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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 15:48

L'achat de télévision étant toujours boosté à l'occasion des jeux olympiques et des championnats internationaux de football, nous allons publier un nouveau billet relatif aux téléviseurs, mis à jour. A vous de le diffuser lors de sa prochaine sortie !!

 

Ce billet a été gracieusement rédigé par Philippe Maison

 

Chaque jour, les français regardent, en moyenne, 3 heures 32 minutes de télévision. Sachant que celles-ci restent plus la plupart en veille quand elles ne sont pas en marche (merci les télécommandes !), on imagine tout de suite que ce comportement n’est pas anodin. Ne nous attardons pas ici sur  les considérations d’abrutissement de certains programmes ou sur les conséquences sanitaires du simple fait de se lover dans un fauteuil pour mirer la boite à images (voir, par exemple, l’effarent rapport de 2011 produit par l’université de Brisbane sur la relation entre télévision et longévité). Intéressons-nous à l’aspect économique et notamment à la consommation d’énergie et à l’étiquette énergie.

 

Bonne nouvelle, l’étiquette énergie devient obligatoire pour tous les téléviseurs en vente à partir du 1er janvier 2012… Enfin… Est-ce vraiment une bonne nouvelle…

 

L’idée sous jacente à l’étiquette énergie relative au téléviseur provient de l’incroyable source d’économie d’énergie possible sur ce simple poste de consommation. La Commission Européenne estime en effet que la télévision représente environ 10% de la facture d'électricité moyenne des ménages. Effectuons donc une plongée dans cette étiquette et analysons comment elle est calculée.

Comme le stipule la réglementation européenne (voir le Règlement 1062/2010 de la commission du 28 septembre 2010), l’étiquette énergie est attribuée au téléviseur en fonction de son Indice d'Efficacité Energétique (appelons le IEE), lui même calculé suivant un simple opération faisant intervenir la surface de l’écran, sa puissance en marche (sous certaine condition de fonctionnement, notamment de durée journalière) et une variable de peu d’influence (appelée Pbasic) rendant compte de la présence ou pas de disque dur ou de plusieurs récepteurs. Une fois l’IEE calculé, il suffit alors de comparer avec les seuils fixés par la Commission Européenne pour savoir quelle est l’étiquette énergie des téléviseurs.

 

Je me suis livré à une analyse de plus de 300 téléviseurs disponibles dans le commerce en calculant notamment, pour chacun, l’étiquette énergie et en procédant dés lors à plusieurs analyses en fonction notamment de leur taille et de leur prix. Je ne livre pas ici l’ensemble des résultats mais la simple analyse amont relative à l’étiquette énergie. Bien entendu, j’ai comparé les étiquettes énergie que j’ai calculées moi-même (en suivant scrupuleusement les indications réglementaires de la commission Européenne) avec celles déjà disponibles sur des appareils du commerce. J’ai trouvé les mêmes résultats que ceux affichés, ce qui me permet de valider ma méthode, d’affirmer que mon calcul de l’étiquette énergie est correct et, de vous proposer la réflexion ci-dessous.

 

Le plus intéressant commence en effet maintenant. L’IEE correspond au rapport entre la puissance du téléviseur en marche et une puissance composite correspondant à la somme de cette variable peu influente Pbasic avec le produit de la taille de l’écran par 4,3224. On peut donc écrire IEE = P / (Pbasic + 4,3224 x Taille). Pbasic varie entre 15 et 28.

 

J’ai utilisé ma base de données pour analyser le rapport entre la puissance et la taille des écrans afin d’estimer la qualité de ce fameux 4,3224 Watt/dm². Quelle mauvaise blague ! En réalité, malgré un classement en 4 catégories d’écran (je ne voulais pas mélanger les petits et les grands écrans, ce qui auraient pu biaiser les résultats), je n’ai trouvé cette valeur de consommation surfacique que pour les téléviseurs de catégories supérieures ou égale à D ou E. Autrement dit, l’IEE est évaluée par rapport à des téléviseurs plutôt mauvais. Le plus grave est qu’en surestimant cette valeur, cela revient à sous-estimer la valeur de l’IEE et, par ricochet, à surestimer les étiquettes énergies. Il n’y a pas grande gloire à comparer des téléviseurs à une référence médiocre. Quelle étrange façon de voir le monde où la Commission Européenne préfère la posture « c’est mieux que si c’était pire » plutôt que « ça progresse en visant le meilleur ».

 

Autre inquiétude, on constate tout de suite que, à puissance égale, un écran de grande taille proposera un IEE meilleur qu’un écran de plus petite taille. Quand on, sait qu’il est moins couteux pour un fabricant de produire un écran de grande taille qu’un écran qui consomme moins, on se demande ce qui a bien pu piquer la Commission Européenne pour valider un tel modèle de calcul. Celui-ci ne pousse aucunement à faire progresser les industriels vers des téléviseurs qui consomment moins mais, bien au contraire, les incite à produire des écrans de plus en plus grands. Et comme cela ne suffit pas, un rapide détour chez un marchand de téléviseurs confirmera que les grands écrans sont plus chers que les plus petits.

 

Bilan des courses, les téléviseurs vont afficher, dès le 1er janvier 2012, une étiquette énergie qui reflète non pas une recherche de la moindre consommation, mais qui s’inscrit en revanche dans une dynamique de croissance de la taille des écrans. Avec des prix qui grimpent avec la taille de l’écran, les consommateurs semblent donc bien être doublement les dindons de la farce en croyant d’un côté acquérir un produit qui correspond à une aspiration économique (si ce n’est écologique) et de l’autre en payant le prix pour cela. Deux promesses illuminées par l’étiquette énergie qui se soldent finalement par deux désillusions.

 

J’arrête là cet exposé pour vous permettre de le digérer et de vous poser les questions de la pertinence de cette fameuse étiquette énergie. Bien entendu, il est fondamental de pouvoir disposer d’une information relative à la consommation des appareils mais, il est tout aussi indispensable que cette information soit soumise à contradiction. De même, il serait judicieux de produire une information permettant de comparer les coûts à l’usage des appareils. On peut comparer le prix au kilo des tomates ou du riz mais il est impossible de connaitre le prix au kilowatt consommé pour une télévision ? Ce calcul est pourtant faisable simplement et extrêmement instructif, ne serait-ce qu’en recourant à une utilisation moyenne de 3heures et 32minutes par jours au prix du kwh moyen.

Il est clair également que l’étiquette énergie affichée sur les téléviseurs n’est pas réellement faite pour les consommateurs mais qu’elle permet au contraire de légitimer une course mercantile à la taille des écrans qui va de paire avec une hausse des prix de vente quand il s’agirait de faire diminuer drastiquement l’usage de la télévision et sa consommation.

 

Et le prix dans tout ça ? J’ai poussé cette étude de plus de 300 téléviseurs en croisant les informations sur les prix, les tailles, les consommations et les étiquettes énergies affichées. Bien entendu, il y a de très forts impacts, ne fut-ce que parce que l’étiquette énergie de tient pas compte du coût d’usage des téléviseurs !

 

Je ne sais pas si les consommateurs ont passé de bonnes fêtes de fins d’années mais, une chose est certaine, les distributeurs et les fabricants de téléviseurs vont passer une excellente année 2012.

 

Retrouvez également cet aerticle sur l'excellent site des eco-sapiens en cliquant ici.



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Published by Philippe Maison pour Conso Responsable - dans Energie
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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 09:39

Cette article présente le contexte de la crise actuel relative au gaz de schiste, depuis leur apparition jusqu'aux problématiques actuelles de mise en production.

 

 

Energies de stok ou énergies de flux... That is the question... Consummer notre avenir ou le construire... Tout casser ou tout construire... Rentier ou innovateur... Egoïste ou altruiste...

 

Autant de question qui feront de nous les promoteurs d'un avenir durable ou d'un avenir inscrit dans son passé.

Reconnaissons-le, il y a quelques mois encore, bien peu de monde connaissait les gaz de schiste. En dehors du pétrole, du charbon et du gaz naturel, nous pensions avoir fait le tour des hydrocarbures. Certes le Canada nous avait alerté avec le pétrole bitumineux mais les gaz de schistes… Et pourtant, comme les autres produits fossiles, leur présence est une évidence. Tout comme le fait qu’un jour ou l’autre, il y aurait l’idée farfelue de les exploiter. Pourtant, nous n’avons rien vu venir, focalisés que nous sommes tous sur les ressources de matières fossiles traditionnelles et sur l’alternative des renouvelables.

 

Il y a des millions d’années, la Terre n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Nous ne parlons pas l’existence de millions de voitures, des milliards d’habitants, de machines à laver ou de courses de Formule 1. Non. Il s’agit plutôt de la propre surface de la Terre, de la forme des continents et de la vie qui y foisonnait. Les dinosaures, qui ont disparu il y a environ 10 millions d’années nous ont laissé quelques ossements fossilisés qui n’ont permis de découvrir leur existence qu’à partir du XIXème siècle. La végétation, elle, nous a laissé bien d’autres traces. Outres des traves de végétaux fossilisés, des matières végétales se sont, par endroit, accumulées, accompagnées éventuellement de déchets du type plancton, puis se sont retrouvées piégées par des couches de sédiments où elles ont maturé et se sont transformées, petit à petit en pétrole, en gaz naturel ou les deux. D’autres matières végétales se sont accumulées dans des zones pauvres en oxygène (comme les tourbières par exemple) où leur dégradation a été très lente, permettant au sédiment de les recouvrir puis de les enfouir, à grand coup de millions d’années. Environ 300 pour être précis puisque ce processus date du carbonifère, ère géologique qui a vu débuté la formation du charbon que nous utilisons donc aujourd’hui. Il existe d’autres sources d’hydrocarbures, bien entendu, telles que les sables bitumineux qui sont un mélange de sable, d’eau, d’argile et de pétrole.

Revenons au pétrole. Une fois piégé dans les sédiments, il va, en général, s’échapper de la couche d’argile qui l’emprisonne pour aller se blottir dans une zone plus spacieuse, plus poreuse et situé moins profondément puisque le pétrole est plus léger que l’eau et donc n’a aucun mal à se hisser à l’étage supérieur. On parle, dans ce cas de ressources conventionnelles, celles qui font le bonheur des émirs, de nos voitures et qui ont très largement modelé le XXème siècle. Il existe également des contextes où le pétrole ne parvient pas à s’échapper et reste coincé dans ces petits pièges, faute de failles par exemple permettant de migrer vers de plus grands appartements. Dans ce cas, on le comprend bien, il ne se forme pas de grande nappe comme ce peut être le cas dans d’autres contextes géologiques. Il s’agit dans ce cas d’une ressource non conventionnelle, qui est d’ailleurs surtout non conventionnelle parce qu’elle n’est pas pratique à exploiter. C’est ressource, si pénible parce que dispersée, a été baptisée en fonction de son contexte géologique. Il s’agit des gaz de schistes, ou encore des huiles de schistes ou des pétroles de schiste. Quoiqu’il en soit, pétrole, gaz ou huile, il s’agit bien d’un hydrocarbure piégé dans un sol peu poreux et ne se présentant donc pas sous forme d’une grande nappe si facile à exploiter en faisant un petit trou.

