuste socialement et ne pousse pas à la qualité). Nous proposons la mise en place d’une « taxe qualitative » prenant en compte l’origine et la saisonnalité des produits ce qui permettra de relancer l’intérêt pour les produits locaux et de saison tout en participant au maintien d’activité paysanne sur nos territoires. Cette mutation que nous appelons de nos vœux impose également une éducation à la citoyenneté et la mise en place au sein de l’éducation nationale, de passerelle entre chacun. Comment peut-on encore tolérer, voire s’amuser (quel cynisme !) que certains enfants pensent que les poissons sont rectangulaire et pannés ! Comment se satisfaire que de nombreux foyer mange au soda ? Qui n’a pas vu le 16H30 dans les écoles où de nombreux enfants goutent de biscuits et de bonbons ? Celui-là serait choqué et mériterait une visite guidée.

L’éducation : comment s’en passer !

Voilà donc qui nous amène au second grand développement que nous proposons. L’éducation doit être l’une des pierres angulaire du bouclier durable. Il est intolérable de se satisfaire du positionnement consumériste des associations de consommateurs qui ne cessent de défendre la liberté de choix et de produits peu cher quant il s’agit d’éduquer au libre choix et de participer à une consommation de qualité et réfléchie. Leur responsabilité est énorme dans la faillite intellectuelle de la consommation, de la dénaturation de la nutrition, de l’acculturation généralisée ou encore dans la surconsommation prédatrice d’environnement, de lien social et de temps de cerveau disponible à l’éducation… Les politiques de relance de la consommation ont fait long feu et nous plongent dans le mur. Pourquoi ? Pour les raisons évoqués juste avant mais également parce que notre économie, dédiées à la production de biens et de services fonctionne à coup d’énergie et de ressources naturelles. C’est un fait. Pour fabriquer une voiture, un cahier ou un steak-frites, il faut de l’énergie, des métaux, du bois, de l’eau, des nitrates,… Cette situation nous conduit à la dépendance énergétique, à la dépendance des importations, à la prédation des milieux naturelles,… Ce n’est tout simplement plus possible. La mise en place de politique d’éducation en faveur du développement de l’esprit critique, de la connaissance des territoires et de la société sera l’une des garanties de la d‘une société responsable et pérenne.

Fiscalité : outil collectif incitatif

Nous en arrivons donc au dernier point puisque nous proposons de relancer l’économie de notre pays, non pas par l’abondement du budget national par la TVA (50% des recettes annuelles… On comprend bien ces politiques de relances par la consommation qui ne sont finalement que l’aveu d’un manque d’imagination), mais plutôt par l’abondement au travers de recettes responsabilisées. Revoyons tout d’abord les finances publiques en analysant de prêt les gabegies exposées régulièrement par la cours des comptes et mutualisons à l’échelle ad-hoc certains services (quel est la logique d’une administration délimités par des lignes tirées sur des cartes en papier quant il s’agit de la distribution du courrier, de la gestion des réseaux d’eau ou de déchets ou encore de l’accès à l’école ?).  

Imaginons des politiques non pas basées sur le toujours plus de recettes mais sur le moins de dépenses induites.

Nous savons bien que certains produits, certain comportement ou certaines activités ont un bilan social négatif (production de plus de nuisance que de satisfaction). Comment, par exemple justifier la production de quantité astronomique de viande de bœuf ou de lait qui mène au surplus quand on sait qu’une viande rouge par semaine suffit (nous ne sommes plus des hommes préhistoriques !) ou que la production laitière est une filière en faillite complète (les producteurs perdent d’autant plus d’argent qu’il produisent plus de lait, étranglés qu’ils sont par les centrales d’achat surpuissantes et par le manque de perspectives) ? Comment justifier les extractions imminentes de gaz de schistes pour produire, toujours plus de CO2, de danger de microséismes, de contamination des nappes d’eau. Comment justifier la publicité pour les voitures quand, dans le même temps, les transports en commune ne sont pas cohérents et, les pots d’échappement de plus en plus nombreux ? Pourquoi taxer autant le conducteur de la Creuse ou de la Lozère qui n’a pas le choix et le francilien qui peux décemment faire en 30mn son trajet ? Comment également blâmer le francilien qui prend sa voiture pour faire 1H de trajet quand les transports en commun parisiannocentrés ne lui offrent que 90mn de promiscuité et d’insalubrité ?

Fin 2010, la norme ISO 26000 a été lancée, relativement à la responsabilité sociétale. Il serait en réalité temps de mesurer le rapport positif/négatif des activités et de les taxer en fonction de cette indicateurs. Nous savons bien que ces indicateurs sont changeant aussi, nous proposons, pour chaque filières industrielles par exemple, la mise en place, en fonction des connaissances du moment, de tableaux de bord des impacts, permettant de définir cet indicateur positif/négatif. On peut imaginer, par exemple l’utilisation des données telles que le montant des subventions reçus, le montant des investissements, le nombre d’emplois, la répartition des salaires, le nombre d’hommes et de femmes employées, les origines géographiques des produits utilisés, les quantités de déchets générées, les volumes d’eau et d’énergies économisées d’une année à l’autre,…

La consommation responsable n’est pas que possible. Elle est indispensable

Il n’est pas impossible de construire une société qui imagine son avenir ou qui, à défaut, se donne les moyens devoir émerger ses perspectives.

Si nous soutenons l’initiative du bouclier rural, nous pensons qu’il mérite une autre envergure en embrassant l’ensemble de la société. La mise en place d’un bouclier durable permettra de quantifier les efforts et la responsabilité sociétale de chacun et d’orienter production et consommation en faveur de pratiques profitable à chacun. Ce plan doit s’accompagner de mesure forte en faveur de l’éducation permettant notamment de développer l’esprit critique de chacun et la réflexion quant au comportement et aux conséquences.

 

Nous souhaitons ardemment que le bouclier fiscal soit oublié, et avec lui l’ensemble des politiques reposant sur la consommation car elle ne mène qu’à la prédation environnemental et sociale. Nous souhaitons une réorientation des sources de recette de l’état à partir des activités les moins sociétalement-compatible. Aurons-nous la grandeur de réaliser qu’il est urgent de relancer, non pas la consommation, mais plutôt l’aménagement des territoires géographiques et sociaux ? Nous le souhaitons.

 

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Published by conso-responsable - dans Consommation
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