 

Dès lors l’exploitation de ces gaz de schiste est très différente de celle du pétrole, du charbon ou du gaz. Si pour le pétrole ou le gaz, il suffit en général de creuser et de faire remonter par un jeu de pression, le charbon lui, bien solide, se fait désirer et doit être exploité à coup de pelle, pioche, tractopelle ou autres engins de chantiers permettant de creuser, creuser et creuser encore dans des mines souterraines ou à ciel ouvert. Le gaz de schiste, pour être exploité doit avant tout être localisé, ce qui impose la mise en activité d’analyses géologiques débouchant sur des campagnes de prospections. Celles-ci s’organisent alors assez simplement. Le gaz de schiste dont on suspecte la présence se situe à des profondeurs de plusieurs milliers de mètres qu’il suffit d’atteindre en pratiquant un forage. Ensuite, rappelons-nous que ce gaz de schiste n’est pas en nappe parce qu’il n’est pas dans un endroit suffisamment poreux. Il faut donc aller le chercher, en profondeur, en faisant des trous (des forages) très profond. Si du gaz de schiste est effectivement découvert alors, l’exploitation peut commencer. Il suffit de ramasser la mise en contemplant le superbe trou mis en place. Pourtant, celui-ci ne durera  pas bien longtemps du fait que la ressource n’est justement pas en nappe. Il faudra donc faire un nouveau forage ou organiser un réseau de forage souterrain…

 

Tout n’est pas si simple. Ces forages ne sont pas aussi simples à faire qu’un simple trou dans le sable. On ne va pas à 5000m avec la même facilité qu’à 25cm dans le sable… Ce sera alors à grands coups de foreuses mécaniques (qui ne sont évidemment pas branchées sur le secteur et qui consomment donc de l’énergie. Beaucoup d’énergie) et d’un cocktail de produits chimiques plus ou moins recommandables que les profondeurs convoitées seront atteintes. Là, la roche doit libérer la ressource emprisonnée d’où les fracturations (qui sont assimilables à des micro-séismes, à la seule différence qu’ils n’ont rien de naturel), l’utilisation de très grandes quantités d’eau mêlées à des produits chimiques et permettant notamment de faciliter la dissolution des roches et donc la récupération des gaz.

 

Au final, cette exploitation nécessite la mise en place d’un attirail industriel transformant les paysages en un champ de forages assez laids mais indispensables pour accéder à une ressource si dispersée. Quant aux micro-séismes ils ne sont pas sans danger, tant au niveau de la géologie profonde que de la surface. Enfin, l’utilisation de nombreux produits chimiques pose de grosses questions puisque si en théorie le forage est étanche jusqu’aux profondeurs souhaitées, un incident implique une contamination immédiate du sol, voire des nappes. Tout aussi grave, l’injection de produits chimiques en profondeur, directement dans une roche fracturée n’exonère aucunement de contamination de nappes par exemple. Enfin, l’injection d’eau à très grande profondeur pose elle aussi question puisque, non seulement il est acquis pour tous que l’eau est un bien précieux à préserver, mais il se pose également la question de la contamination des nappes profondes avec de l’eau de surface qui n’est pas forcement exempte de tout soupçon.

 

Cette exploitation qui fait tant de bruit dans les médias actuellement doit être replacée dans son contexte énergétique. Nous somme en effet devant une alternative. D’un côté, nous pouvons envisager l’évolution de notre rapport à l’énergie, depuis la production jusqu’à la consommation, en passant par la distribution. Cela signifierait consommer moins, rapprocher la production de la consommation, passer d’une production à base de stocks (pétroles, gaz de schistes, gaz, charbon notamment) vers une production en flux (solaire, éolien, marémoteur, hydraulique,…)… D’un autre côté, nous pouvons privilégier les modèles industriels que nous maîtrisons pour produire dans des conditions les plus similaires possibles de nouvelles ressources telles que celles qui aiguisent les convoitises dans l’Arctique, au large du Brésil, ou dans les profondeurs de nos sols…

 

Les gaz de schistes, qu’ont le veuille ou pas, ont un impact indéniable sur la beauté de nos paysages. Les États-Unis, déjà très avancés sur cette exploitation ont vu fleurir sur leur territoire des champs de forage qui ont dénaturé les paysages, saccagés les ressources et provoqués des désastres humains. En France, contrairement aux États-Unis, le sous-sol n’appartient pas au propriétaire du foncier de surface. De fait, personne ne peut décider seul de se lancer impunément dans l’exploitation de son sous-sol qui est Res Communis. De fait, nous sommes donc bel et bien devant un choix de société qui nous oblige à réfléchir sur notre rapport à l’énergie. Finalement, d’alternative il n’y a pas. Énergies renouvelables, efficacité énergétique, réseau intelligent, rapprochement entre production et consommation… Nous n’avons pas réellement le choix. Ce passage d’une énergie de stocks à une énergie de flux, d’une énergie épuisable, à une énergie renouvelable impacte également les choix concernant la filière nucléaire qui, elle aussi est inscrite dans cette logique de stocks (puisque nous n’avons jamais réussi à faire fonctionner SuperPhénix et ce rêve un peu fou d’une énergie infinie, bien que réalisable en théorie, sur le papier).

 

Le gaz de schiste a violemment ramené la France à un débat dont personne n’a réellement voulu s’emparer pendant plusieurs décennies. Aujourd’hui, nous y sommes et nous devons envisager une nouvelle alternative entre subir cette situation ou l’investir et la maîtriser.

Les gaz de schiste ont débarqué en France et en Europe depuis quelques mois. Outre-Atlantique, là ou le sol appartient au propriétaire foncier (contrairement à la France) la levée de boucliers a déjà eu lieux et est parfaitement illustrée par Gasland le documentaire de Josh Fox. Visible dans quelques salles ou gratuitement sur internet, il dresse un tableau clair de la réalité de l’exploitation et notamment des ravages sociaux et environnementaux qu’elle provoque. Les témoignages que présentent l’auteur sont si poignants qu’il est impossible, après l’avoir visionner, de soutenir objectivement ces exploitations.

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 20:48

 

Le saviez-vous ? Non, bien sur ? Pourtant, il est clair que le CO2 nous pollue la vie au quotidien à grand coup de pots d’échappement, chauffage et autre combustion et déforestation. Malgrè cela, aux yeux de la loi, le CO2 n’est pas un polluant. Notre beau pays de France, le champion des Grenelle, suit la concentration des polluants dans l’air mais ne pratique aucun suivi du CO2 dans nos villes. Evidemment, la loi ne le considère pas comme un polluant.

Que dit la loi ?

Le code de l’environnement parle de pollution ou d’atteintes à l’environnement. Ou plutôt au Res Communis (le bien commun) que constitue le patrimoine environnemental. Dans ce contexte, la pollution s’appréhende comme une atteinte au patrimoine commun environnemental, c'est-à-dire une atteinte sur « les espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, la qualité de l'air, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent ». Pour plus de précision, relativement à la pollution atmosphérique, l’article L220-2 du Code de l’Environnement précise : « Constitue une pollution atmosphérique au sens du présent titre l'introduction par l'homme, directement ou indirectement ou la présence, dans l'atmosphère et les espaces clos, d'agents chimiques, biologiques ou physiques ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives. »

La mise en évidence d’une pollution de l’air nécessite donc qu’il y ait une émission par une activité humaine d’un produit dans un milieu et que cela entraine des conséquences préjudiciables. Ce n’est donc qu’à partir de la constatation du caractère préjudiciable que l’on peut clairement parler de polluant. Ajoutons que sont exclus du champ de la caractérisation de pollution les événements extraordinaires du type catastrophes naturelles, guerre,…


Autre point très intéressant, le législateur a jugé utile d’apporter une précision dans son article L161.2, qui concerne les dispositions communes à la prévention et la réparation de certains dommages causés à l’environnement. On peut ainsi lire que son exclus du champ d’application les dommages « causés par une pollution à caractère diffus, sauf si un lien de causalité entre les dommages ou leur menace et les activités des différents exploitants est établi par l'autorité visée au 2° de l'article L. 165-2, qui peut demander à l'exploitant les évaluations et informations nécessaires ». Ainsi, si une pollution diffuse est constatée, le législateur ne prévoie de s’en soucier qu’à partir du moment où celle-ci entraine une atteinte ou une menace d’atteinte à l’environnement et qui peut être liée par un effet de causalité… Voilà qui est en contradiction complète avec le principe de précaution introduit dans la Constitution française par la Charte de l'environnement (2005) ! Cela est d’autant plus dommageable que le caractère diffus d’une pollution est très discutable. Un pot d’échappement produit une pollution localisée que les masses d’air et l’aérologie se charge de diffuser. Alors diffus ou pas ? À notre avis, il ne s’agit clairement pas d’une pollution diffuse mais bien d’une pollution que le milieu se charge de diffuser. Un pot d’échappement (et donc le véhicule dans son entier) est donc coupable d’émission de polluants et relève donc du principe pollueur/payeur sur lequel nous reviendrons dans quelques jours. D’ailleurs, on pourrait tout à fait imagine une coloration des gaz d’échappement (en s’assurant de son innocuité totale) afin de rendre visible cette pollution quotidienne et scandaleusement négligée.

La surveillance de la qualité de l’air est organisée en France par la loi, comme on peut le lire dans le code de l’environnement. Celle-ci est suivie à l’échelle des territoires par des organismes agréés (donc reconnues par l’état et recevant des subventions pour effectuer cette mission, sauf les études qui sont réalisée par l’ADEME) et la qualité de l’air est ensuite représentée sur une simple échelle, « la girafe ATMO ». Ne rentrons pas plus dans les détails. Les organismes en charges du suivi de la qualité de l’air ont mission d’information et d’alerte. Ils doivent pour cela assurer le suivi d’éléments bien précis et scrupuleusement indiqués dans l’article R211-1 du Code de l’Environnement. Il s’agit du dioxyde d’azote, des particules (PM10 et PM2,5), du plomb, de l’ozone, du monoxyde de carbone, du benzène, des métaux lourds (arsenic, cadmium, nickel) ainsi que des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques). Rien de plus !

CO2 : le grand absent !

On le note immédiatement, le CO2 est absent ! Pourtant il est au centre de passions et de controverses, il est responsable de 55% des impacts sur l’effet de serre et se maintient environ 100 ans dans l’atmosphère. Il est de plus en plus présent dans l’atmosphère (augmentation de 25% depuis 1850), ainsi que dans les océans où il a été mesuré que ceux-ci ont absorbé 30% de CO2 supplémentaires par rapport à ce qu’ils faisaient il y a encore une dizaine d’année.

Le CO2 qui nous entoure provient essentiellement du secteur du logement (chauffage, cuisson, eau chaude) et des transports (moteur thermique à base d’énergie fossile : essence, gasoil, GPL,…).

Pourtant, le suivi des émissions et des concentrations de CO2 dans l’atmosphère n’est pas encadré par notre législation. L’excuse (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit !) qui est mise en avant est simplement que l’on ne connait pas la valeur de référence qui pourrait permettre de proposer un seuil d’atteinte à l’environnement…. C’est un fait, les études scientifiques convergent vers une évolution des concentrations de CO2 dans l’atmosphère à la hausse et à la baisse. Il monte, il descend, il remonte puis il redescend, en fonction de la machine climatique, de l’activité terrestre, solaire, océanique,… Nous reconnaissons bien volontiers que la concentration de CO2 n’est pas une constante. Mais pourtant, celle du monoxyde d’azote non plus ! Ni même celle des HAP, de l’ozone ou des métaux lourds ! Nous réfutons donc l’argument de la méconnaissance de la concentration de référence puisqu’il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures dans la prise en compte des polluants. Pourtant, la loi est ainsi faite pour le moment.

Autre argument avancé, l’innocuité du CO2 sur la santé. Certes, nous admettons, à la lecture des nombreuses études sur ce sujet qu’une petite variation de concentration de CO2 ne tue pas… Nous avons tous fait quelques pas le long d’une artère urbaine surchargée en voitures et nous n’en sommes pas morts. En tout cas, nous n’en sommes pas morts instantanément. Cependant, de nombreuses études (au Canada par exemple) démontrent clairement que la concentration de CO2 influence fortement notre humeur qui devient plutôt mauvaise dès que la concentration s’élève un peu trop, ce qui est le cas, par exemple dans un pièce close où, de nombreuses personnes passes 6, 7, 8, 12 heures par jours… L'Institut Pettenkoffer note, par exemple qu’une chambre non aérée peut présenter des concentrations de l’ordre de 5000ppm. Ce même institut a mené une étude qui atteste que pour une concentration en C02 de 1000 ppm, il n’y a aucune sensation particulière alors qu’à 2000ppm, la sensation est nettement incommodante. Imaginons la qualité du sommeil à 5000ppm… Une étude rendue public en février 2011 par l’Institut de Veille Sanitaire (organisme institutionnelle, donc, non suspect d’environnementalisme forcené) dans l’agglomération d’Angers avoue, à l’échelle de ce territoire qu’il y a, tous les ans, du fait de la pollution urbaine, 33 décès, 14 admissions à l’hôpital pour troubles respiratoires et 20 pour motif cardio-vasculaires chez les adultes de 65 ans et plus. Tout n’est pas du au CO2, bien entendu mais convenons qu’il y a là de quoi s’inquiéter. Et ce ne sont pas des paroles en l’air puisque cette étude note également que des « effets sanitaires apparaissent malgré de faibles niveaux de pollution qui respectent les objectifs de qualité ». Cette étude angevine n’a aucune raison de ne pas être valable ailleurs en France ou dans le monde…

Plus encore, la pollution se caractérise notamment par le fait qu’elle implique une dégradation du patrimoine environnementale. Certes, l’atmosphère n’a pas de nationalité, mais cela ne doit pas nous exonérer de la responsabilité de sa préservation. D’ailleurs, le code de l’environnement (heureusement !) ne limite pas les atteintes à l’environnement au simple contexte territorial français. Il est en outre clairement admis (l’Académie des Sciences elle-même le reconnait) que l’effet de serre est aggravé du fait du CO2. Il y a donc clairement une atteinte à notre environnement. C’est ce qu’on appelle donc bien une … pollution.
Pourquoi alors la Loi oblige-t-elle les fabricants d'automobiles à afficher les émissions de CO2 sur tous les supports commerciaux. La règlementation à ce sujet débute par la directive européenne 1999/94/CE du 13 décembre 1999 concernant la disponibilité d’informations sur la consommation de carburant et les émissions de CO2 à l’intention des consommateurs lors de la commercialisation des voitures particulières neuves. Elle a été transposée en droit français dans le Décret n°2002-1508 du 23 décembre 2002. Les modalités d’application de ce décret sont fixées dans l’Arrêté du 10 avril 2003 du même nom. Cette Directive arrive deux ans après la signature du Protocole de Kyoto. Y-aurait-il un alors lien avec le dérèglement climatique ? Pourquoi cette affichage si le Co2 n’est pas considéré comme un polluant ?

Dans la même veine, pourquoi organiser un marché carbone alors, si le CO2 n'est pas un polluant (voir notre article « Le marché carbone : marché de dupe »).

Qu’attendons-nous ?

Le CO2 est bel et bien à l’origine d’atteintes à l’environnement. Il est donc un polluant. Cependant, il n’est aucunement suivi et ne participe pas à l’évaluation de la qualité de l’air (qui d’ailleurs pourrait être largement critiqué, ne serait-ce que du fait de la position des capteurs, ou des seuils d’informations et d’alerte). Aucun suivi, ne serait-ce que de l’évolution des concentrations n’est faite à l’échelle des agglomérations. Comment, dans ces conditions peut-on imaginer sensibiliser chacun ? Pire encore, comment responsabiliser ? On peut donc légitimement se poser la question d’une telle lacune dans la mesure alors que celle-ci est tout à fait réalisable ! Attendra t’on que l’air soit saturé et que nous devenions tous belliqueux ou simplement très agressifs pour qu’enfin, on se soucie du CO2 dans nos villes ?

Au lieu d’agir à l’amont en commençant par mesurer, on voit donc se multiplier les opportunités du type bonus-malus, qui n’incite aucunement à modifier son rapport au déplacement, ou analyses de cycle de vie (ACV) qui prennent un temps fou pour ne donner des résultats que sur des filières. Il existe pourtant des méthodes plus globales qui pourraient être mise en avant, développées et améliorées au fur et à mesure de l’acquisition de connaissance Au lieu de cela, les ACV se sont vulgairement vautrées dans une économie de marché concurrentielles. L’industrie s’est quant à elle organisée autour des quotas d’émission dont nous avons déjà évoqué le scandaleux détournement financier dans notre article « Le marché carbone : marché de dupe »

 

Nous demandons expressément que le CO2 soit reconnu comme polluant et que soit mis en place dans les plus brefs délais un suivi des concentrations. Cela peut être réalisé très simplement sur les mêmes territoires que ceux déjà dédiés à l’analyse de la qualité de l’air (voir la liste dans le code de l’environnement, à l’article R221-2). Par ailleurs, nous estimons fondamental que soit mise en place une cellule public d’information carbone regroupant les informations relatives aux concentrations, à l’impact sanitaires, à l’état des connaissances et permettant également à chacun de maitriser les enjeux du carbone et de la décarbonation nécessaire de notre économie.

 

Si, vous aussi, vous estimez qu’il n’est pas logique que le CO2 qui pourtant porte atteinte à notre environnement, ne soit pas classé comme polluant. Si vous pensez que le CO2 doit être suivi au quotidien et que cette évolution doit être visible et connu par chacun. Si vous avez des remarques, des exemples, des critiques à nous faire, n’hésitez pas ! Et, bien entendu, n’oubliez pas de rejoindre notre combat. Il importe que nous soyons nombreux, réunis et fédéré pour mener à bien notre combat pour une consommation responsable. Rejoignez-nous !


Contact : consommateurs.responsables@gmail.com

 

Cette article est cosigné par Philippe Maison pour Conso-Responsable et par l'association Respire

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 15:39

Depuis le 8 mars, il n’est plus possible de recevoir la télévision par voie hertzienne. Adieu râteaux sur les toits, images brouillées et autres câbles disgracieux qui courent dans les salons ! Maintenant, pour regarder la télévision, il suffit de s’équiper d’un décodeur TNT et de le relier à la télévision. Très simple…

Et pourtant… Une fois encore, c’est l’environnement qui passe à la caisse sur le mode classique du très peu d’impact individuel pour une grosse conséquence collective. Voyons ça de plus prêt.

Un petit calcul très instructif…

Nous avons fait un petit calcul de coin de table qui permet tout de même de tirer des informations très intéressantes, ne serait-ce qu’en ordre de grandeur. Prenons donc un décodeur TNT qui consomme 20W en marche et 4watt en veille. C’est assez classique. Imaginons maintenant que ce décodeur est utilisé 4H par jour pour accéder au programme télé et, le reste du temps, il reste en mode veille…

Cette situation est assez banale est très représentative.

 

A partir d’un coût du kWh d’électricité à 0,12€, nous pouvons maintenant compiler tous ces chiffres et calculer pas mal de choses…

Qu’en est t-il pour les ménages ?

Regarder la télévision coutera donc, à partir du moment où le décodeur TNT est installé, quasiment 4€ par an.

Ce n’est certes pas grand-chose individuellement, mais, si on replace ce chiffre dans le contexte du nombre de décodeurs installés (c'est-à-dire, grosso-modo, en fonction du nombre de postes de télévision), on en arrive à une facture collective astronomique qui va, bien entendu, dans la poche des fournisseurs d’électricité. Autrement dit, cette dépense qui est imposée aux consommateurs, permet au final une rente annuelle substantielle pour les fournisseurs d’électricité. De fait, il y a beau jeu à proposer une aide à l’équipement pour regarder la boite à blabla… Ce qu’on nous octroie majestueusement d’un côté, est repris tout aussi majestueusement de l’autre…

 Et nous ne parlons pas ici des hausse des tarifs de l’électricité, des débats acharnés contre l’effacement (qui permettrait aux consommateurs de réaliser des économies tout au long de l’année), ni même des arguments plus ou moins avérés quand au marché, au réseau ou autre provision qui sont censés justifier les hausses de tarifs ou les baisses de tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque par exemple….

TVenergie

 Là encore, les consommateurs jouent bien leur rôle de vache à lait…

 

Et tout ça, collectivement a bien d’autres impacts…

Passons maintenant à une petite comparaison bien instructive en cette époque où la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2 remplit les colonnes des journaux et, bien sur, les écrans de la boite à images. Légitimement, consommer d’avantages d’électricité induit une production supplémentaire de cette électricité (merci Lapalisse !).

Utilisons les chiffres fournis par EDF qui affirme que la production d’1kWh d’électricité produit environ 6g de CO2. Ce chiffre correspond à la production issue du bouquet français avec, notamment 80% d’électricité d’origine nucléaire et il ne prend pas en compte l’extraction du combustible ni son transport puisqu’alors, on en arriverait plutôt à environ 63g de CO2  par kWh produit… Bigrement différent. Restons cependant sur ce chiffre d’EDF.

 

Nous pouvons donc calculer la puissance nécessaire, chaque année, pour alimenter les petits boitiers TNT utilisés, comme nous l’avons déjà mentionné, 4H par jour en marche et 20H en veille. Mieux encore, nous pouvons calculer les émissions de CO2 produites et, cerise sur le gâteau, nous pouvons même calculer l’utilisation nécessaire supplémentaire des réacteurs nucléaires. Eh oui ! Produire d’avantage d’électricité signifie aussi utiliser d’avantage les moyens de production ! Ici, il s’agit principalement d’une consommation de base (pas de saute aléatoire de consommation), donc produite à partir de nucléaire… Mieux encore, nous pouvons calculer, en fonction du taux d’équipement des foyers, les émissions de CO2 ou le nombre de journées d’utilisation d’un réacteur nucléaire. Et même analyser l’impact de la fonction veille puisque.

Notons, pour plus de clarté que, si les décodeurs sont effectivement allumés en permanence, la puissance électrique fournie se fait toute l’année. Il est cependant possible de ramener le tout sous une forme de moyenne et de calculer ainsi le nombre de jours nécessaires utiles pour produire ladite électricité.

L’utilisation classique : 4H de télé par jour et 20H de veille

Pour ce qui concerne l’utilisation classique (4H par jour en marche et 20H en veille), nous avons les résultats ci-dessous, en fonction du taux d’équipement.

TotalDecodeurTNT 

Pour un taux d’équipement de 10 millions de décodeurs TNT, ce sera donc 2000 tonnes de CO2 supplémentaires relâchées dans l’air et 12,6 jours d’utilisation supplémentaire d’un réacteur nucléaire. C’est un régal…

A mesure que le taux d’équipement augmentera, bien entendu, les émissions et l’utilisation des centrales suivront… Ainsi, pour 25 millions de décodeurs (mettons ce chiffre en perspectives avec le fait que nous sommes 63 millions de français, ou encore plus de 26 millions de ménages) produiront alors 5 000 tonnes de CO2supplémentaires par rapport à aujourd’hui et nécessiteront 31,5 jours d’utilisation d’un réacteur nucléaire ou encore un peu plus de 2minutes supplémentaires par jour pour tous les réacteurs. 2mn, c’est le temps de 4, 5 ou 6 publicités… Coup triple ! Abrutissement de masse, production de déchets nucléaires et de CO2.

Ces résultats se passent de commentaires supplémentaires !

Les effets de la veille...

Pour ce qui concerne uniquement la veille (20H par jour), nous avons un impact, évidemment moindre mais, bien entendu, loin d’être neutre…

veilleDecodeurTNT

Pour un taux d’équipement de 10 millions de décodeurs TNT, nous avons, uniquement pour avoir le loisir d’avoir une petite diode allumée qui permet d’utiliser machinalement une télécommande, 220 tonnes de CO2 supplémentaires distribuées à tout les vents pour 1,4 jours d’utilisation d’un réacteur nucléaire (ou encore 6mn par jour, toute l’année). Rien que pour la veille… Ici aussi, évidemment, à mesure que le taux d’équipement va augmenter les émissions et l’utilisation des centrales suivra. Ainsi, pour 25 millions de décodeurs TNT, ce sont 550 tonnes de CO2 supplémentaires et 3,5 jours d’utilisation d’un réacteur nucléaire.

Là encore, cette petite veille a de gros impacts… Les immenses risques sociaux et environnementaux inhérents à l’extraction de l’uranium (ressources non infinie dont les stocks s’épuisent très rapidement – il reste moins de 50ans de réserve à consommation constante. On imagine la catastrophe si le recours à l’électricité d’origine non renouvelable continue à croitre fortement…), les risques du transport de ce combustible, le problème des déchets issus des centrales, les risques sanitaires… Autant de problèmes qui s’amplifient par le simple fait d’utiliser une télécommande

Conclusions

La télévision est passée au numérique. C’est un fait et pour y accéder, désormais, il est indispensable de posséder un décodeur TNT. Cette consommation supplémentaire va permettre aux consommateurs d’avoir la joie de dépenser 4€ de plus par an pour faire fonctionner ce petit boitier… 4€ de plus qui s’ajoute aux augmentations des prix de l’alimentation, du gaz, des tarifs des trains,, des loyers, des tarifs bancaires,… 4€ qui pourrait servir à aller voir un film sympathique, à se faire un petit plaisir, à adhérer à une association,… 4€ qui vont grimper proportionnellement au prochaine révision des tarifs de l’électricité…

 

Collectivement, nous sommes rendus coupables de plusieurs milliers de tonnes de CO2 supplémentaires relâchées dans l’atmosphère… Certes, relativement au volume total annuel qui est relâché en France chaque année (plus de 650 millions de tonnes), ce n’est pas grand-chose. C’est même négligeable… surtout pour ceux qui ne voient les conséquences qu’au travers de chiffres…

Cependant, à l’heure où chacun est assommé de culpabilité, à l’heure où la chasse au gaspillage énergétique est menée à grand coup de DPE (diagnostic qui ne tient pas compte de l’utilisation du logement et qui peut donner des résultats très différents en fonction du diagnostiqueur) où l’étiquette énergie vante les produits qui consomment le moins (et profite, à grand coup de marketing, à augmenter les profits des distributeurs,…). A l’heure où les sols suscitent la convoitise pour en extraire du gaz non conventionnel (gaz de schiste) sous prétexte d’indépendance énergétique… A l’heure ou le pétrole suscite la spéculation qui fait augmenter le prix à la pompe. A l’heure où l’énergie s’impose, avec l’eau, comme un enjeu planétaire majeure et source de conflits, nous n’avons rien trouvé de mieux que de passer à la télévision numérique et ainsi d’augmenter notre dépendance électrique et nos émissions de CO2

 

Le monde marche sur la tête ! Quand il s’agirait de promouvoir par l’intelligence de l’éducation la responsabilisation de chacun, nous nous orientons plutôt vers le développement de la télévision (chacun connait son intérêt très limité en matière d’éducation…) et la culpabilisation environnementale.


Nous devons réagir ! Cessons d’être dispersés en une myriade de collectifs ou d’individus. Il est largement temps d’intervenir collectivement pour porter un message fédératif et représentatif de millions de personnes qui ne se reconnaissent pas dans la société de consommation et qui n’acceptent pas la fuite en avant qu’on nous impose.

 

 

Regroupons-nous et ringardisons les comportements cupides, archaïques, purement consuméristes. Rejoignez le mouvement en nous contactant à consommateurs.responsables@gmail.com

 

 


Note : La France possède 58 réacteurs nucléaires en fonctionnement en France pour 19 centrales, soit une puissance d’environ 63GW (63 millions de MW). Chaque réacteur produit en moyenne 1086MW.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 18:38

Nous aurions aussi pu titrer cet article : " Marché de l'Electroménager : Marketing 1 – Innovation 0 "

 

Nous avons mené une grande enquête sur le marché des réfrigérateurs afin de déceler les tendances du marché et notamment les engagements des industriels en termes d’innovation et d’investissements du « créneau porteur » des économies d’énergie. Pourquoi les réfrigérateurs ? C’est très simple : cet appareil électroménager est le plus présent dans nos foyers avec un taux d’équipement supérieur à 97%. On imagine d’ailleurs très bien l’intérêt à gérer l’obsolescence de ces produits.

 

Comment avons-nous procédés ?

 Nous avons analysé 365 réfrigérateurs. Du petit volume au réfrigérateur américain, en passant par ceux disposant ou non d'un congélateur. Nous avons constitué une base de données que nous avons scrupuleusement vérifiée et soumise à la moulinette de la statistique. Nous vous proposons ici les résultats les plus marquants.

 

Nous avons effectué notre analyse en nous basant sur des données parfaitement opposables puisqu’il s’agit notamment de l’étiquette énergie (classe A, A+, A++) et de la consommation annuelle telle qu’elle est fournit par les fabricants eux-mêmes.

   
                                                                                                                  

Petit calcul informatif à la louche

Nous sommes, en France, environ 26 millions de ménages. A raison d’un taux d’équipement de 97% (il est en réalité un peu supérieur) et en tenant compte d’une durée de vie de 15 ans (nous sommes optimistes !), nous en arrivons donc à un volume de vente annuel d’environ 1,7 millions de réfrigérateurs par an. A raison (toujours à la louche), d’un prix médian de 600€ (là encore, nous sous-estimons), on en arrive à un total effarant d’environ 1 milliards d’euros… A ce prix là, il doit y avoir moyen d’investir dans la recherche et développement et de produire des appareils économes !
   

Cette dernière précision a son importance car il est évident que les contrôles de cette l’information sont bien insuffisants par rapport aux nombres d’appareils ce qui laisse un espace aux industriels pour « améliorer » leurs propres résultats. Nous avons donc pris acte de ces valeurs qui, sont censées être en conformité avec la norme EN 153 (avec toutes les précautions d’usage quant à l’intérêt des normes mais, ce n’est pas la question ici). Afin également de comparaison ultérieure (si possible) avec d’autres comparateurs, nous avons choisi un prix du kWh de 0,16€, soit, notamment, le même que celui proposé par le site TOPTEN.

 

Rentrons maintenant des les résultats…

 

Chacun connait les réfrigérateurs américains aux prix assez déconcertants ! Afin de ne pas biaiser les résultats, nous avons effectué une étude en deux partie. Dans un premier temps, nous ne prenons pas en compte lles réfrigérateurs américains et, par la suite, nous les étudions spécifiquement. Nous verrons que cette précaution a son importance…

Résultats d’appareils classiques (sans tenir compte des réfrigérateurs américains)

Congélation ou pas ?

D’un point de vue global, nous avons observé que le marché propose 75% de réfrigérateurs avec un congélateur ou un freezer. Nous avons constaté que ce critère n’est pas du tout négligeable puisque nous avons observé à l’achat un surcoût de 12% et, à l’usage, un surcoût de 40%. Il importe donc de bien envisager l’achat et d’utiliser en conséquence le congélateur. Rappelons d’ailleurs ici qu’un mauvais entretien du congélateur ferra grimper la facture bien au-delà des 40% à l’usage.

 

Au final, au bout de 15 ans, nous notons tout de même un surcoût du au congélateur de l’ordre de 27% (achat+usage). Encore une fois, sans entretien, ce chiffre grimpera allégrement…

Etiquette énergie : faux amis de la facture finale !

Très instructif, l’étude de l’offre et des prix en fonction des classes d’énergie nous révèle des aspects que nous pouvions redouter mais qui sont bien une réalité. En effet, si les réfrigérateurs de classe A sont moins chers à l’achat, en revanche, le coût d’usage sur 15ans est assez douloureux. Et pourtant, ils sont tout de même de classe A… Cela laisse songeur sur l’intérêt de la nomenclature des classes énergétiques. Voyons plutôt les tableaux ci-dessous dans lesquels nous avons mis en vert les résultats les plus importants  et en rouge, nous avons pointé le pire du pire !

 

Coût d'achat
  Pas de congélateurs Avec un congélateur Moyenne
A                      389 €                      518 €                      485 €
A+                      654 €                      716 €                      696 €
A++                      690 €                      799 €                      780 €
Moyenne                      570 €                      648 €                      626 €
       
Coût d'usage (pendant 15 ans)
  Pas de congélateurs Avec un congélateur Moyenne
A                      444 €                      802 €                      711 €
A+                      421 €                      690 €                      604 €
A++                      395 €                      494 €                      477 €
Moyenne                      428 €                      716 €                      633 €
       
Coût global d'utilisation (achat + usage)
Congélateur ou freezer Pas de congélateurs Avec un congélateur Moyenne
A                      833 €                   1 321 €                   1 196 €
A+                   1 076 €                   1 406 €                   1 300 €
A++                   1 084 €                   1 293 €                   1 256 €
Moyenne                      998 €                   1 365 €                   1 259 €

 

Comme nous l’avons déjà dit, 75% des appareils disposent d’un congélateur. On constate que pour les appareils n’en disposant pas, classe A+ ou A++ sont quasiment équivalentes et que, finalement, les appareils de classe A demeurent les meilleurs. Cela signifierait que les industriels délaissent ce marché qu’il n’en serait pas autrement puisque ce résultat ne traduit clairement aucun effort de conception sur les classes A+ ou A++. Ces types d’équipement demeurent, de manière abrupte, moins intéressants que les classes A. Les consommateurs sont donc orientés par le marché et les distributeurs vers les appareils disposant d’un congélateur (et qui sont plus chers et plus nombreux !). voilà, au passage, un bel exemple de besoin créé par l’industrie…

 

A ce sujet d’ailleurs, nous constatons que le coût global le plus intéressant, au bout de 15 ans, correspond aux réfrigérateurs de classe A++ quand le pire résultat est affiché par les classe A+. Ce résultat nous permet de tirer trois revendications fondamentales :

  • - il est tout à fait possible de produire des appareils consommant moins d’énergie électrique
  • - nous demandons également aux pouvoirs publics de revoir leur copie puisque, nous tenons ici à le rappeler, nos députés ont repoussé d’un revers de main les propositions d’un crédit d’impôt sur certains équipements électroménager ce qui pourtant permettrait un gain collectif en terme de consommation d’énergie et donc un intérêt certain pour tous.

     


    Nous déplorons finalement que les économies d’énergie soient surtout et sans le moindre espoir de changement, accessibles aux consommateurs disposant d’un pouvoir d’achat certain leur permettant d’acquérir les meilleurs équipements. Cette inégalité sociale est insupportable.

    Focus sur les réfrigérateurs américains

    Ce qui était attendu apparaît clairement ! Le marché de ces produits n’est pas tout à fait le même que celui des réfrigérateurs traditionnel. En effet, nous constatons, globalement, un énorme surcoût surtout à l’achat avec un prix moyen multiplié par 2,7 par rapport aux équipements équivalents traditionnels. A l’usage, ce n’est pas terrible non plus puisque ces appareils consomment beaucoup plus que nos bons vieux « frigo ». On note une multiplication moyenne d’environ 1,7. Ainsi, un classe A+ coûtera, au bout de 15 ans, environ 1051€ d’électricité contre 604€ pour le même équipement au format traditionnel. 447€ d’écart, c’est un peu cher la machine à glaçons !

    Seul point commun avec les équipements traditionnels, ce sont encore, en terme de coût global, les classe A+ qui sont les plus mauvais élèves avec un surcoût de 9% par rapport au classe A (contre un surcoût de 5% pour les classe A++ par rapport au classe A). Globalement, mieux vaut donc, si vraiment sous souhaitez un équipement de ce type (que nous déconseillons vivement), vous contenter d’un classe A.

     

    Autre conclusion très intéressante, le marché des réfrigérateurs américains suit une logique différente de celle des équipements traditionnels puisque, très cher à l'achat, ils s'adressent à une clientèle possédant un pouvoir d'achat déjà conséquent. De fait, le surcoût observé est minime entre un réfrigérateur américain de classe A++ et un réfrigérateur de classe A (141€ en 15 ans). Cependant on constate tout de même les effets du marketing puisque le marché propose une large gamme de produit de classe A+ qui, eux, sont 9% plus cher au final (soit 267€ en 15 ans). Cette différence provient du fait que les classe A++ sont plus efficaces en termes d'économie d'énergie (gain sur 15 ans de 258€ entre un classe A++ et un classe A+) alors que les deux types ne sont, à l'achat, éloignés que de 162€ qui sont donc, au final, largement récupérés à l'usage.

     

    Au final, tout comme les équipements traditionnels, nous constatons que l’intérêt économique prime et que les appareils les plus proposés aux consommateurs sont bel et bien les plus coûteux.

    Et cela vaut partout ! Le marketing utilise parfaitement l’étiquette énergie mais uniquement à son profit…

    Avant de conclure, une dernière petite information tout de même. Nous avons fait des études similaires sur les laves linges, les sèche-linges et enfin les combiné lavant/séchant. Devinez ce que nous avons trouvé...


    Bien entendu ! L’offre la plus abondante sur le marché n’est quasiment jamais la plus économique à terme. Un exemple très simple permet d’illustrer ce constat navrant. Les machines à laver les plus présentes dans les rayons sont celles prévues pour des lavages de 6kg. Dans cette catégorie, les machines les plus vendues présente une étiquette A+AB ou AAB pour un coût global (prix à l’achat additionné du coût d’usage calculé pour 1000kg de linge lavé par an pendant 10 ans) respectivement de 1125€ et 1036€. La meilleure machine proposée propose quant à elle une étiquette AAC (soit, moindre que les précédentes) pour un coût global de 943€.

    Une moins bonne machine permet donc de réaliser une centaine d’euros d’économies… Ce n’est pas extrêmement cohérent et nous sommes donc en droit de nous poser la question du parti pris marketing des fabricants (pourquoi changer une ligne de production, ce qui coûte, pour changer des produit qui sont, de toute façon vendus !) tout comme du rôle marketing des distributeurs qui se contente de proposer ce qu’ils ont toujours proposés. Les consommateurs ne peuvent décemment pas décider de ce qu’il y a en rayon !

     

    Machine à laver, sèche linge, réfrigérateur, et bien d’autres que nous avons analysé. Il est clair que l’étiquette énergie est très pratique pour mettre en avant les produits, vanter la concurrence et vendre un peu plus cher les produits « un peu moins bons » du fait qu’ils sont quand même « très bons d’un point de vue de l’étiquette énergie ». Cependant, au final, les consommateurs sont très souvent mis en situation d’acquérir des produits présentant une facture bien plus lourde que prévue. Moins d’énergie consommée mais bien plus d’euros dépensés quand il est possible de faire du « gagnant-gagnant ». Dindons de la farce…

    Conclusion : une étiquette à revoir

    Nous n’avons pas publié ici l’ensemble des résultats que nous avons obtenu puisque nous avons également procédé à biens d’autres comparaison et nous avons analysé les résultats en fonction des marques, des volumes de réfrigération ou de congélation, de l’autonomie ou encore en fonction d’indicateur d’efficacité. Nous avons également produit un comparatif très instructif permettant de sélectionner les appareils les plus pertinents en fonction d’un grand nombre de critères d’achat (prix, coût d’usage, volume, nombre de clayettes, avec ou sans congélateur, volume de congélateur, typé américain, dimension, autonomie,…).

     

    Cependant, nous pouvons d’ores et déjà conclure ici sur deux points principaux

    • -  l’étiquette énergie est parfaitement inopérante puisque nous avons constaté, quelque soit le type d’appareils que les appareils de classe A+ sont les moins intéressants alors que ces appareils sont censé être meilleur que les appareils de classe A. Cette étiquette doit donc être revue de fond en comble pour tenir compte du coût d’usage. Nous demandons également à ce que la fuite en avant de cette étiquette s’arrête avec la mise en place d’une nouvelle grille bloquée en A (ainsi, respectivement, A++, A+ et A deviendraient A, B et C). Certes, les industriels ne seront pas satisfaits mais cela mettra au moins un coup de peps à leur intérêt à investir les champs de l’innovation et de la R&D.
    • -  nous déplorons que le marché se concentre principalement sur les appareils de classe A+. Nous ne pouvons pas nous contenter d’explications relatives à une offre restreinte des fournisseurs. Nous voyons dans cette situation une attitude délibérée permettant de vendre des appareils chers sous couverts d’intérêts énergétiques quant, comme nous l’avons démontré, les consommateurs se retrouvent finalement avec les pires équipements disponibles. Le marketing orienté clients a bien calculé son affaire et nous dénonçons fermement cette situation. En conséquences, nous demandons un effort vif et rapide pour permettre aux consommateurs d’accéder à de bons équipements, de classe A++ au travers d’une massification de l’offre, d’une baisse des prix (permettant la massification de l’équipement des ménages) et la mise en place de prêt à taux zéro sur les principaux équipements électroménager.

     

    PROPOSITION                                

    Cette étude nous a fournit de très nombreuses indications sur le marché des réfrigérateurs. Nous n’avons bien entendu pas tout publié ici. Cependant, il nous est possible de produire bien d’autres analyses et prospectives et de fournir de l’argumentation étayée, contradictoire et opposables.

     

    Nous sommes également en capacité de produire d’autres études sur d’autres sujets, qu’il s’agisse d’équipements, de marchés de biens ou de services, de conjoncture,….. Nous sommes disposés à produire toute analyse nécessitant enquête, analyse de données, expertise statistique et vision prospective des marchés et des situations, en toute connaissance des enjeux et des contextes.


     

    Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à nous contacter. Nous nous ferrons un plaisir d’envisager vos propositions et de vous apporter une proposition adaptée.

     

    Vous pouvez nous contacter en écrivant à consommateurs.responsables@gmail.com

     

    A très bientôt

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 12:13

L’énergie constitue depuis toujours le moteur de nos économies. Le pendant de cette ultra-dépendance, tout le monde (ou presque !) s’accorde aujourd’hui pour le dire, c’est que consommer de l’énergie d’origine fossile (pétrole et gaz principalement) induit des émissions de CO2 et provoque l’épuisement des stocks. Nous en sommes là aujourd’hui ! Les stocks de pétrole sont de quelques dizaines d’années et, pour ce qui concerne le charbon, d’à peine plus. Face à cela, certain pays ont choisi de produire de l’énergie nucléaire. Certain ont d’ailleurs massivement investi dans ce secteur, comme, la France, bien entendu. Ce faisant, il reste quelques poussières pour les investissements en faveur de l’efficacité énergétique (moins et mieux consommer, préférer des productions locales avec moins de déperdition lors de la distribution plutôt que des centrales et des réseaux énormes induisant de grande perte en ligne,…), des énergies renouvelables (moindre émissions de CO2, recyclage, stocks inépuisables,…), de l’éducation à la consommation (proche du néant)

Aujourd’hui, le baril de pétrole flirte avec les 100€ et il ne fait pas imaginer qu’il redescendra durablement. Bien au contraire. C’est un fait acquis, à moins d’hiberner depuis plusieurs dizaines d’années, de vivre dans un monde de bisounours ou d’être parfaitement ignorant, volontairement aveugle ou populiste (en flattant l’auditoire dans le sens du poil).

Deux solutions se présentent alors :

  • - persévérer dans la prospection et la recherche de matière premières permettant de continuer comme avant
  • - imaginer de nouvelles solutions à base d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétique, de mitage de la production,…

La ruée vers les gaz de schiste : catastrophes sanitaires, environnementales et sociétales

L’appât du gain, la puissance industrielle et la connaissance de l’inertie des politiques poussent aujourd’hui de nombreux industrielles à investir un « nouvel » eldorado. Les gaz de schiste ! Très simplement, il s’agit de gaz retenu dans des couches d’argilites situées à 1500, 2000, 2500 m de profondeur. Les extractions se font sur de petite poche de gaz et nécessitent donc de nombreux forages profonds qui passent allégrement au travers des nappes d’eau en apportant en profondeur de grandes quantités d’eau chargées de produits chimiques dont certain sont bien connues, et pas forcement pour leurs bienfaits… Bien entendu, les forages sont étanches et ne contaminent pas les nappes d’eau… Sauf problème…

Et les exemples en la matière ne manquent pas puisque ces forages se pratiques largement depuis plusieurs années aux USA et au Canada, avec leur lot de drames (vois le film Gazland par exemple ou encore les vidéos excellente présentes en ligne en cliquant ici)

 

Etonnant non ?

 

Sachez que depuis quelques mois, la prospection a commencé aussi en France grâce à une autorisation signée par J.L.Borloo, le promoteur du Grenelle de l’environnement, alors qu’il était encore ministre à l’époque… On croit rêver ! Il n’est pas seul en cause puisque un récent permis vient encore d’être accordé par son successeur. Pas un rêve. Un cauchemar !

 

Tout cela n’aura finalement d’autre intérêt que de fournir encore plus, toujours plus, de gaz qui sera brûler, dégagera du CO2 et repoussera toujours plus tard la conversion aux énergies renouvelables, pourtant indispensable et obligatoire.

 

Les gaz de schiste sont une fuite en avant dramatique que nous payons au travers, par exemple des études et recherches faites par les établissements publiques, de subventions publiques, construction d’infrastructures publiques… quant il serait plus intéressant de mettre le paquet sur les énergies renouvelables, l’efficacité énergétiques, les réseaux de distribution,…

Les associations de consommateurs : silence d’ignorants ou de complaisance ?

Cette fuite en avant en arrange pourtant certain ! Réactionnaires et amoureux fous du consumérisme y voient (si même ils connaissent le sujet ou y prêtent attention!) un intérêt certain puisque cette production de gaz en France permettra de limiter l’impact des décisions des Russes, des Algériens, des Norvégiens, et autres fournisseurs... qui pourraient faire grimper les prix.

Consuméristes ils sont, consuméristes ils restent. Cette production de gaz, ils la perçoivent comme une possibilité d’avoir du gaz « moins » cher. Chouette ! Nous allons tous pouvoir consommer du gaz.

 Philosophieconsummeriste

 

Les associations de consommateurs sont dramatiquement dépassées ! Hors jeux…

 

En réalité, nous sommes mauvaises langues. En effet, aucune association de consommateurs n’a pris de position sur les gaz de schiste ! Et pour cause puisque, nous le savons pertinemment, elles sont très clairement engagées dans un combat consumériste, prônant des prix bas sans engagement sur des produits qualitatif, sur l’obsolescence d’une consommation matérialiste, sur les problèmes sanitaires correspondant… Non, pour elles, prix bas, consommation débridées sont sacrées. Tout comme, bien entendu, les cotisations de leurs adhérents.


Chers adhérents...

Chers adhérents permettant de justifier de leur représentativité et de toucher de substancielles subventions publiques...

Pourtant, combien sont effectivement en accord avec ces associations de consommateurs ? Combien n’ont aucun point commun avec elles quant à l’aspiration à une société durable ? Combien se font embobiner par des messages défendant l’impossible (baisse du prix du gaz, du pétrole, baisse des charges, bio pas cher et pour tous dans la grande distribution,…). Combien pourrait lancer un message fort en demandant à ses associations de rompre avec leur modèle consuméristes de société de consommation qui nous a, aujourd’hui, mené dans le mur ?

Comportementassoconsum

Notre position : les gaz de schiste le démontrent – les consommateurs méritent d’être mieux représentés et mieux défendu

Nous le savons bien, il est très facile de taper sur les autres, de les dénoncer et de se positionner en chevalier blanc. Nous assumons pourtant ce positionnement. Ouvrons les yeux. Les gaz de schiste sont un excellent révélateur. A l’heure où la prospection, puis l’exploitation va se faire jour, au mépris des solutions d’avenir, de la réflexion, de l’éducation, ces associations s’enferment dans leur modèle complaisant de société de consommation. Il n’est qu’à lire les déclarations des deux plus importantes d’entres elles sur les problématiques énergétiques : un seule message surnage qui n’est autre que la baisse des prix au mépris de la réalité des émissions de CO2, des stocks, de la réalité économique offre/demande qu’elles soutiennent pourtant toute enamourées, de la santé des consommateurs, de la qualité de notre environnement,…

 Philosophieconsoresp

Pour notre part, nous choisissons de dénoncer, non seulement la prospection en cours mais également la fuite en avant de consommation d’énergie fossile. Nous demandons un plan M.A.S.S.I.F. en faveur du développement des énergies renouvelables, créatrice d’emplois, de qualité de vie, d’innovation, d’avenir,…

  • nous demandons l’arrêt immédiat de la gabegie des projets ITER et du développement des filières nucléaires, y compris sous-marins (de plus en plus n’importe quoi !)
  • nous demandons la transparence sur les coûts de l’électricité (puisque l’électricité nucléaire est sous-estimée car les investissements publics réalisée en recherche et développement ou dans les infrastructures doivent être intégrés au calcul du coût du kWh)
  • - nous exigeons, au minimum un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste

Le silence des associations de consommateurs sur la question des gaz de schiste démontre leur méconnaissance des problématiques actuelles, voire leur incompétence, leur irréaliste face aux des enjeux d’avenir et leur compromission avec un système en faillite complète.

 

Nous demandons également à chacun, sensible à l’avenir de sa planète, de son porte-monnaie, de sa santé de s’élever contre le positionnement odieux des associations de consommateurs, de dénoncer leur silence complaisant et de nous rejoindre dans notre combat pour une consommation responsable et de qualité.

 

 Nous souhaitons vivement recueillir vos commentaires, vos réactions, vos suggestions. N’hésitez pas en nous écrivant à : consommateurs.responsables@gmail.com

 

Rejoignez notre combat pour une consommation de qualité, responsable, respectueuse et pourtant possible !

 

 

A lire :

Prévisions sur ce qui va se passer sur le gaz de schiste sur le blog des eco-sapiens

Les articles de Nicolio sur les gaz de schistes sur son excellent blog

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 00:13

On le sait tous, le pétrole n’en a plus pour bien longtemps puisque les stocks s’épuise et les réserve ne dureront pas des millions d’années. Le gaz a son prix qui est indexé sur celui du pétrole et donc, l’or noir se raréfiant et sa demande explosant, le prix du gaz va, lui aussi exploser. Le nucléaire… A base d’uranium, il voit, lui aussi sa fin proche. Enfin, cela vaut aujourd’hui car, il parait que des scientifiques chinois ont trouvé un moyen de survaloriser l’uranium et ont déclaré en ce début 2011 pouvoir disposer de ressources pendant 3000 ans !

Tout ça n’est pas folichon…

Encore une couche avant de rentrer dans le détail d’une situation pour le moins extravagante. Récemment, le gouvernement français a décidé de mettre un frein aux panneaux solaires en provenance de chine sous prétexte de leur trop bas prix (on croit rêver). Quand on sait que, du côté industriel, la valeur ajouté, ici, en France provient principalement de la main d’œuvre, on se prend à se dire qu’il s’agit, a minima d’une faute stratégique immense ou, de façon plus machiavélique qu’il y a des intérêts industriels à protéger. Entre les deux… …nous ne savons que choisir.

Révolution énergétique : c’est possible et c’est incontournable

Face à cette situation, il existe une voie alliant développement économique, réduction des émissions de CO2 et révolution énergétique.

Révolution énergétique parce, pour peu qu’on s’en donne les moyens (et qu’on en ait la volonté), il est tout à fait possible de prévoir une conversion quasi-total aux énergies renouvelables (solaire, éolien sur terre ou en mer, énergie marine, biomasse, cogénération,…).

Cette conversion impose également de revoir le système de distribution d’énergie en mettant au rebus les grands systèmes de production centralisée (les énormes centrales) au profit de production de proximité (c’est ce qu’on appelle les smart grids). Il impose donc ici de convaincre les réseaux de distribution qui, pour le moment, ne sont pas conçu pour cela mais qui devront, quoiqu’on en pense, y venir.

Cette révolution passe également par une révision de la consommation de l’énergie. Chacun sait que le coût du chauffage est très lourd sur notre budget. Un vaste programme d’isolation par exemple couterait plusieurs centaines de millions par an mais… … c’est tout à fait possible en comparaison du gâchis d’énergie actuel et, pire encore, du coût de ce gâchis à l’avenir.

Revoir la consommation impose également de faire croitre l’efficacité énergétique des appareils  électriques pour qu’il nous coute moins en électricité. Cela impose également de véritable filière de recyclage des déchets (et oui ! tout est lié) afin de limiter les filières amont de ressources (très couteuse en énergie pour l’extraction, le transport, la valorisation matière,…). Nous reviendrons dans quelques lignes à la problématique de la consommation…

Cette révolution énergétique impose, du point de vue économique une véritable coopération internationale car, soyons sérieux !, qui peut croire que demain, les produits technologiques qui sont aujourd’hui fabriquer en Chine, en Inde ou ailleurs seront un jour fabriquer en France ? C’est une foutaise ! Travaillons plutôt avec ces partenaires à développer un intérêt commun. C’est d’ailleurs ce que certain initie au travers du Green Bridge.

Dernier point, cette révolution énergétique impose l’installation de nouveaux équipement, leur fourniture, leur maintenance,… autant d’heure de travail non délocalisables… En d’autre terme, et d’autres l’ont calculé, ce projet, qualifiable également de croissance verte (Green Growth) est porteur d’emploi et de salaire dans une société orienté vers une gestion responsable de l’énergie. Notons d’ailleurs que cette thématique est largement travaillé au sein même d’instances internationales (au PNUE par exemple) quand nous, en France, nous en sommes encore à nous lamenter de notre sort et à écouter des écologistes trop occupés à ferraillé pour un siège dans un quelconque hémicycle ou bien d’autres affairés à aiguiser leur promesse en forme de corne d’abondance. Nous méritons mieux et, si nous ne nous en occupons pas, d’autres le feront à notre place et nous regarderons en pensant quelque chose comme « et dire que ce pays, la France, a produit tant de belles chose et qu’aujourd’hui, c’est un nabot à l’échelle mondiale ! »

Maitrise de l’énergie

Revenons à la problématique de la maitrise de l’énergie et, plus précisément, à la possibilité qui nous est offerte à nous, consommateurs, de pouvoir faire quelques euros d’économie. L’une des meilleures manières de faire des économies d’énergie est tout simplement de ne pas consommer cette énergie ! Une fois cela dit, il s’agit tout de même de savoir comment on peut faire. Il existe une solution !!

Petit préalable

Avant de l’expliquer, voyons ce qu’est un système linéaire puisque ce sera utilisé pour justifier le concept. Chacun aura entendu parler d’Albert Einstein et de sa fameuse relation E=mc². Cela signifie que l’énergie d’une particule vaut la multiplication de sa masse par sa vitesse au carré. Ainsi, si une même particule voit sa vitesse être multiplié par 2, alors, son énergie sera multipliée par 4 et non par 2 ! Ce système n’est pas linéaire et, dans la nature, autour de nous, quasiment partout, c’est comme ça ! Les systèmes linéaires sont en réalité très rares. Autre concept à comprendre, l’inertie. Une voiture sur laquelle on appuie sur la pédale d’accélération se met à… …accélérer. Par contre, si on lâche l’accélérateur, elle se met peu à peu à ralentir. Mais elle avance encore ! Elle utilise son inertie. L’inertie permet donc à un système de continuer à fonctionner alors qu’on ne lui applique plus action. Ces deux concepts sont fondamentaux dans notre environnement quotidien (d’ailleurs, tout le monde sait que sur une plaque électrique qui a servi à chauffer une soupe, il ne fait pas mettre la main au risque de se bruler à cause de l’inertie thermique).

Au quotidien : le chauffage

Dans notre logement, nous trouvons l’inertie dans notre système de chauffage puisque, nous avons tous pu constater que lorsque la chaudière s’arrête, les radiateurs continuent à être chaud et donc à chauffer l’air ambiant grâce à l’inertie thermique. Ils se refroidissent petit à petit mais ils sont encore chauds. D’un autre côté, les lois de la thermique (qui gèrent le chauffage) sont des équations mathématiques non linéaires. On pourrait donc démontrer que si les radiateurs, après avoir chauffé sont volontairement mis à l’arrêt pendant quelques minutes, ne consommerait pas fondamentalement beaucoup plus d’énergie que s’ils n’avaient pas été arrêtés pendant ce laps de temps (inertie et non-linéarité). On voit alors se pointer une petite économie d’énergie et donc un gain de quelques euros chaque année !

L’effacement : éviter de consommer momentanément permet des économies

La loi du 10 février 2010…

Il faut savoir maintenant que la loi du 10 février 2000 s’est intéressée au processus d’effacement qui consiste très simplement à économiser de l’énergie en ne la consommant pas. Ce procédé permet donc aux consommateurs qui pratique l’effacement de consommer (et donc payer) moins d’électricité et d’émettre donc moins de CO2. C’est tout de même plutôt intéressant. Cette loi notamment ne prévoit que votre fournisseur d’énergie doit recevoir le paiement de l’énergie non consommée par un effacement. Ainsi, si vous faites appels à un opérateur qui pratique l’effacement en coupant momentanément la consommation de vos radiateurs ou de votre chaudière (quelques minutes), cette énergie que vous n’avez pas consommée doit être payée malgré tout au producteur (puisqu’il l’a effectivement produite). Bien sur, ce n’est pas le consommateur qui doit la payer mais l’opérateur responsable de cet effacement. Cela provient du fait que, l’énergie ne se stockant pas, les fournisseurs produisent une puissance électrique instantanée la plus proche possible de la puissance consommée.

…et ces conséquences

En effaçant, le producteur d’électricité se voit donc produire trop d’énergie et voit sa stratégie économique mise à mal. Face à ça, la loi prévoit donc que l’effaceur doit en réalité payer l’énergie effacée et rend donc caduque son intervention puisque son service devra donc être rendu payant aux consommateurs pour assurer la viabilité de l’effaceur ! En d’autre terme, d’après les lois basiques de l’économie, le consommateur devrait payer son effacement ! Cette situation est proprement inadmissible et nous demandons donc que ce système inique soit revu complètement. Nous sommes dans une situation incroyable puisque l’effacement permet notamment de faire face au pic de production électrique (et donc à la mais en fonction de centrales à charbons par exemple, très émettrice de CO2) en rendant disponible de la puissance électrique. Or, cette puissance est utilisée par des opérateurs qui ne sont forcement les même que ceux qui vous fournissent notre électricité. Pourquoi ? Tout simplement parce que la libéralisation du marché le permet ! Autrement dis, aujourd’hui, il n’est pas possible, simplement de régler la facture de l’énergie qu’à produit un opérateur, qui a été effacé et que, finalement un autre (ou le même) opérateur a utilisé. Pour faire face à cela, le législateur a donc créer un système très simple permettant de rendre impossible cette situation d’effacement, pourtant très pratique pour les consommateurs. Il suffirait pourtant que les producteurs d’électricité se débrouillent entre eux, via notamment l’opérateur de réseau RTE, qui connait la destination des puissances et que l’effacement soit finalement non couteuse aux consommateurs.

Conclusions : situation inadmissible à clarifier

Rappelons enfin que l’état cherche actuellement à nous imposer un nouveau compteur (payant !!) servant à comptabiliser notre consommation et sensé nous aider à maitriser nos consommations électrique. L’effacement serait-il donc en contradiction stratégique avec l’installation de ces nouveaux compteurs ? Y a-t-il des intérêts en contradiction dont il est prévu de faire du consommateurs le dindon de la farce ? Quid de la réalité de la maitrise de l’énergie ?

 

En conséquence, nous demandons à ce que :

  • - les puissances effacées soient facturées au prix fort au fournisseur d’énergie présentant un déficit dans ses prévisions et donc mettant en péril le réseau de distribution
  • - le financement des effaceurs sur le prix de revente de l’électricité effacée

Il importe que les économies d’énergie ne soit pas le théâtre d’un jeu de dupe au détriment des consommateurs. Nous souhaitons également qu’une véritable politique de maitrise de l’énergie et de conversion aux énergies renouvelables soit engagée afin de pouvoir, très rapidement éliminer l’énergie nucléaire (trop dangeureuse, productrice de déchets dont nous ne savons que faire ni même assurer le devenir, socialement inadmissible du fait des condition de l'extraction de l'uranium, et trop peu rentable) tout en assurant la fourniture énergétique nécessaire à un avenir serein et responsable.

 

Pour toute remarque, idée, proposition, réaction ou autre, écrivez-nous et si vous le souhaitez (ce serait sympa !), rejoignez-nous (en masse).

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 11:13

L’hiver est là et bien là. Avec lui, le chauffage domestique va bon train et nous coute, à chacun de plus en plus cher. Rassurons-nous, à grand coup de publicité, on nous vante la qualité du gaz, du fioul, de l’électricité. Mais en réalité, qu’en est-il réellement ? Voyons ça ici grâce à une simple comparaison avec notre pouvoir d’achat.

La méthode

Nous avons constitué un indicateur très simple en partant de 1989 qui constitue donc l’origine de nos comparaisons. Nous utilisons le prix annuel des énergies, ainsi que le pouvoir d’achat du revenu disponible brut. Ce pouvoir d’achat est celui classiquement utilisé par l’INSEE et correspond à ce qui reste entre les revenus (salaire, patrimoine, prestations sociales) moins les impôts et prélèvements sociaux. Chacune des données analysées à partir de 1989, ce qui permet d’évaluer l’évolution sur 20 ans.

A partir de ces données, nous avons calculé la valeur d’un indicateur très simple correspondant au rapport entre le pouvoir d’achat et, respectivement, le prix de l’électricité, du gaz et du fioul domestique.

Résultats

Le résultat que nous voyons sur la courbe suivante est très simple à analyser.

 

Energie et pouvoir d'achat

 

On constate que, depuis 20 ans, le poids de l’électricité dans le budget des ménages a sensiblement peu évolué et a même, depuis 10 ans était plutôt orienté favorablement pour les ménages. Cependant, on note depuis 2008 une tendance qui semble se prolonger vers un coût plus cher de l’électricité par rapport au pouvoir d’achat. On peut en effet s’attendre à ce que cette baisse de l’intérêt de l’électricité se prolonge, du fait notamment de la loi NOME et de l’obligation de vente par l’opérateur historique EDF d’une partie de l’électricité nucléaire. Le tarif de cette vente, fixée par la loi, est surévalué. La loi NOME prévoit en effet un prix de revente autour de 37€ par mégawattheure, contre 31€ d’après les préconisations de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie). Pire encore, EDF voudrait une revente au alentour de 42€ ! Au final, le prix de l’électricité étant largement dépendant du prix de l’électricité nucléaire, les tarifs appliqués par les opérateurs du marché vont immanquablement exploser d’environ 10%. Et ça, ce ne sera que le début...

On voit immédiatement que l’électricité, envisagée comme un simple produit mis en concurrence, ne va plus permettre à chacun de disposer raisonnablement de l’énergie lui permettant d’assurer sereinement ses besoins quotidiens. Bien entendu, aucune proposition n’est fait quand à une progressivité des tarifs, indexée sur la taille des ménages, permettant de taxer principalement les gros consommateurs. Rappelons-nous également que la France, grosse productrice d’électricité nucléaire a vu les lobbys de l’électrique permettre le déploiement du tout-électrique que nous, consommateurs, allons très bientôt payer au prix fort.

 

Pour ce qui concerne le gaz et le fioul, les constatations sont bien plus simples puisque nous pouvons constater que, depuis 20 ans, le poids de ces deux énergies dans par rapport au pouvoir d’achat a largement grimpé. On note notamment pour le fioul, un pic très fort suite à la hausse de prix du pétrole de 2008. Cette année là, le chauffage au fioul avait été très très douloureux. Le gaz également subit régulièrement des hausses que nous pouvons constater ici puisque le poids du gaz par rapport à notre pouvoir d’achat ne cesse de grimper, petit à petit, et un peu plus encore depuis 5 ans. Il est loin le temps de la légende du « gaz moins cher que l’électricité ».

 

Ce sujet n'est aps annodin et ne touche pas qu'au porte monnaie. Nous savons bien que la production d'énergie fossile impacte sur l'environnement, depuis l'extraction jusqu'à la consommation, en passant par la distribution. Pire encore, nous sommes tellement dépendant de l'énergie que nous pouvons constater, en utilisant les données de l'INSEE, que le coût des matières première et le moral des français sont terriblement corrélés. On le constate notamment en 2008 alors que le pétrole augmente très fort, le moral des ménage diminue.

Energie et confiance

Voilà bien encore un argument pour sortir de cette dépendance au moral et reprendre la main sur notre avenir. Responsable !

Qu’est ce qu’un consommateur responsable demande ?

Nous savons pertinemment que les ressources fossiles s’épuisent et que, de fait, les coûts d’exploitation des gisements et donc de distribution aux consommateurs vont grimper. Les prix du gaz et, bien entendu, du fioul, étant indexé sur le prix du pétrole, il n’y aura aucun miracle de ce côté-là. L’électricité nucléaire dépend elle aussi de gisements qui n’en ont, eux-non plus pour longtemps au rythme actuel de consommation. Plusieurs solutions émergent ou sont déjà en production tel que le solaire, le photovoltaïque, l’hydraulique (saturé en France), où de plus étrange tel que les gaz de schistes, véritables catastrophes écologique.

 


La solution est pourtant assez simple ! Si on ne peut par consommer plus, alors consommons moins ! La posture responsable est bien celle-là ! Et elle repose sur deux piliers indissociables.

  • - d’un côté, il nous revient à chacun de ne pas surconsommer notre énergie domestique (appareil en veille, couvercle sur les récipients qui chauffent, usage modéré du four, éteindre la cafetière, éteindre les lumières,…). Certain se diront que, de toutes façon, ce n’est pas grave sauf qu’au final, ce sont plusieurs dizaine d’euro par an qui s’envole. D’autre diront qu’ils ne voient pas pourquoi ils ferraient des efforts quand leurs voisins n’en font pas. Et bien, invitons le à changer !
  • - pour cela, nous proposons la mise en place d’un service public de la facturation énergétique (pour dire proprement ici que nous pensons que l’énergie ne pourra par durablement demeurer dans un secteur concurrentiel totalement dérégulé). Ce service devrait ainsi mettre en place une tarification progressive indexée sur la taille du ménage et la localisation géographique et proposant un tarif de base puis une augmentation progressive à mesure que la consommation dépasse un seuil raisonnable. Il n’y a clairement aucune difficulté à mettre ces tarifs en place. Sauf peut-être une absence de volonté politique.

Nous, consommateurs responsables, nous devons aujourd’hui exiger la mise en place dans les plus brefs délais, d’un tarif progressif permettant à chacun de disposer d’une énergie indispensable dans la société actuelle énergo-dépendante, et invitant les sur-consommateurs à réduire leur gaspillage. Nous demandons également que les consommateurs soient respectés et que la péréquation soit réajustée puisqu’actuellement, les entreprises profitent, elles, de tarifs dégressifs (plus elle consomme, moins elles ont un tarif élevé). Cette aberration doit cesser sans délais tout en assurant le maintient des conditions sociales des salariés des entreprises visées.

 

Dernièr point, nous pouvons aussi choisir :

 

Pour réagir, apporter vos propositions ou vos idées, écrivez-nous !

Et toujours, rejoignez nous et faites adhérez autour de vous.

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 09:27

La question n'est pas tant le réchauffement que le dérèglement. En effet, on parle trop facilement de réchauffement quand, la plupart des études montrent que, si la température moyenne va effectivement augmenter, cela impliquera, sur certaines zones des hivers beaucoup plus rudes. Parler de réchauffement dans ces conditions est donc assez paradoxale !


Parlons donc de dérèglement.

C’est quoi le dérèglement climatique

La controverse existe comme elle existe sur tout sujet qui fait débat. Cependant, il suffit d'observer les courbes d'évolution des températures (par exemple) sur plusieurs centaines d'années pour s'apercevoir que le climat se modifie, depuis l'avènement de l'ère industrielle, à une vitesse jamais vue auparavant.

 

C'est tout simplement de ça qu'il s'agit. Rien de plus. Cette situation est problématique, non pour elle-même, mais du fait que nous n’avons pas l'expérience de cette situation et que de fait, on ne sait pas réellement comment l'écosystème Terre va réagir (parce qu'il est certain qu'il y aura adaptation aux nouvelles conditions).

Les travaux du GIEC tendent entres autres à analyser ses conséquences (hausse de 2, 3, 4, 5 °C par exemple). Il ne faut pas être naïf ! Envoyer des tas de particules et de GES (gaz à effet de serre) dans l'atmosphère a des conséquences parfaitement identifiées tel que le piégeage de la chaleur qui s'échappe du sol de la Terre, d'où le réchauffement global. Cela est un fait avéré et, si la terre subit régulièrement, depuis des millions d’années des hausses puis des baisses de sa température de surface, la vitesse actuelle de modification de la température est parfaitement corrélée à l'accroissement des émissions de GES et donc à l'activité humaine. La courbe suivante montre, sur les 1000 dernières années l'évolutions de la température terrestre dans l'hémisphère nord en comparaison aux températures actuelles. Les valeurs en dessous de 0 indique des températures moins chaudes alors qu'au dessus de 0, elles sont plus chaudes. On voit clairement sur cet exemple, l'irrégularité (pour le moins !) depuis l'ère industrielle (environ 1850) et la hausse des températures.

 

Si la température n'est pas le seul marqueur du réchauffement climatique, il est le plus parlant, aussi restons simple et n'entrons pas dans les détails d'avantage. Le constat parle de lui-même !

Heat1000 2000

 

 

Cela ne laisse planer aucun doute sur l’influence des activités humaines.

Que peut-on faire ?

L’inertie climatique (le temps de digestion des modifications par l’écosystème climatique) est forte et il est donc parfaitement certain que le climat va se dérégler pour atteindre un nouvel état d’équilibre. Le problème est de savoir ce que sera cet équilibre. En outre, si les activités humaines continuent d’être basées sur une « économie carbonée », la situation continuera inexorablement de se dégrader jusqu’à un équilibre instable assez peu favorable à notre espèce animal.

 

Du coup, l’alternative n’est autre que de décarboner (et dé-particuler) notre économie. Cela n’implique aucunement de revenir vivre dans des cavernes ! Cependant, il est indéniable qu’il faille repenser notre modèle de développement et donc de repenser nos modes de productions, de déplacement, de communication, d’échanges, de commerce,…

Des solutions ?

Des solutions existent qui remettent à l’ordre du jour le commerce et l’agriculture de proximité, la dématérialisation, le télétravail, la revalorisation des déchets, la réutilisation et la réparation, la mutualisation,…

 

Une autre solution existe puisqu’il est aussi tout à fait possible de fermer les yeux et de penser que « de toute façon, on s’en sortira » ! Ce serait oublier que les stocks de pétrole sont inférieur à 50 ans (à consommation constante, ce qui laisse donc présager une durée de stock bien inférieur à 50 ans !), que le nucléaire n’est pas une solution pour les même raisons de stocks limités (moins de 50 ans à consommation constantes). Il reste bien environ 150 ans de charbon (toujours à consommation constante) mais qui imagine rouler en voiture à charbon…

Quant aux sources alternatives d’énergie… l’éolien, le solaire, les algues ou les agro-carburant n’ont aucune chance de produire l’équivalent en énergie de ce que nous consommons actuellement.

 

Il reste également l’atome avec la possibilité de créer des réactions en chaine qui s’autoalimentent en dégageant de l’énergie et du combustible. C’est le principe de super-phénix qui a été abandonné pour des raisons technologiques et politiques. Cette solution fonctionne parfaitement sur le papier mais, si technologiquement, elle n’a jamais été couronnée de succès, elle pose la question de la fuite en avant énergétique « Toujours plus d’énergie à consommer ». Mais pourquoi faire ! Il se pose alors la question des matières premières pour produire nos biens de consommation… Et là, n’oublions pas que les plastiques et bien d’autres produits sont issus de l’industrie pétrolière qui va connaitre sous peu sa fin… Les alternatives ? Infime volume de production…

Conclusion : a nous d’inventer notre avenir

En guise de conclusion, il n’est finalement rien d’autre à signifier que nous sommes devant une situation inédite pour l’espèce humaine où nous avons connu 150 ans de développement fulgurant pendant lesquels nous avons oublier d’imaginer l’avenir. Nous avons franchi le mur du son de la technologie en allant plus vite que la musique. Nous en avons bien profité et nous aimerions en profiter d’avantage. Pourtant, rien ne laisse penser que cela sera possible...

 

A nous d’inventer le monde de demain et le paradigme qui nous ferra progresser !

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 12:42

Les Amis de la Terre ont sonné l'alerte début juin 2010 en produisant une très bonne analyse du rapport sur les liens entre le nucléaire et l'industrie bancaire. Ce rapport (disponible en anglais sur www.nuclearbanks.org) montre clairement les liens étroits et intéressés (financier, bien entendu !) entre 45 grandes banques internationales et le financement de projets directement axés sur le développement de l'industrie nucléaires ou d'entreprise gravitant immédiatement autour de ce secteur et participant donc activement à sa croissance. Les Amis de la terre résume parfaitement la situation en notant que "867 transactions financières ont été répertoriées, impliquant 124 banques internationales dans le financement de 70 entreprises, pour un montant total de 175 milliards d’euros entre 2000 et 2009."

 

Si certaines banques financent timidement des projets en faveur des énergies renouvelables, en revanche, les investissements restent très majoritairement en faveur de l'énergie nucléaire.

 

Rappelons ici que les réserves prouvées (hors stock stratégiques et militaires) ne sont que de quelques dizaines d'années (moins d'un demi-siècle) et nous comprenons immédiatement que le secteur bancaire le plus influent (les plus grosses banques) n'a pas de vision à long terme et se contente de participer à des financements rentables. En d'autres termes, les banques sont principalement occupées par l'aspect économique et financier que par une quelconque mission de service public ni même par la moindre anticipation stratégique. Cela s'explique très simplement par la position dominante et incontournable de ses acteurs dans toutes les sphères de la société, à commencer par les grands investissements nationaux et internationaux.

 

Souvenons-nous également que, alors que nous venons de commémorer les apocalypses militaires de Hiroshima et de Nagasaki, que la production d'énergie nucléaire (hors-mis sa faible rentabilité entre énergie primaire et énergie finale), produits des déchets radioactifs difficilement gérables (qui va les protéger pendant des milliers d'années ? qui garanti que les flammes qui brûlent autour de Moscou ne vont pas endommager les déchets stockés ? Qui garanti qu'aucun Tchernobyl ne se produira à l'avenir ?) et fait peser sur les populations touchées par les centrales, les stockages de produits radioactifs et les mines d'uranium notamment des menaces réels et, malheureusement durable.

 

Les Amis de la Terre note notamment « L’étude et le site Internet révèlent des informations accablantes pour les banques françaises. Trois d’entre elles font ainsi partie des cinq banques internationales les plus engagées dans le nucléaire, à commencer par BNP Paribas, n°1 mondial, puis Société Générale et Crédit Agricole, respectivement n°4 et 5 mondiaux. »

 

Autre sujet d'inquiétude (le mot est tellement faible !), les montants investit dans la filière nucléaire ne seront pas disponible ailleurs ! A moins d'assurer une rentabilité supérieure à 100% (soit, récupérer 2€ pour 1€ investit), il y a donc ici un choix stratégique commun (état, banque et industrie) en faveur d'une solution dangereuse et de court terme.

 

Notre avenir mérite d'être ainsi, au nom de l'existence d'un monde disposant d'une ambition à long terme et, plus modestement, au titre de l'installation d'une consommation responsable au sein d'une société responsable, nous demandons fermement :



  • - à chaque usager de sommer leur partenaires bancaires de lui fournir la répartition de ses investissements par pôle en faisant apparaitre clairement les sommes allouées au secteur nucléaires
  • - à chaque usagers de sommer les partenaires bancaires de désinvestir l'industrie nucléaire et de réaliser les simulations économiques ad-hoc permettant de transférer les fonds radioactifs vers des investissements responsables
  • - à chaque établissement bancaires de produire sans délais une justification industriel de ces investissements attestant notamment de la prise de risque et de la rationalité à long terme de sa prise en compte


 

Nous tenons également à rappeler que le secteur bancaire comporte une branche qui repose sur les fonds que nous leur confions. Rappelons donc que nous avons le pouvoir de choisir notre partenaire sans nous rendre malgré-nous complice de leurs investissement irresponsable.

 

Enfin, pour terminer, nous tenons à rassurer l'ensemble des usagers des banques. Si nous ne pouvons faire ici de prosélytisme, nous tenons à rappeler ici que le changement de banque est très simple. Il vous suffit, après avoir trouvé notre futur partenaire, de négocier avec lui (c'est son intérêt !) le transfert gratuit de l'ensemble de vos dossiers. Rien de plus simple.


 L'avenir n'est pas nucléaire. Nous devons nous en sortir progressivement. Cela passe par des investissements massifs en faveur de la maitrise de nos consommations, une réflexion globale sur les impératifs de consommation et sur des investissements en faveur de la réduction collective de la consommation (politique des déplacements, télétravail, énergie renouvelables,...)

 

N'hésitez pas à nous faire part de vos questions et de vos retours d'expériences sur ce sujet stratégique et hautement porteur de responsabilisation de la société ! a nous de jouer.

 

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